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admin has written 27 posts for Matt Leduc

Cotonou – Championnat de l’Union Francophone de Boxe

Interview – Patrick Bois JR, le Spartiate des temps moderne

– Salut Pat JR, peut tu te présenter stp ?
Je pratique ce sport depuis mon plus jeune âge. Après une courte carrière amateur, je suis passé professionnel en 2011. Je suis issu d’une famille de boxeurs dont la figure de proue fût mon oncle Gérald, sélectionné en équipe de France amateur et qui a malheureusement échoué en janvier 1978 dans sa quête du titre de champion de France des mi-lourds contre Robert Amaury.
– Fin 2015 tu quitte les Ardennes et l’entraîneur Hamid Zaim, pourtant à tes côtés depuis ton passage chez les pros en 2011, pour rejoindre Villeurbanne (69) et l’excellent Faycal Omrani. Qu’est ce qui a guidé ton choix ?
J’ai effectivement quitté les Ardennes fin septembre 2015 pour m’installer à Lyon et ainsi rejoindre Faycal Omrani à Villeurbanne. Les premiers contacts ont eu lieu en août entre Frederic Barbin, mon conseiller basé en région Lyonnaise, et Faycal. Nous sommes ensuite rapidement tombés d’accord tant sur le projet sportif que d’une manière générale. Je tiens aussi à préciser que je n’avais pas de problèmes particulier avec Hamid Zaim, mais simplement que nous n’étions plus tout à fait d’accord sur notre façon de voir les choses. Par ailleurs, pour un certains nombre d’autres raisons extra sportives, j’ai senti que le temps était venu pour moi de changer d’air et de m’éloigner de ma région d’origine.
– Tu viens de décliner une proposition pour aller combattre en Australie à cause d’une prime que tu jugeais insuffisante. Néanmoins, tu a la preuve qu’on s’intéresse à toi même à l’autre bout du monde. A l’image d’autres Français, as-tu déjà penser à t’exiler aux Etats-Unis pour véritablement mettre toutes les chances de ton côté ?
Il est beaucoup trop prématuré de parler des Etats-Unis. Comme je le disais précédemment, je me suis engagé avec F.Omrani pour, je l’espère vivement en tout cas, une longue période. Et je me sens parfaitement bien avec lui et tout son staff. Je me suis senti immédiatement intégré comme si je faisais parti de l’équipe depuis plusieurs années. Nous avons un vrai projet à court et moyen terme, projet qui dois me permettre d’atteindre les objectifs fixés. Nous formons une vraie équipe, Faycal, Frédéric et moi-même, équipe à laquelle Samuel Florimond s’adjoindra ponctuellement pour me préparer lui aussi dès que j’aurais de nouvelles propositions de combats.
– Malgré ton jeune âge (24 ans), tu n’a jamais hésité à te frotter aux cadors de la catégorie (Mohammedi, Anouche, Kasperski…) sans toute fois toujours tirer ton épingle du jeu (14V, 4D, 1N). Peut on dire que tu n’a pas envie de perdre ton temps ?
J’ai dit que je voulais toujours me frotter aux meilleurs afin d’être fixé sur mon réel niveau, qui est encore loin d’avoir atteint ses limites. Je n’ai surtout pas envie d’avoir une carrière « arrangée ». Et effectivement, seuls les défis de grande envergure, ou à priori compliqués, me transcendent. C’est dans ma nature profonde que de toujours vouloir me surpasser et être meilleur que le meilleur.
 
– Triple champion de France, tu a également remporté la ceinture WBF International en 2013 dans la catégorie des mi-lourds. Quels sont désormais tes objectifs ?
Pour l’instant je ne peux pas en dire plus car nous sommes sur de gros projets qui sont en train de se finaliser. Mais il est claire que vous allez bientôt entendre parler de moi et croyez bien que mon ambition est décuplée depuis que j’ai rejoint la région lyonnaise et Faycal Omrani.
 
– A propos, on ne t’a pas vu sur un ring depuis Juin 2015 (défaite contre H.Kasperski à Clermont), quand aura t’on l’occasion de te revoir ?
Comme je le disais précédemment, cela ne saurait tarder et mon retour est imminent. Mais je ne peux rien dévoiler de plus à ce jour. Soyez encore un peu patients et vous serez rapidement fixés.
 
– Le 7 Décembre 2014, tu dispose de Damien Rétif en 8 rounds et conserve ainsi ta ceinture de champion de France des mi-lourds. Après le combat, tu effectue ta demande en mariage à ta compagne Morgane (dont la réponse fût OUI ! :-), offrant ainsi aux spectateurs un véritable spectacle. Est ce important pour toi de donner du plaisir aux spectateurs ?
Bien sûr que c’est fondamental pour moi de donner du plaisir aux spectateurs car ils paient pour voir du spectacle et ne serait-ce que de mon point de vue je me sens redevable  vis-à-vis de mes fidèles suiveurs. Je ne veux surtout jamais les décevoir et c’est aussi une des raisons qui me pousse à travailler d’arrache-pied pour être chaque jour meilleur.
 
– Lors de ton arrivée chez les rémunérés tu portais le nom de ton oncle « Yannick » sur ton short. Désormais tu porte celui de ton fils « Yannis ». Nul doute que la famille revêt une importance capitale pour toi. Outre la famille, tu semble porté un amour inconditionnel à ta patrie. En quoi cela est il important de montrer ton attachement à ton pays une fois sur le ring ?
Ma future femme et mon fils sont les personnes les plus importantes pour moi. Leur bonheur passe avant tout. Il y a aussi certains autres membres de ma famille qui comptent énormément pour moi comme ma belle famille, mes beau parents Thierry et Françoise sont important pour moi. Ils ont toujours étais là quand j’avais besoin d’eux et ils me soutiennent constamment. Je les aime comme si c’étais mes parents. Ils font parti de notre équilibre à ma femme, mon fils et moi même.
Quant à l’attachement à ma patrie, oui c’est une évidence. Mais je ne veux surtout pas entrer un débat « politique », ou prodiguer des conseils à qui que ce soit. Tout ce qu je peux dire à ce sujet c’est que j’ai eu la chance de naître dans ce formidable pays qu’est la France et qui me permet chaque jour de jouir d’une chose essentielle : la liberté car c’est ce qu’il y a de plus important à mes yeux.
 
– Tu est jeune (il aura 25 ans le 15 Février), et nul doute que tu a encore une multitude d’épisodes à vivre dans la boxe. Mais à ce jour, quel est ton meilleur souvenir ? Et ton pire ?
Mon meilleur souvenir, c’est lorsque je suis allé chercher ma première ceinture de champion de France en Normandie contre Jonathan Profichet. J’ai en effet réussi plusieurs choses ce jour-là car beaucoup de monde ne donnait pas  cher de ma peau et cela m’a d’autant plus motivé. Et en cette soirée de mai 2013, j’ai battu un beau champion talentueux, humble et respectueux. Je tiens d’ailleurs à le saluer au travers de cette interview et je prendrais vraiment beaucoup de plaisir à le revoir un jour. De plus, je ramenais cette ceinture dans les Ardennes, ceinture qui avait échappé à mon oncle Gérald il y a bientôt 30 ans maintenant. Je n’avais aucune appréhension car j’étais sûr de moi et de mes qualités malgré mon jeune âge (22 ans à l’époque). Je me suis quelque part révélé à moi-même en gagnant ce titre en me disant que je pouvais vraiment avoir de très grandes ambitions désormais.
Mon pire souvenir reste ma défaite contre Mohammedi, mais cette défaite m’a fait grandir. Au travers de celle-ci, j’ai pris conscience du fait que rien n’est jamais acquis et qu’il ne faut surtout jamais sa relâcher. Malgré tous mes déboires les semaines précédant le combat sur lesquelles je ne veux surtout pas m’appesantir, je remercie le destin de m’avoir « infligé » cela car c’et dans cette période un peu troublée pour moi que jai eu l’immense bonheur de rencontrer Morgane, ma future femme, que j’épouserai le 11 juin prochain. Elle ma fait devenir un homme meilleur.
 
– Tu a la réputation de ne pas avoir ta langue dans la poche. A-tu un message à faire passer pour conclure cet interview ?
Le nouveau Patrick Bois, plus déterminé que jamais est bientôt de retour !
De mon point de vue, seule la victoire est belle mais elle ne peut être que le fruit d’un travail d’équipe, et certainement ps celui du hasard. Pour finir je tiens à remercier toute mon équipe et toutes celles et ceux qui continuent de croire en moi et qui n’ont jamais cessé de me suivre.
Je suis fier d’être Français et fier de mon pays !
Suivez l’actualité de Patrick Bois JR :  https://www.facebook.com/Patrick-BOIS-JR-Officiel-400121180140877/?fref=ts

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Christine Nyury

Pat Jr perso

Micky Ward, des trottoirs de Boston à la légende du noble art.

Qui a dit qu’il fallait être invaincu et avoir la taille bardée de ceintures pour être un héros ? Certainement pas un Bostonien. Dire qu’on a que faire des Floyd Mayweather, Deontay Wilder ou encore de Danny Garcia dans les rues de Charlestown ou de Boston South n’est pas un mensonge, c’est une réalité ! Ici, les gamins s’identifient à un boxeur nommé Micky Ward. Son palmarès ? 38 victoires et 13 défaites. Ses trophées ? Une toute petite ceinture WBU. En revanche, pour ce qui est du courage,  » Irish  » n’a pas eu son pareil durant les 15 années où il a écumé les rings du pays pour exercer son métier.

Pas vraiment un journeyman, pas franchement une tête d’affiche non plus. Micky Ward était avant tout un boxeur. Un à la gueule un peu abîmée, mais relativement épargnée lorsqu’on sait que le super-léger a trimbalé sa tignasse rouquine sur les rings américains 15 ans durant. Une décennie et demie qui a d’ailleurs forcé le respect des fans, mais aussi de l’ensemble des adversaires du natif de Lowell, petite ville située à proximité de Boston, connue pour accueillir la plus grosse communauté irlandaise du monde. Et les Irish adorent la boxe, en plus de la Guinness et de la musique folk.

Naturellement, le petit Micky se tourne vers le Noble Art. Parce que c’est inscrit dans son ADN de descendants d’insulaires peut-être ; pour imiter son demi-frère, le boxeur professionnel Dick Eklund, c’est certain ; mais également afin d’évacuer sa rage d’être régulièrement abusé sexuellement par un proche de la famille.

Du plomb dans les poings ou pétard mouillé ? 

Triple vainqueur des Golden Gloves de l’Etat de la Nouvelle-Angleterre chez les amateurs, le talentueux gaucher fait son entrée chez les professionnels en 1985, à l’âge de 20 ans. Auteur d’un 14­-0 durant ses deux premières années au plus haut niveau, « Irish » subit son premier revers contre Edwin Curet, boxeur aux 21 victoires, 7 défaites et 2 nuls. Accident de parcours ou défaite mettant en évidence les capacités d’un boxeur, certes généreux, mais limité ? Difficile de répondre tant Micky Ward va tout au long de sa carrière alterner le chaud et le froid.

Véritablement doué pour casser la distance afin d’aller à la baston, l’Américano-Irlandais offre aux spectateurs un véritable show lors de chacune de ses apparitions. Prêt à tout pour régaler ses nombreux fans, le cogneur à la croix celtique tatouée sur l’épaule gauche met même les gants face à des adversaires pesant 6 kg de plus que lui. Évidemment, les résultats ne sont pas toujours à la hauteur des espérances du principal concerné, mais même perdant, sa cote de popularité ne fléchit pas d’un pouce.

Bref, on l’aime bien ce petit Irish, mais pas au point de lui offrir une chance mondiale. Il faut dire qu’avec Julio César Chavez, Roger Mayweather ou encore Hector Camacho engagés dans la même catégorie, Micky Ward semble trop irrégulier pour aller se frotter aux ténors de la division. Programmé la plupart du temps dans les salles obscures du Nord-ouest des Etats-Unis, le gaucher balbutie alors sa boxe et met un terme à sa carrière en 1991, après deux années catastrophiques traduit par 4 défaites de suite contre des seconds couteaux :  « J‘ai eu trop de combats difficiles. J’avais perdu la motivation. C’était comme faire un métier qui ne me passionnait pas. »

Renaissance et reconnaissance 

Retour à Lowell, banlieue sinistrée de Boston où les fermetures de nombreuses usines ont poussé la jeunesse locale à la débauche. Et c’est notamment le cas de son demi-frère Dick, ancien boxeur professionnel qui a notamment croisé le fer avec Sugar Ray Leonard, désormais petit délinquant notoire devenu accro au crack et autres substances illicites. S’il tourne le dos à ces plaisirs superficiels, Micky Ward ne s’éclate pas pour autant dans son nouvel emploi à la voirie de la ville. Alors en 1994, il effectue son retour dans le ring, et ce coup-­ci plus question de déconner !

Après 9 victoires convaincantes, le kid de Lowell se voit offrir une chance de décrocher la ceinture mondiale IBF des super-légers. Malheureusement, son rêve s’effondre lors de la 3e reprise. Contraint à l’abandon à cause d’une coupure à l’œil droit, Ward s’incline face à Vince Phillips (36-­3), ancien tombeur de l’Australien Kostya Tzsuyu. Pas plus heureux contre le jeune Zab « Super » Judah (15­-0­), un futur caïd de la catégorie, une année plus tard pour la ceinture USBA vacante, « Irish » n’a pourtant jamais été aussi proche d’accrocher le haut du panier. Ses progrès sont notables, au même titre que sa fougue et sa détermination lors des affrontements auquel il participe depuis son retour sur les rings.

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Et c’est ainsi que le 11 mars 2000, Ward gagne le droit d’aller disputer une ceinture WBU à Londres face à Shea Neary, boxeur anglais d’origine irlandaise, invaincu en 22 combats. Pour préparer ce combat, le guerrier celte peut compter sur un renfort de poids : son demi-frère Dick Eklund.Fraichement sorti de prison, ce dernier va en effet lui préparer un programme sur-mesure, en insistant notamment sur le travail au corps pour vaincre son opposant. La tactique s’avère payante puisqu’au 8e round, le Britannique jette l’éponge.

Un an plus tard, le néo­-monarque de la fédération WBU fait face à Emmanuel Augustus (24-­17-­4). Et une fois n’est pas coutume, les spectateurs vont en avoir pour leur argent. Explosif du premier au dixième et dernier round, la rencontre sera élue combat de l’année 2001 par The Ring Magazine. Vainqueur par décision unanime, le cogneur du Massachusetts se voit alors proposer un challenge encore plus alléchant à peine descendu du ring : Arturo Gatti (34­-5).

Ward-Gatti, trilogie d’anthologie 

Avec d’un côté, un boxeur ­enfin­ parvenu à s’inviter parmi le gratin de la catégorie et, de l’autre, un adversaire revanchard suite à sa défaite contre Oscar De La Hoya, la nouvelle star des super-légers, le duel entre Ward­ et Gatti propose tous les ingrédients d’une affiche alléchante. Programmé en direct surHBO, le combat fait son entrée dans la légende grâce à un 9e round aussi intense que spectaculaire. Peu d’esquives, mais des coups à foison. Une débauche d’énergie phénoménale qui lui vaudra d’être élu« round du siècle » par le commentateur Emanuel Stewart. Déclaré vainqueur par décision majoritaire,Ward signe le plus beau succès de sa carrière.

Six mois plus tard, la revanche s’organise. Rémunérés à hauteur de 1.2M$ – ­du jamais vu pour deux boxeurs aux carrières en demi­-teinte – Ward et Gatti remettent donc les gants au Boardwalk Hall d’Atlantic City. Moins spectaculaire que le premier acte, le combat tourne à l’avantage du Canadien grâce à la rapidité de son bras avant et un meilleur jeu de jambes que son adversaire. Vainqueur sans contestation possible (98-­91, 98-­91, 98-­90), Gatti ne tarit néanmoins pas d’éloges sur son adversaire : « Micky est l’adversaire le plus coriace que j’ai affronté durant ma carrière. Il n’y en a pas deux comme lui. Nous avons fait une belle promotion du sport et je crois que nous sommes une motivation pour les autres boxeurs à s’entraîner dur. Micky est incroyable. Il a un cœur de lion. C’est mon jumeau. »

Une victoire partout et pas de jaloux ? Que nenni. Les deux guerriers rempilent pour la belle le 7 juin 2003. Devant un public déchaîné et à l’image des deux précédents affrontements, les « jumeaux » s’en donnent à cœur joie. Contré par Ward durant la 6e reprise, Gatti, la main droite cassée, s’en va faire un tour au sol. Lors du round suivant, Ward, en sang, vacille devant les enchaînements du Canadien, mais ne rompt pas. Acharné jusqu’au terme final, le duel sera élu « combat de l’année » 2003. Déclaré perdant par décision unanime, « Irish » quitte le ring sous les applaudissements du public et met un terme à sa carrière (38 victoires, 13 défaites) à l’issue du combat. Par la suite, le « French Canadian » a demandé à Ward de faire partie de son équipe pour ses prochains combats. La trilogie a rapproché les deux hommes, uni par 30 reprises dantesques. Arturo Gatti est décédé dans d’étranges circonstances (Suicide ? Homicide ?), le 11 juillet 2009 au Brésil. Il avait à peine 37 ans. Pour dire au revoir à son ami lors des funérailles, Ward a mis un direct du gauche sur le cercueil. Existe-t-il plus bel hommage ?

Porte-drapeau d’une communauté

Comme d’autres grands boxeurs tels que Jake La Motta, Muhammad Ali ou encore Jack Dempsey, MickyWard a eu l’honneur de voir sa vie portée sur grand écran. Interprété par l’acteur bostonien MarkWalhberg,  » Fighter  » retrace à la perfection le parcours parsemé d’embûches du boxeur : ses espoirs, ses relations conflictuelles avec sa famille et notamment son demi-frère, mais également le fil conducteur de sa carrière. En 2005, le groupe de punk­rock  » The Dropkick Murphy’s  » rend un hommage appuyé au boxeur en lui dédiant une chanson : « The Warrior’s code » qui inaugure le documentaire de HBO sorti en 2013 à l’occasion de son entrée au Hall of Fame, le même jour que Gatti à titre posthume. Pas besoin d’avoir un palmarès immaculé pour rester dans l’histoire. Souvent, le courage et le cœur valent plus qu’une ceinture.

 

Matt Leduc / @Matt_Leduc_

Crédit photos : Getty Images

Apporter ma pierre à l’édifice… (2/2)

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Suite et fin du dossier « Apporter ma pierre à l’édifice », où je reviens sur la publication de mon premier ouvrage « Vazagasy », biographie de Thiarcquo Gillet, champion d’Europe et du Monde de Full Contact.

Pour la seconde et dernière partie du dossier, parole est donnée à Pierre Bruder, directeur des Editions Brumerges. Ce dernier nous fait une présentation de la maison d’édition qu’il a crée et nous explique les raisons qui l’on poussé à éditer « Vazagasy ».

 

Bonjour Pierre, peux-tu nous parler des EDITIONS BRUMERGES, ou tu officies en tant que directeur ?

PB : Brumerge est une petite structure d’édition associative grenobloise. Elle est née d’un collectif d’auteurs en 2008. A ce jour, nous comptons trente et un auteurs qui ont produit soixante-dix-neuf ouvrages dans tous les genres : romans, nouvelles, récits de voyage, témoignages, essais, poésie et théâtre…

Le directeur de maison d’édition que tu est reçoit probablement bon nombre de sollicitations. Quels sont les critères pour être publié par les EDITIONS BRUMERGES ?

PB : Il n’y a pas vraiment de critères pour être publiés chez brumerge. Comme il s’agit d’une association à but non lucratif, le critère commercial est bien le dernier. Nous privilégions les textes qui n’ont pas trouvé preneur et qui nous paraissent intéressants. En ce sens, brumerge est un peu l’éditeur de la dernière chance.

En 2014, les Éditions Brumerges publient « Vazagasy ». Du sport, une première pour la maison d’édition. Quelles furent tes motivations pour éditer l’ouvrage ?

PB : Pour nous, il s’agissait d’un témoignage, une aventure humaine avant d’être un livre sur le sport. Le parcours de Thiarcquo Gillet, son vécu à Madagascar puis en France est en soit un exemple  de courage, de résilience… des valeurs qui animent aussi le sport.

10 % de chaque livres vendus sont directement reversés à une association humanitaire (si possible en rapport avec l’ouvrage). Pourquoi une telle initiative ?

PB: C’est le moteur de brumerge. Animé par des bénévoles, ces versements à des projets humanitaire sont notre «  salaire  ». Nous avons pu participer à la création d’un dispensaire en Inde, à un projet rural en Arménie, et nous aimerions pouvoir participer au projet  “Sport-étude” imaginé par Thiarcquo Gillet pour les jeunes malgaches.

Merci d’avoir pris le temps de répondre à mes questions. Quelque chose à rajouter ?

PB : C’est avec plaisir que nous avons publié ton livre. Après un long séjour en Australie, te voici en Afrique où tu mènes plusieurs projets culturels : cinématographiques, photographiques et littéraires. Tous nos vœux de réussite t’accompagnent.

 

 

« VAZAGASY » est disponible sur de multiples plate-formes de vente en ligne (amazon, fnac.com, Decitre etc…) Cliquez sur le lien suivant, et faites votre choix :

http://les-editions-brumerge.wifeo.com/vazagasy.php

 

MATT LEDUC

@Matt_Leduc_

Apporter ma pierre à l’édifice… (1/2)

 

Sans titre

 

Ecrire un livre n’est pas chose aisée.

Pour ne rien vous cacher, ma première tentative fût laborieuse et se solda par un échec.

C’était il y a trois ans.

Les doutes, le manque de temps, d’inspiration, d’originalité à aborder un nouveau chapitre, l’incertitude sur la possibilité de convaincre un éditeur une fois mes écrits terminés m’on poussé après bien des journées et des nuits à écrire à déplacer mon travail du « bureau » à la « corbeille ».

 

La remise en question fut immédiate. Suis-je réellement capable d’écrire un livre ?

A priori oui. A condition d’aborder un thème qui me transcende.

Evidemment, mes centres d’intérêt se conjuguent aux pluriels mais si je n’avais à en retenir qu’un la boxe occuperait sans aucun doute la plus haute marche du podium.

Enfin, la boxe… Pour être plus précis disons plutôt qu’il s’agirait des boxeurs.

En effet, comme bon nombre de réalisateurs, d’auteurs mais également de musiciens, j’avoue être fasciné par ces hommes qui ont fait de leurs poings leur outils de travail.

Si cela n’est pas votre cas ? Alors laissez-moi vous parler de Thiarcquo Gillet.

Evidemment, son nom ne vous dira rien. Pourtant ce jeune Franco-Malgache s’est illustré de la plus belle des manières un soir de septembre 2011, lorsque après un combat pieds-poings terminés aux points, notre cogneur d’1 mètre 60 pour 55 Kg s’est emparé de la ceinture de champion du monde WKA.

Une bien belle récompense pour l’enfant d’Antalaha (Nord de Madagascar) venu au monde avec d’importants problèmes de santé, et qui ne dût sa survie qu’à la vente d’un troupeau de vaches que détenait sa grand-mère.

Bien au-delà des performances sportives réalisé par « Titi », l’ouvrage est un véritable plongeon dans la vie d’un jeune homme peu épargné par les coups durs : maladie infantile, abandon, violences, travaux forcés etc… mais qui parviendra à surmonter tous les obstacles dressés sur sa route et faire de sa vie une aventure exceptionnelle.

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Parfois pathétique, quelquefois drôle, toujours authentique, avec « VAZAGASY » exit la performance du moment où l’énième biographie d’une star au palmarès aussi épais qu’un annuaire, l’oeuvre est avant tout un véritable hommage au sportif anonyme mais aussi à l’ensemble des acteurs trop souvent écarté du monde sportif : bénévoles, entraineurs, amateurs and Co…

 

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MATT LEDUC

@Matt_Leduc_

 

Rapide comme l’est Clerc, puissant comme Vincent

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Troisième meilleur marqueur d’essais de l’histoire du championnat de France, meilleur marqueur d’essais de l’histoire de la Coupe d’Europe, deuxième meilleur marqueur d’essai du XV de France derrière Serge Blanco, co­-meilleur marqueur d’essais de la dernière coupe du monde… À l’image de ses courses en territoire adverse, les statistiques de Vincent Clerc ont de quoi donner le tournis. Pourtant c’est en tant que consultant journalistique et non comme trois­ quart aile que le natif de Grenoble accompagnera l’équipe de France durant la Coupe du Monde au Royaume­Uni.

À l’aube de la conquête du trophée Webb Ellis, les supporters français n’ont jamais été aussi inquiets. Quatrièmes du dernier tournoi des six nations, les Tricolores ont déçu. Outre les polémiques concernant le nombre d’étrangers évoluant sous le maillot frappé du coq et les problèmes récurrents, sur les difficultés du futur ­ex sélectionneur Philippe Saint­ André à proposer une équipe type, une question n’a cessé d’alimenter les craintes : la France possède­ t­elle un joueur capable de bousculer le sort d’une rencontre ? A un mois du coup d’envoi de la huitième édition de la coupe du monde de rugby à XV, difficile de se projeter. Les dernières performances de la ligne d’attaque de l’équipe de France ont été irrégulières et ont apporté le doute. Cette interrogation n’avait pourtant pas lieu d’être posée lorsque Vincent Clerc figurait sur une feuille de matches des Bleus. Plus qu’un simple pion, au sein d’une génération dorée qui a dominé l’Europe durant la première décennie des années 2000, l’ailier formé au FC Grenoble était une pièce maitresse de la sélection tricolore. Du haut de ses 67 sélections, il a imposé un certain respect.

La balle à l’aile, la vie est belle

Fils d’un ancien joueur du FC Grenoble, Vincent Clerc, originaire du Fontanil, bourgade située en banlieue Grenobloise, s’est naturellement tourné vers le ballon ovale durant son adolescence. L‘occupation du week­end s’est rapidement transformée en une véritable passion. C’est ce qu’il a récemment expliqué au magazine Rugbyman : « Ma passion pour le rugby n’est apparue que lorsque j’ai commencé à jouer au sein de l’équipe de mon collège, grâce à notre entraîneur : Yves Bardou, qui m’a inoculé le « virus » du rugby. »

En minimes, l’ailier de poche a rejoint l’effectif des Rouge et Bleu, marchant ainsi sur les traces de son père, mais également d’une multitude de gloires nationales telles que Sylvain Marconnet, Fabrice Landreau, Olivier Merle ou encore Lionel Mallier. Il a effectué ses débuts en Pro D2 sous les ordres de Jacques Delmas, alors à la tête du club isérois, à tout juste 20 ans. Emballé par les courses folles du feu follet, l’entraîneur à la chevelure grisonnante a rapidement fait du junior un titulaire indiscutable sur l’aile du FCG. Vice-Champion de Pro D2, Vincent Clerc n’a cependant pas participé au retour de son club formateur au plus haut niveau. Pour lui c’était l’heure d’aller voir ailleurs : direction le Stade Toulousain lors de l’été 2002.

Sans plus tarder, le néo­ Occitan s’est fait sa place parmi les stars toulousaines en disputant la quasi­ totalité des rencontres du Top 16, mais également en brillant en Coupe d’Europe de rugby. Et l’ailier y a mis les formes pour aider le Stade à remporter l’édition 2003 : avec la bagatelle de 7 essais transformés en 9 rencontres. Au cours de la même saison, la nouvelle pépite du rugby tricolore a effectué ses débuts avec l’équipe de France lors d’une rencontre contre l’Afrique du Sud à Marseille. Une première victorieuse dans le Sud de la France (succès des Bleus 30 à 10), avec un essai à son actif. Des débuts prometteurs, très prometteurs.

Au cours des années, le numéro 14, a accumulé trophées et distinctions, preuves de sa progression : Grand Chelem lors du Tournoi des 6 Nations en 2004 et 2007, Coupe d’Europe en 2005, championnat de France en 2008. Avec 20 essais en 30 sélections sous le maillot Bleu, et 66 essais marqués, depuis son arrivée au Stade Toulousain, rien n’a semblé pouvoir freiner l’ailier dans sa course en direction des records. Seule une rupture du ligament croisé antérieur gauche, contractée lors d’une rencontre face à Clermont­ Ferrand en avril 2008, l’a mis sur la touche. Éloigné des terrains durant huit mois, Vincent Clerc a profité de sa rééducation pour fonder une société spécialisée dans la communication et le marketing sportif.

Le grand retour

De retour sur le pré, l’ailier a remporté son deuxième Grand Chelem avec le XV de France lors de l’édition 2010. Autre fait d’armes : avoir dépassé le record d’essais marqués en Coupe d’Europe (celui du Gallois Daffyd James). Avec ses 36 réalisations (série en cours), le serial­ marqueur Toulousain n’a toujours pas été rejoint en tête de ce classement. Vainqueur pour la seconde fois du championnat de France avec Toulouse (en juin 2011), le finisseur de la Haute­Garonne s’est ensuite envolé quelques mois plus tard pour la Nouvelle Zélande, pour y disputer une nouvelle Coupe du monde avec les Bleus.

Au pays des kiwis, Vincent Clerc n’a pas fait de la figuration : 3 essais contre le Canada et un essai contre les Tonga lors des matches de poules. Le trois­quart aile a surtout remis ça face à l’Angleterre, en 1/4 de finale. Face au Pays de Galles, en 1/2 finale, Clerc s’est signalé d’une autre manière : victime d’un plaquage cathédrale de la part de Sam Warburton, à la 20e minute, l’ailier français a provoqué – malgré lui – l’expulsion de son adversaire et permis à la rencontre de changer de physionomie. En finale, les Bleus se sont retrouvés impuissants face à la Nouvelle­ Zélande (succès 8-­7 des All Blacks).

Oublié par Saint André, adulé par la communauté

Auteur d’un doublé contre l’Argentine le 17 novembre 2012, Vincent Clerc, vainqueur d’un troisième Bouclier de Brennus entretemps (en juin 2012), a inscrit ses 33e et 34e essais sous le maillot du XV de France, menaçant ainsi le record détenu par l’arrière Serge Blanco (38 réalisations).

Légèrement blessé en début d’année 2013, le feu follet a dû repasser par la case infirmerie suite à une rupture des ligaments croisés du genou droit. Conséquence directe de cette deuxième grave blessure en carrière : Philippe Saint­André, qui a pris le relais de Marc Lièvremont après le Mondial 2011, l’a peu à peu mis de côté. Pour le Stade Toulousain, cette époque s’est également révélée compliquée. Niveau de jeu en berne, résultats moins convaincants, le ST a nettement perdu en rayonnement pendant la longue absence de son joueur.

Vincent Clerc est finalement revenu en force lors de l’année 2014. Décisif à plusieurs reprises en Top 14 et en Coupe d’Europe, la star Occitane n’a finalement pas convaincu le staff des Bleus d’en refaire un cadre. Non ­intégré à la liste élargie de Philippe Saint André au printemps dernier, Clerc a trouvé de quoi s’occuper pendant les prochaines semaines. La chaîne TF1, détentrice des droits du Mondial, l’a en effet intégré à son dispositif en tant que consultant.

Avec 34 essais en sélection nationale, 89 essais en Top 14 et 36 en Coupe d’Europe, sous le maillot du Stade Toulousain, Vincent Clerc a marqué toute une génération de fan du ballon ovale. Par sa facilité parfois déconcertante à transpercer les défenses adverses et par son état d’esprit de guerrier, il a laissé une véritable empreinte dans l’histoire récente du rugby français.

Irréprochable lors de ses sorties sous le maillot rouge et noir du Stade Toulousain, ou lorsqu’il endossait le maillot Bleu du XV de France, Clerc a gardé intacte cette image de coéquipier modèle.

L’histoire lui donnera ­t’­elle une place plus importante au sein du Panthéon du rugby français ? Le débat est ouvert.

 

MATT LEDUC / @Matt_Leduc_

« Week-End Basket » de Isabelle Yacoubou

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C’est dans un stade Charles De Gaulle copieusement garnie que la pivot de l’équipe de France Isabelle Yacoubou a inauguré la première édition des «Week End Basket », un rendez-vous d’opposition entre des sélection hommes et femmes de Cotonou et Porto Novo.

Point de départ d’un projet qui devrait permettre au basket Béninois de gagner en visibilité, l’initiative vise également à encourager la pratique du ballon orange auprès des jeunes mais aussi à détecter d’éventuels talents susceptible de faire carrière dans une discipline de plus en plus populaire auprès de nos compatriotes.

Conquis par les beaux gestes de la part des différents acteurs et les concours de shoots à trois points et de dunks, les aficionados du ballon rond n’ont pas manqué de manifester bruyamment leur enthousiasme tout au long du week-end.

Poussé par le public, la sélection masculine de Porto Novo s’est montré supérieur à son homologue Cotonois en sortant vainqueur des deux confrontations sur le score de 62-40 et 54-42. Chez les femmes, ce sont en revanche les Cotonoises qui s’emparent du trophée suite à leur succès sur la sélection Porto Novienne lors des deux rencontres (38-22 et 40-37).

Des confrontations déroulés sous l’œil attentif de la basketteuse Franco-Béninoise, initiatrice de ce projet : « j’ai vu de très belles choses durant le week-end, que ce soit chez les hommes ou chez les femmes. Cela me confirme qu’il y a un réel potentiel au Bénin et plus généralement en Afrique », a affirmée la vice championne d’Europe 2015.

En guise de conclusion, la native de Dassa n’a pas manquée d’inviter les autorités à encourager la pratique du basket-ball chez les jeunes afin d’aider ces derniers à rattraper le retard pris sur d’autres nations tel que le Senegal ou le Gabon.

MATT LEDUC / @Matt_Leduc_

Crédit photos: Stéphane Brabant

 

 

Ceintures mondiales, fanfare et cocaïne, bienvenue dans le monde magique de Ricky Hatton !

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Terre de prédilection des joueurs de fléchettes, des fausses blondes à grosse poitrine et des meilleurs clubs de football du pays, le Nord de l’Angleterre est également la terre de boxeurs parmi les plus doués de la Perfide Albion : Prince Naseem Hamed, Amir Khan, David Price ou encore… Ricky Hatton. Détenteur des ceintures IBF et WBA des super-légers, ce dernier n’a pas hésité à défier les plus grands de sa catégorie. Et avec Floyd Mayweather, Manny Pacquiaio et autres Kostya Tszyu, l’Anglais eu de quoi faire.

 

Aucun fan de boxe n’a pu l’oublier. Accessoirement, aucun de ses adversaires non plus. Car lorsqu’on mettait les gants à Ricky Hatton, une véritable marée humaine de fans emboîtait le pas du super-­léger. Et comme souvent lorsqu’une meute de représentants de sa gracieuse Majesté débarquent, la température peut rapidement grimper de quelques degrés voire s’avérer carrément irrespirable : hymne américain hué lors du duel contre Floyd Mayweather, nombreuses conférences de presse d’avant-match perturbées, ambiance de stade de foot lors de ses combats au Royaume Uni et à l’étranger… Vous l’aurez compris : rarement boxeur n’a réussi à déclencher autant de ferveur et d’enthousiasme que le « Hitman ». Les raisons d’une telle popularité sont nombreuses. Humble, doué et enraciné, le droitier avait tout pour succéder dans les coeurs aux Frank Bruno, Lennox Lewis et autres stars made in England.

Pourtant, il aurait été difficile de prédire une telle destinée au gamin de Stockport, une ville située à 5 km de Manchester. Hatton est avant tout un grand fan de foot, un véritable acharné du club de Manchester City. Dans l’ombre d’United, les Citizens du début des années 80 est bien loin du niveau qui est le sien actuellement. Abonné au ventre mou du classement, il n’en reste pas moins un club très apprécié des « vrais Mancuniens ». Et lorsqu’on a l’honneur d’avoir un grand­-père et un père qui ont porté le maillot Skyblue, hors de question d’aller encourager les Red Devils.

A dix ans, Hatton effectue même un essai dans le club de son cœur. Éconduit, il se tourne alors vers la boxe et embarque son petit frère Matthew avec lui à la salle d’entraînement.

DE LA BRUME DE MANCHESTER AU SOLEIL DE LAS VEGAS

 

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Médaillé de bronze aux championnats du monde junior de Cuba en 1996, l’Anglais se construit ensuite une belle carrière professionnelle en remportant et conservant la ceinture WBU à 16 reprises. Son style plait, sa cote grimpe et le public ne manque pas de répondre présent pour encourager « Le Mexicain de Manchester », un surnom dont il a hérité après ses trois duels disputés aux Etats­-Unis.

Toujours invaincu après 38 affrontements, il part à la conquête de la ceinture IBF détenue par Kostya Tszyu. Premier boxeur à avoir unifié les ceintures WBC, WBA et IBF chez les super-légers depuis 30 ans, l’Australien d’origine russe croit poser ses valises à Manchester en terrain conquis. Grossière erreur.

Poussé par les 22 000 spectateurs de la MEN Arena, Ricky Hatton livre le combat de sa vie : « mon combat contre Tszyu a été mon Everest. Et jamais, même pour affronter Mayweather deux ans plus tard, je n’ai eu autant d’envie. Kostya Tszyu été reconnu comme le boxeur numéro 1 de la catégorie. Oscar De La Hoya disait de lui que c’était une machine à knock out, et c’était vrai. C’était un incroyable puncheur qui tapait pour mettre hors d’état de nuire. C’était son style ». Équilibré et âpre, le combat trouve son dénouement lors de la 11e et avant-dernière reprise, lorsque les terribles enchaînements du Britannique poussent l’Australien à l’abandon : « ce fut indiscutablement la meilleure soirée boxe de Manchester. Les supporters m’aimaient déjà avant mais, à la suite de ce combat, ils ont réalisé que je pouvais aller en Amérique pour combattre les meilleurs ».

Six mois plus tard, Hatton réunifie les ceintures WBA et IBF en disposant du Colombien Carlos Maussa en 9 rounds. Élu combattant de l’année 2005 par The Ring Magazine, il prend sans plus tarder la direction des Etats-­Unis. Passé chez les welters, il s’empare de la ceinture WBA en battant Luis Collazo aux points puis redescend en super-­légers où il glane de nouveau la ceinture IBF après un succès aux dépens de Juan Urango. Le 8 décembre 2007, environ 30.000 fans Britanniques envahissent Las Vegas pour assister au duel estampillé « Undefeated » entre leur idole et Floyd Mayweather Jr. Comme à son habitude, l’Anglais pénètre dans le ring avec son short bleu turquoise (les couleurs de Manchester City) accompagné du célèbre chant « There’s only one Ricky Hatton » beuglé par les 5 groupes de supporters que compte le boxeur. Rien que ça.

Face au meilleur poids welter du monde, Hitman propose une opposition de grande qualité. Sérieusement perturbé en début de rencontre, « Money » prend néanmoins le contrôle du match à la mi­-combat. Forcé de prendre des risques, Hatton baisse sa garde et encaisse un lourd crochet du gauche à la tempe dans le 10e round. L’arbitre Joe Cortez stoppe la rencontre. Hatton s’incline mais gagne le respect de son opposant : « Ricky Hatton est probablement l’un des meilleurs boxeurs que j’ai combattu. Je l’ai frappé durement, mais il n’a rien lâché et je comprends pourquoi on l’appelle « Hitman » (Hitman signifie Le Tueur) ».

DEFAITE ET DEPRESSION

Requinqué par deux victoires contre Lazcano et Malignaggi, l’Anglais s’attaque ensuite au Phillipin Manny Pacquiaio. Au contraire de son opposition face à Mayweather, le duel entre le Mancunien et le Philippin s’avère beaucoup plus expéditif. Envoyé au tapis à trois reprises lors des deux premiers rounds, Hatton s’incline et repart du Nevada la tête basse. L’après- combat est rude. Secoué, Hitman plonge dans une dépression sans fin, comme il le révèle dans son autobiographie : « je pleurais chaque jour. Je voulais mourir. Après ma défaite face à Pacquiao, j’ai consommé de la cocaïne dans l’espoir qu’elle me fasse aller mieux, j’étais vraiment au fond du trou ».

Après trois ans sans combattre, il tente un retour face à l’Ukrainien Vyacheslav Senchenko à la MEN Arena, lieu de ses précédents exploits. Mais la flamme est belle et bien éteinte. Mis KO lors du 9e round, Hatton raccroche les gants avec un palmarès de 45 victoires et 3 défaites. Un an après, c’est au tour de son frère Matthew de mettre un terme à sa carrière. Régulièrement programmé en sous-carte de son grand frère, il est également auteur d’une carrière remarquable avec un bilan de 43 victoires 7 défaites et 2 nuls.

Depuis 2009, le « Hitman » a mis sur pied la « Hatton Academy » pour contribuer au développement des talents britanniques. Ses programmes d’entraînement et de formation sont les seuls à être validés par le Register of Exercises Professionals, organe de santé indépendant créé en 2002, ainsi que par le British Boxing Board of Control. Petit à petit, le boxeur de Manchester remet sa vie à l’endroit. Preuve que sa popularité reste intacte, il a publié un livre sur ses heures glorieuses, notamment celles vécues à Las Vegas, ouvrage actuellement classé 5e des meilleures ventes en Grande-Bretagne. Après de longs moments d’errance, Ricky Hatton poursuit sa quête de rédemption. Une vraie vie de boxeur !

 

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MATT LEDUC

@Matt_Leduc_

FATIOU FASSINOU, le petit piment qui va vous enflammer

S’il ne mesure qu’1,60m et n’accuse que 55kg sur la balance, Fatiou Fassinou n’en reste pas moins l’un des boxeurs les plus redoutables d’Afrique. Compétiteur hors pair, doté d’une capacité à enflammer les foules comme nul autre, « Petit Piment » a réussi à combler le vide laissé par la disparition d’Aristide Sagbo, le plus légendaire des pugilistes locaux. Prophète en son pays, le super-­coq aux trois poumons ne fait plus mystère de son prochain challenge : la reconnaissance mondiale.

C’est dans le quartier de Jonquet à Cotonou, capitale économique et plus grande ville du Bénin, que Fatiou Fassinou a grandi. Haut lieu de la prostitution et de trafics en tous genres, le « Pigalle cotonois » est incontestablement l’endroit le plus chaud de la cité. Autre particularité du quartier ? C’est sur ses dalles poussiéreuses, entre deux ruelles jonchées de détritus, qu’ont été formés les plus grands boxeurs nationaux : Aristide Sagbo, Georges Boko, Soule Kéké ou encore Ange Adjaho.

Envieux de la célébrité et du respect dont jouissent les pugilistes du voisinage et malgré le refus de son boxeur amateur de père de lui apprendre le métier, Fassinou attaque la boxe alors qu’il n’est encore qu’un jeune garçon de 7 ans. Infatigable, le jeune homme au physique fragile s’illustre rapidement par son courage dans le ring et prouve ­si besoin est­ que le Noble Art n’est pas seulement une affaire de muscles, mais aussi de volonté.

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Après de nombreuses distinctions nationales et continentales chez les amateurs, le gaucher fait son entrée dans le circuit professionnel en 2001 : « c’est très dur d’être boxeur professionnel en Afrique,confie-t-il. Nous ne bénéficions d’aucune aide pour payer nos équipements et les infrastructures sont vieillissantes. Je m’entraîne seul, avec les moyens du bord la majorité du temps ».

Assez pour décourager le Cotonois ? Pas du tout ! Du Togo au Nigeria en passant par la Côte d’Ivoire, l’homme aux rastas rend une copie quasi parfaite à chacune de ses sorties et s’inscrit rapidement parmi les combattants les plus en vue de l’Afrique de l’Ouest. Mais contrairement à ses compatriotes Justin Savi et Ange Adjaho, partis aux Etats­-Unis monnayer leurs talents, « Petit Piment », lui, reste à quai. Qu’à cela ne tienne : si le cogneur ne peut exprimer son talent hors du continent, il conquiers le public à la force de ses poings et toujours avec un sens aiguisé du spectacle.

Intimidations, caisse qui disparaît et combats rapprochés

En 2009, il bat Felix Friday par décision unanime (120 -107  pour les 3 juges) lors d’une soirée disputée dans sa ville natale et remporte la ceinture de champion d’Afrique CAB (Confédération Africaine de Boxe). « FF » s’empare ensuite de la ceinture WBC Silver en triomphant de l’invaincu Felix Williams au Ghana. Une victoire au goût amer, puisque les organisateurs du gala prennent la poudre d’escampette avec la recette de la rencontre : « si ce n’est pas l’argent qui disparaît, ce sont les pesées qui sont truquées, les intimidations avant les rencontres ou tout simplement des décisions arbitrales complètement dingues ».

Dernier exemple en date ? Sa belle face à Alexis Kaboré à Ouagadougou (Burkina Faso) pour l’obtention de la ceinture WBC International : « je savais qu’il me serait difficile d’être déclaré vainqueur si je ne mettais pas mon adversaire KO. Malheureusement, ma prédiction s’est avérée exacte et j’ai été déclaré perdant malgré ma supériorité. C’est souvent comme ça lorsqu’on boxe contre un local ».

Preuve des difficultés inhérentes au monde professionnel de la boxe en Afrique, le Béninois (29 combats : 23 victoires (11KO), 4 défaites, 2 nuls) est prié de remettre les gants à Cotonou seulement… une semaine après sa défaite en 12 rounds : « j’ai conscience que ce n’est pas prudent, surtout après un combat éprouvant, mais ai­-je vraiment le choix ? J’ai bientôt 30 ans, je n’ai pas de temps à perdre. Je dois montrer mon potentiel à chacune de mes sorties ». Le Ghanéen Joshua Barnor, comme tant d’autres, subira les foudres du puncheur (38% de victoires par KO d’après boxrec.com). Incapable de répondre présent à l’appel de la quatrième reprise, Fassinou confirme un fait que plus personne ne peut ignorer : le gamin de Jonquet en a dans les gants !

Un avis que partage également Amaury Mangin, ancien directeur de l’école Française de Cotonou, qui a tenté de faire décoller la carrière du boxeur au cours de la première décennie des années 2000. Aujourd’hui sous d’autres cieux, « Coach Yovo » (« l’entraîneur Blanc ») n’en reste pas moins admiratif du chemin parcouru par son poulain : « c’est incontestablement le meilleur boxeur du Bénin toutes catégories confondues et d’Afrique chez les super-coqs. Au dela de cela, c’est un garçon doué, honnête et intelligent ». La complicité entre les deux hommes s’est d’ailleurs traduite par la réalisation d’un documentaire, dont seul le teaser est visible à ce jour :

« Avec plus de moyens… »

Guère plus d’un mois après ces deux affrontements contre Alexis Boureima Kaboré et Joshua Barnor, Fatiou Fassinou sera de nouveau la tête d’affiche de la soirée organisée le 13 mai à Accra, au Ghana. A moins d’une semaine de son combat contre un adversaire dont il ignore encore l’identité, le boxeur n’a pu s’empêcher de dresser un bilan sur le triste sort des boxeurs en Afrique : « les gens ignorent à quel point l’Afrique, et notamment le Bénin, regorge de boxeurs talentueux. Avec plus de moyens, ainsi qu’une meilleure organisation, les nôtres pourraient rivaliser avec les boxeurs du monde entier. En ce qui me concerne, je me sais capable de donner le change avec n’importe qui. J’attends simplement qu’on me donne ma chance. J’attends… ».

Quelqu’un s’y colle ?

Matt Leduc / @Matt_Leduc_

 

CA BOUGE POUR LES BOXEURS BENINOIS !

DEFAITE DE FATIOU FASSINOU

Le Béninois Fatiou Fassinou (22 victoires, 4 défaites, 1 nul) s’est logiquement incliné au terme des 12 rounds qu’il a disputé face à Alexis Kaboré (25 victoires, 1 défaite) le vendredi 1er mai à Ouagadougou.

Dépassé par la rapidité et la précision d’un adversaire encouragé par un Palais des Sports de Ouaga 2000 copieusement garnie, le natif de Cotonou a ainsi laissé échapper sa chance de remporter une deuxième ceinture WBC International.

Trop passif dans la première partie du combat, « Petit Piment » n’a pas réussi à inverser la tendance par la suite malgré quelques enchainements spectaculaires, notamment lors de la septième reprise, ou le représentant Béninois réussit à percer la garde du Burkinabé à plusieurs reprises.

Insuffisant pour influer les trois juges dans leur verdict final : défaite à l’unanimité (116-112 / 118-110 / 115-­113).

JUSTIN SAVI DE RETOUR DANS LE RING

Le talentueux Justin Savi (26 victoires, 3 défaites) effectuera son retour dans le ring le samedi 9 mai à Cotonou. Défait lors de son dernier combat face au Sud Africain Malcolm Klaasen à Gauteng (défaite par KO au 4éme round), l’ancien détenteur de la ceinture IBF Mediterranean et WBC Silver aura à coeur de prouver qu’il n’a rien perdu de sa superbe face au Ghanéen Edward Kambassi (4 victoires, 2 défaites) à la maison des jeunes d’Akpakpa de Cotonou.

MATT LEDUC

@Matt_Leduc_

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