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Cotonou – Championnat de l’Union Francophone de Boxe

Interview – Patrick Bois JR, le Spartiate des temps moderne

– Salut Pat JR, peut tu te présenter stp ?
Je pratique ce sport depuis mon plus jeune âge. Après une courte carrière amateur, je suis passé professionnel en 2011. Je suis issu d’une famille de boxeurs dont la figure de proue fût mon oncle Gérald, sélectionné en équipe de France amateur et qui a malheureusement échoué en janvier 1978 dans sa quête du titre de champion de France des mi-lourds contre Robert Amaury.
– Fin 2015 tu quitte les Ardennes et l’entraîneur Hamid Zaim, pourtant à tes côtés depuis ton passage chez les pros en 2011, pour rejoindre Villeurbanne (69) et l’excellent Faycal Omrani. Qu’est ce qui a guidé ton choix ?
J’ai effectivement quitté les Ardennes fin septembre 2015 pour m’installer à Lyon et ainsi rejoindre Faycal Omrani à Villeurbanne. Les premiers contacts ont eu lieu en août entre Frederic Barbin, mon conseiller basé en région Lyonnaise, et Faycal. Nous sommes ensuite rapidement tombés d’accord tant sur le projet sportif que d’une manière générale. Je tiens aussi à préciser que je n’avais pas de problèmes particulier avec Hamid Zaim, mais simplement que nous n’étions plus tout à fait d’accord sur notre façon de voir les choses. Par ailleurs, pour un certains nombre d’autres raisons extra sportives, j’ai senti que le temps était venu pour moi de changer d’air et de m’éloigner de ma région d’origine.
– Tu viens de décliner une proposition pour aller combattre en Australie à cause d’une prime que tu jugeais insuffisante. Néanmoins, tu a la preuve qu’on s’intéresse à toi même à l’autre bout du monde. A l’image d’autres Français, as-tu déjà penser à t’exiler aux Etats-Unis pour véritablement mettre toutes les chances de ton côté ?
Il est beaucoup trop prématuré de parler des Etats-Unis. Comme je le disais précédemment, je me suis engagé avec F.Omrani pour, je l’espère vivement en tout cas, une longue période. Et je me sens parfaitement bien avec lui et tout son staff. Je me suis senti immédiatement intégré comme si je faisais parti de l’équipe depuis plusieurs années. Nous avons un vrai projet à court et moyen terme, projet qui dois me permettre d’atteindre les objectifs fixés. Nous formons une vraie équipe, Faycal, Frédéric et moi-même, équipe à laquelle Samuel Florimond s’adjoindra ponctuellement pour me préparer lui aussi dès que j’aurais de nouvelles propositions de combats.
– Malgré ton jeune âge (24 ans), tu n’a jamais hésité à te frotter aux cadors de la catégorie (Mohammedi, Anouche, Kasperski…) sans toute fois toujours tirer ton épingle du jeu (14V, 4D, 1N). Peut on dire que tu n’a pas envie de perdre ton temps ?
J’ai dit que je voulais toujours me frotter aux meilleurs afin d’être fixé sur mon réel niveau, qui est encore loin d’avoir atteint ses limites. Je n’ai surtout pas envie d’avoir une carrière « arrangée ». Et effectivement, seuls les défis de grande envergure, ou à priori compliqués, me transcendent. C’est dans ma nature profonde que de toujours vouloir me surpasser et être meilleur que le meilleur.
 
– Triple champion de France, tu a également remporté la ceinture WBF International en 2013 dans la catégorie des mi-lourds. Quels sont désormais tes objectifs ?
Pour l’instant je ne peux pas en dire plus car nous sommes sur de gros projets qui sont en train de se finaliser. Mais il est claire que vous allez bientôt entendre parler de moi et croyez bien que mon ambition est décuplée depuis que j’ai rejoint la région lyonnaise et Faycal Omrani.
 
– A propos, on ne t’a pas vu sur un ring depuis Juin 2015 (défaite contre H.Kasperski à Clermont), quand aura t’on l’occasion de te revoir ?
Comme je le disais précédemment, cela ne saurait tarder et mon retour est imminent. Mais je ne peux rien dévoiler de plus à ce jour. Soyez encore un peu patients et vous serez rapidement fixés.
 
– Le 7 Décembre 2014, tu dispose de Damien Rétif en 8 rounds et conserve ainsi ta ceinture de champion de France des mi-lourds. Après le combat, tu effectue ta demande en mariage à ta compagne Morgane (dont la réponse fût OUI ! :-), offrant ainsi aux spectateurs un véritable spectacle. Est ce important pour toi de donner du plaisir aux spectateurs ?
Bien sûr que c’est fondamental pour moi de donner du plaisir aux spectateurs car ils paient pour voir du spectacle et ne serait-ce que de mon point de vue je me sens redevable  vis-à-vis de mes fidèles suiveurs. Je ne veux surtout jamais les décevoir et c’est aussi une des raisons qui me pousse à travailler d’arrache-pied pour être chaque jour meilleur.
 
– Lors de ton arrivée chez les rémunérés tu portais le nom de ton oncle « Yannick » sur ton short. Désormais tu porte celui de ton fils « Yannis ». Nul doute que la famille revêt une importance capitale pour toi. Outre la famille, tu semble porté un amour inconditionnel à ta patrie. En quoi cela est il important de montrer ton attachement à ton pays une fois sur le ring ?
Ma future femme et mon fils sont les personnes les plus importantes pour moi. Leur bonheur passe avant tout. Il y a aussi certains autres membres de ma famille qui comptent énormément pour moi comme ma belle famille, mes beau parents Thierry et Françoise sont important pour moi. Ils ont toujours étais là quand j’avais besoin d’eux et ils me soutiennent constamment. Je les aime comme si c’étais mes parents. Ils font parti de notre équilibre à ma femme, mon fils et moi même.
Quant à l’attachement à ma patrie, oui c’est une évidence. Mais je ne veux surtout pas entrer un débat « politique », ou prodiguer des conseils à qui que ce soit. Tout ce qu je peux dire à ce sujet c’est que j’ai eu la chance de naître dans ce formidable pays qu’est la France et qui me permet chaque jour de jouir d’une chose essentielle : la liberté car c’est ce qu’il y a de plus important à mes yeux.
 
– Tu est jeune (il aura 25 ans le 15 Février), et nul doute que tu a encore une multitude d’épisodes à vivre dans la boxe. Mais à ce jour, quel est ton meilleur souvenir ? Et ton pire ?
Mon meilleur souvenir, c’est lorsque je suis allé chercher ma première ceinture de champion de France en Normandie contre Jonathan Profichet. J’ai en effet réussi plusieurs choses ce jour-là car beaucoup de monde ne donnait pas  cher de ma peau et cela m’a d’autant plus motivé. Et en cette soirée de mai 2013, j’ai battu un beau champion talentueux, humble et respectueux. Je tiens d’ailleurs à le saluer au travers de cette interview et je prendrais vraiment beaucoup de plaisir à le revoir un jour. De plus, je ramenais cette ceinture dans les Ardennes, ceinture qui avait échappé à mon oncle Gérald il y a bientôt 30 ans maintenant. Je n’avais aucune appréhension car j’étais sûr de moi et de mes qualités malgré mon jeune âge (22 ans à l’époque). Je me suis quelque part révélé à moi-même en gagnant ce titre en me disant que je pouvais vraiment avoir de très grandes ambitions désormais.
Mon pire souvenir reste ma défaite contre Mohammedi, mais cette défaite m’a fait grandir. Au travers de celle-ci, j’ai pris conscience du fait que rien n’est jamais acquis et qu’il ne faut surtout jamais sa relâcher. Malgré tous mes déboires les semaines précédant le combat sur lesquelles je ne veux surtout pas m’appesantir, je remercie le destin de m’avoir « infligé » cela car c’et dans cette période un peu troublée pour moi que jai eu l’immense bonheur de rencontrer Morgane, ma future femme, que j’épouserai le 11 juin prochain. Elle ma fait devenir un homme meilleur.
 
– Tu a la réputation de ne pas avoir ta langue dans la poche. A-tu un message à faire passer pour conclure cet interview ?
Le nouveau Patrick Bois, plus déterminé que jamais est bientôt de retour !
De mon point de vue, seule la victoire est belle mais elle ne peut être que le fruit d’un travail d’équipe, et certainement ps celui du hasard. Pour finir je tiens à remercier toute mon équipe et toutes celles et ceux qui continuent de croire en moi et qui n’ont jamais cessé de me suivre.
Je suis fier d’être Français et fier de mon pays !
Suivez l’actualité de Patrick Bois JR :  https://www.facebook.com/Patrick-BOIS-JR-Officiel-400121180140877/?fref=ts

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Christine Nyury

Pat Jr perso

Micky Ward, des trottoirs de Boston à la légende du noble art.

Qui a dit qu’il fallait être invaincu et avoir la taille bardée de ceintures pour être un héros ? Certainement pas un Bostonien. Dire qu’on a que faire des Floyd Mayweather, Deontay Wilder ou encore de Danny Garcia dans les rues de Charlestown ou de Boston South n’est pas un mensonge, c’est une réalité ! Ici, les gamins s’identifient à un boxeur nommé Micky Ward. Son palmarès ? 38 victoires et 13 défaites. Ses trophées ? Une toute petite ceinture WBU. En revanche, pour ce qui est du courage,  » Irish  » n’a pas eu son pareil durant les 15 années où il a écumé les rings du pays pour exercer son métier.

Pas vraiment un journeyman, pas franchement une tête d’affiche non plus. Micky Ward était avant tout un boxeur. Un à la gueule un peu abîmée, mais relativement épargnée lorsqu’on sait que le super-léger a trimbalé sa tignasse rouquine sur les rings américains 15 ans durant. Une décennie et demie qui a d’ailleurs forcé le respect des fans, mais aussi de l’ensemble des adversaires du natif de Lowell, petite ville située à proximité de Boston, connue pour accueillir la plus grosse communauté irlandaise du monde. Et les Irish adorent la boxe, en plus de la Guinness et de la musique folk.

Naturellement, le petit Micky se tourne vers le Noble Art. Parce que c’est inscrit dans son ADN de descendants d’insulaires peut-être ; pour imiter son demi-frère, le boxeur professionnel Dick Eklund, c’est certain ; mais également afin d’évacuer sa rage d’être régulièrement abusé sexuellement par un proche de la famille.

Du plomb dans les poings ou pétard mouillé ? 

Triple vainqueur des Golden Gloves de l’Etat de la Nouvelle-Angleterre chez les amateurs, le talentueux gaucher fait son entrée chez les professionnels en 1985, à l’âge de 20 ans. Auteur d’un 14­-0 durant ses deux premières années au plus haut niveau, « Irish » subit son premier revers contre Edwin Curet, boxeur aux 21 victoires, 7 défaites et 2 nuls. Accident de parcours ou défaite mettant en évidence les capacités d’un boxeur, certes généreux, mais limité ? Difficile de répondre tant Micky Ward va tout au long de sa carrière alterner le chaud et le froid.

Véritablement doué pour casser la distance afin d’aller à la baston, l’Américano-Irlandais offre aux spectateurs un véritable show lors de chacune de ses apparitions. Prêt à tout pour régaler ses nombreux fans, le cogneur à la croix celtique tatouée sur l’épaule gauche met même les gants face à des adversaires pesant 6 kg de plus que lui. Évidemment, les résultats ne sont pas toujours à la hauteur des espérances du principal concerné, mais même perdant, sa cote de popularité ne fléchit pas d’un pouce.

Bref, on l’aime bien ce petit Irish, mais pas au point de lui offrir une chance mondiale. Il faut dire qu’avec Julio César Chavez, Roger Mayweather ou encore Hector Camacho engagés dans la même catégorie, Micky Ward semble trop irrégulier pour aller se frotter aux ténors de la division. Programmé la plupart du temps dans les salles obscures du Nord-ouest des Etats-Unis, le gaucher balbutie alors sa boxe et met un terme à sa carrière en 1991, après deux années catastrophiques traduit par 4 défaites de suite contre des seconds couteaux :  « J‘ai eu trop de combats difficiles. J’avais perdu la motivation. C’était comme faire un métier qui ne me passionnait pas. »

Renaissance et reconnaissance 

Retour à Lowell, banlieue sinistrée de Boston où les fermetures de nombreuses usines ont poussé la jeunesse locale à la débauche. Et c’est notamment le cas de son demi-frère Dick, ancien boxeur professionnel qui a notamment croisé le fer avec Sugar Ray Leonard, désormais petit délinquant notoire devenu accro au crack et autres substances illicites. S’il tourne le dos à ces plaisirs superficiels, Micky Ward ne s’éclate pas pour autant dans son nouvel emploi à la voirie de la ville. Alors en 1994, il effectue son retour dans le ring, et ce coup-­ci plus question de déconner !

Après 9 victoires convaincantes, le kid de Lowell se voit offrir une chance de décrocher la ceinture mondiale IBF des super-légers. Malheureusement, son rêve s’effondre lors de la 3e reprise. Contraint à l’abandon à cause d’une coupure à l’œil droit, Ward s’incline face à Vince Phillips (36-­3), ancien tombeur de l’Australien Kostya Tzsuyu. Pas plus heureux contre le jeune Zab « Super » Judah (15­-0­), un futur caïd de la catégorie, une année plus tard pour la ceinture USBA vacante, « Irish » n’a pourtant jamais été aussi proche d’accrocher le haut du panier. Ses progrès sont notables, au même titre que sa fougue et sa détermination lors des affrontements auquel il participe depuis son retour sur les rings.

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Et c’est ainsi que le 11 mars 2000, Ward gagne le droit d’aller disputer une ceinture WBU à Londres face à Shea Neary, boxeur anglais d’origine irlandaise, invaincu en 22 combats. Pour préparer ce combat, le guerrier celte peut compter sur un renfort de poids : son demi-frère Dick Eklund.Fraichement sorti de prison, ce dernier va en effet lui préparer un programme sur-mesure, en insistant notamment sur le travail au corps pour vaincre son opposant. La tactique s’avère payante puisqu’au 8e round, le Britannique jette l’éponge.

Un an plus tard, le néo­-monarque de la fédération WBU fait face à Emmanuel Augustus (24-­17-­4). Et une fois n’est pas coutume, les spectateurs vont en avoir pour leur argent. Explosif du premier au dixième et dernier round, la rencontre sera élue combat de l’année 2001 par The Ring Magazine. Vainqueur par décision unanime, le cogneur du Massachusetts se voit alors proposer un challenge encore plus alléchant à peine descendu du ring : Arturo Gatti (34­-5).

Ward-Gatti, trilogie d’anthologie 

Avec d’un côté, un boxeur ­enfin­ parvenu à s’inviter parmi le gratin de la catégorie et, de l’autre, un adversaire revanchard suite à sa défaite contre Oscar De La Hoya, la nouvelle star des super-légers, le duel entre Ward­ et Gatti propose tous les ingrédients d’une affiche alléchante. Programmé en direct surHBO, le combat fait son entrée dans la légende grâce à un 9e round aussi intense que spectaculaire. Peu d’esquives, mais des coups à foison. Une débauche d’énergie phénoménale qui lui vaudra d’être élu« round du siècle » par le commentateur Emanuel Stewart. Déclaré vainqueur par décision majoritaire,Ward signe le plus beau succès de sa carrière.

Six mois plus tard, la revanche s’organise. Rémunérés à hauteur de 1.2M$ – ­du jamais vu pour deux boxeurs aux carrières en demi­-teinte – Ward et Gatti remettent donc les gants au Boardwalk Hall d’Atlantic City. Moins spectaculaire que le premier acte, le combat tourne à l’avantage du Canadien grâce à la rapidité de son bras avant et un meilleur jeu de jambes que son adversaire. Vainqueur sans contestation possible (98-­91, 98-­91, 98-­90), Gatti ne tarit néanmoins pas d’éloges sur son adversaire : « Micky est l’adversaire le plus coriace que j’ai affronté durant ma carrière. Il n’y en a pas deux comme lui. Nous avons fait une belle promotion du sport et je crois que nous sommes une motivation pour les autres boxeurs à s’entraîner dur. Micky est incroyable. Il a un cœur de lion. C’est mon jumeau. »

Une victoire partout et pas de jaloux ? Que nenni. Les deux guerriers rempilent pour la belle le 7 juin 2003. Devant un public déchaîné et à l’image des deux précédents affrontements, les « jumeaux » s’en donnent à cœur joie. Contré par Ward durant la 6e reprise, Gatti, la main droite cassée, s’en va faire un tour au sol. Lors du round suivant, Ward, en sang, vacille devant les enchaînements du Canadien, mais ne rompt pas. Acharné jusqu’au terme final, le duel sera élu « combat de l’année » 2003. Déclaré perdant par décision unanime, « Irish » quitte le ring sous les applaudissements du public et met un terme à sa carrière (38 victoires, 13 défaites) à l’issue du combat. Par la suite, le « French Canadian » a demandé à Ward de faire partie de son équipe pour ses prochains combats. La trilogie a rapproché les deux hommes, uni par 30 reprises dantesques. Arturo Gatti est décédé dans d’étranges circonstances (Suicide ? Homicide ?), le 11 juillet 2009 au Brésil. Il avait à peine 37 ans. Pour dire au revoir à son ami lors des funérailles, Ward a mis un direct du gauche sur le cercueil. Existe-t-il plus bel hommage ?

Porte-drapeau d’une communauté

Comme d’autres grands boxeurs tels que Jake La Motta, Muhammad Ali ou encore Jack Dempsey, MickyWard a eu l’honneur de voir sa vie portée sur grand écran. Interprété par l’acteur bostonien MarkWalhberg,  » Fighter  » retrace à la perfection le parcours parsemé d’embûches du boxeur : ses espoirs, ses relations conflictuelles avec sa famille et notamment son demi-frère, mais également le fil conducteur de sa carrière. En 2005, le groupe de punk­rock  » The Dropkick Murphy’s  » rend un hommage appuyé au boxeur en lui dédiant une chanson : « The Warrior’s code » qui inaugure le documentaire de HBO sorti en 2013 à l’occasion de son entrée au Hall of Fame, le même jour que Gatti à titre posthume. Pas besoin d’avoir un palmarès immaculé pour rester dans l’histoire. Souvent, le courage et le cœur valent plus qu’une ceinture.

 

Matt Leduc / @Matt_Leduc_

Crédit photos : Getty Images

Ceintures mondiales, fanfare et cocaïne, bienvenue dans le monde magique de Ricky Hatton !

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Terre de prédilection des joueurs de fléchettes, des fausses blondes à grosse poitrine et des meilleurs clubs de football du pays, le Nord de l’Angleterre est également la terre de boxeurs parmi les plus doués de la Perfide Albion : Prince Naseem Hamed, Amir Khan, David Price ou encore… Ricky Hatton. Détenteur des ceintures IBF et WBA des super-légers, ce dernier n’a pas hésité à défier les plus grands de sa catégorie. Et avec Floyd Mayweather, Manny Pacquiaio et autres Kostya Tszyu, l’Anglais eu de quoi faire.

 

Aucun fan de boxe n’a pu l’oublier. Accessoirement, aucun de ses adversaires non plus. Car lorsqu’on mettait les gants à Ricky Hatton, une véritable marée humaine de fans emboîtait le pas du super-­léger. Et comme souvent lorsqu’une meute de représentants de sa gracieuse Majesté débarquent, la température peut rapidement grimper de quelques degrés voire s’avérer carrément irrespirable : hymne américain hué lors du duel contre Floyd Mayweather, nombreuses conférences de presse d’avant-match perturbées, ambiance de stade de foot lors de ses combats au Royaume Uni et à l’étranger… Vous l’aurez compris : rarement boxeur n’a réussi à déclencher autant de ferveur et d’enthousiasme que le « Hitman ». Les raisons d’une telle popularité sont nombreuses. Humble, doué et enraciné, le droitier avait tout pour succéder dans les coeurs aux Frank Bruno, Lennox Lewis et autres stars made in England.

Pourtant, il aurait été difficile de prédire une telle destinée au gamin de Stockport, une ville située à 5 km de Manchester. Hatton est avant tout un grand fan de foot, un véritable acharné du club de Manchester City. Dans l’ombre d’United, les Citizens du début des années 80 est bien loin du niveau qui est le sien actuellement. Abonné au ventre mou du classement, il n’en reste pas moins un club très apprécié des « vrais Mancuniens ». Et lorsqu’on a l’honneur d’avoir un grand­-père et un père qui ont porté le maillot Skyblue, hors de question d’aller encourager les Red Devils.

A dix ans, Hatton effectue même un essai dans le club de son cœur. Éconduit, il se tourne alors vers la boxe et embarque son petit frère Matthew avec lui à la salle d’entraînement.

DE LA BRUME DE MANCHESTER AU SOLEIL DE LAS VEGAS

 

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Médaillé de bronze aux championnats du monde junior de Cuba en 1996, l’Anglais se construit ensuite une belle carrière professionnelle en remportant et conservant la ceinture WBU à 16 reprises. Son style plait, sa cote grimpe et le public ne manque pas de répondre présent pour encourager « Le Mexicain de Manchester », un surnom dont il a hérité après ses trois duels disputés aux Etats­-Unis.

Toujours invaincu après 38 affrontements, il part à la conquête de la ceinture IBF détenue par Kostya Tszyu. Premier boxeur à avoir unifié les ceintures WBC, WBA et IBF chez les super-légers depuis 30 ans, l’Australien d’origine russe croit poser ses valises à Manchester en terrain conquis. Grossière erreur.

Poussé par les 22 000 spectateurs de la MEN Arena, Ricky Hatton livre le combat de sa vie : « mon combat contre Tszyu a été mon Everest. Et jamais, même pour affronter Mayweather deux ans plus tard, je n’ai eu autant d’envie. Kostya Tszyu été reconnu comme le boxeur numéro 1 de la catégorie. Oscar De La Hoya disait de lui que c’était une machine à knock out, et c’était vrai. C’était un incroyable puncheur qui tapait pour mettre hors d’état de nuire. C’était son style ». Équilibré et âpre, le combat trouve son dénouement lors de la 11e et avant-dernière reprise, lorsque les terribles enchaînements du Britannique poussent l’Australien à l’abandon : « ce fut indiscutablement la meilleure soirée boxe de Manchester. Les supporters m’aimaient déjà avant mais, à la suite de ce combat, ils ont réalisé que je pouvais aller en Amérique pour combattre les meilleurs ».

Six mois plus tard, Hatton réunifie les ceintures WBA et IBF en disposant du Colombien Carlos Maussa en 9 rounds. Élu combattant de l’année 2005 par The Ring Magazine, il prend sans plus tarder la direction des Etats-­Unis. Passé chez les welters, il s’empare de la ceinture WBA en battant Luis Collazo aux points puis redescend en super-­légers où il glane de nouveau la ceinture IBF après un succès aux dépens de Juan Urango. Le 8 décembre 2007, environ 30.000 fans Britanniques envahissent Las Vegas pour assister au duel estampillé « Undefeated » entre leur idole et Floyd Mayweather Jr. Comme à son habitude, l’Anglais pénètre dans le ring avec son short bleu turquoise (les couleurs de Manchester City) accompagné du célèbre chant « There’s only one Ricky Hatton » beuglé par les 5 groupes de supporters que compte le boxeur. Rien que ça.

Face au meilleur poids welter du monde, Hitman propose une opposition de grande qualité. Sérieusement perturbé en début de rencontre, « Money » prend néanmoins le contrôle du match à la mi­-combat. Forcé de prendre des risques, Hatton baisse sa garde et encaisse un lourd crochet du gauche à la tempe dans le 10e round. L’arbitre Joe Cortez stoppe la rencontre. Hatton s’incline mais gagne le respect de son opposant : « Ricky Hatton est probablement l’un des meilleurs boxeurs que j’ai combattu. Je l’ai frappé durement, mais il n’a rien lâché et je comprends pourquoi on l’appelle « Hitman » (Hitman signifie Le Tueur) ».

DEFAITE ET DEPRESSION

Requinqué par deux victoires contre Lazcano et Malignaggi, l’Anglais s’attaque ensuite au Phillipin Manny Pacquiaio. Au contraire de son opposition face à Mayweather, le duel entre le Mancunien et le Philippin s’avère beaucoup plus expéditif. Envoyé au tapis à trois reprises lors des deux premiers rounds, Hatton s’incline et repart du Nevada la tête basse. L’après- combat est rude. Secoué, Hitman plonge dans une dépression sans fin, comme il le révèle dans son autobiographie : « je pleurais chaque jour. Je voulais mourir. Après ma défaite face à Pacquiao, j’ai consommé de la cocaïne dans l’espoir qu’elle me fasse aller mieux, j’étais vraiment au fond du trou ».

Après trois ans sans combattre, il tente un retour face à l’Ukrainien Vyacheslav Senchenko à la MEN Arena, lieu de ses précédents exploits. Mais la flamme est belle et bien éteinte. Mis KO lors du 9e round, Hatton raccroche les gants avec un palmarès de 45 victoires et 3 défaites. Un an après, c’est au tour de son frère Matthew de mettre un terme à sa carrière. Régulièrement programmé en sous-carte de son grand frère, il est également auteur d’une carrière remarquable avec un bilan de 43 victoires 7 défaites et 2 nuls.

Depuis 2009, le « Hitman » a mis sur pied la « Hatton Academy » pour contribuer au développement des talents britanniques. Ses programmes d’entraînement et de formation sont les seuls à être validés par le Register of Exercises Professionals, organe de santé indépendant créé en 2002, ainsi que par le British Boxing Board of Control. Petit à petit, le boxeur de Manchester remet sa vie à l’endroit. Preuve que sa popularité reste intacte, il a publié un livre sur ses heures glorieuses, notamment celles vécues à Las Vegas, ouvrage actuellement classé 5e des meilleures ventes en Grande-Bretagne. Après de longs moments d’errance, Ricky Hatton poursuit sa quête de rédemption. Une vraie vie de boxeur !

 

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MATT LEDUC

@Matt_Leduc_

FATIOU FASSINOU, le petit piment qui va vous enflammer

S’il ne mesure qu’1,60m et n’accuse que 55kg sur la balance, Fatiou Fassinou n’en reste pas moins l’un des boxeurs les plus redoutables d’Afrique. Compétiteur hors pair, doté d’une capacité à enflammer les foules comme nul autre, « Petit Piment » a réussi à combler le vide laissé par la disparition d’Aristide Sagbo, le plus légendaire des pugilistes locaux. Prophète en son pays, le super-­coq aux trois poumons ne fait plus mystère de son prochain challenge : la reconnaissance mondiale.

C’est dans le quartier de Jonquet à Cotonou, capitale économique et plus grande ville du Bénin, que Fatiou Fassinou a grandi. Haut lieu de la prostitution et de trafics en tous genres, le « Pigalle cotonois » est incontestablement l’endroit le plus chaud de la cité. Autre particularité du quartier ? C’est sur ses dalles poussiéreuses, entre deux ruelles jonchées de détritus, qu’ont été formés les plus grands boxeurs nationaux : Aristide Sagbo, Georges Boko, Soule Kéké ou encore Ange Adjaho.

Envieux de la célébrité et du respect dont jouissent les pugilistes du voisinage et malgré le refus de son boxeur amateur de père de lui apprendre le métier, Fassinou attaque la boxe alors qu’il n’est encore qu’un jeune garçon de 7 ans. Infatigable, le jeune homme au physique fragile s’illustre rapidement par son courage dans le ring et prouve ­si besoin est­ que le Noble Art n’est pas seulement une affaire de muscles, mais aussi de volonté.

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Après de nombreuses distinctions nationales et continentales chez les amateurs, le gaucher fait son entrée dans le circuit professionnel en 2001 : « c’est très dur d’être boxeur professionnel en Afrique,confie-t-il. Nous ne bénéficions d’aucune aide pour payer nos équipements et les infrastructures sont vieillissantes. Je m’entraîne seul, avec les moyens du bord la majorité du temps ».

Assez pour décourager le Cotonois ? Pas du tout ! Du Togo au Nigeria en passant par la Côte d’Ivoire, l’homme aux rastas rend une copie quasi parfaite à chacune de ses sorties et s’inscrit rapidement parmi les combattants les plus en vue de l’Afrique de l’Ouest. Mais contrairement à ses compatriotes Justin Savi et Ange Adjaho, partis aux Etats­-Unis monnayer leurs talents, « Petit Piment », lui, reste à quai. Qu’à cela ne tienne : si le cogneur ne peut exprimer son talent hors du continent, il conquiers le public à la force de ses poings et toujours avec un sens aiguisé du spectacle.

Intimidations, caisse qui disparaît et combats rapprochés

En 2009, il bat Felix Friday par décision unanime (120 -107  pour les 3 juges) lors d’une soirée disputée dans sa ville natale et remporte la ceinture de champion d’Afrique CAB (Confédération Africaine de Boxe). « FF » s’empare ensuite de la ceinture WBC Silver en triomphant de l’invaincu Felix Williams au Ghana. Une victoire au goût amer, puisque les organisateurs du gala prennent la poudre d’escampette avec la recette de la rencontre : « si ce n’est pas l’argent qui disparaît, ce sont les pesées qui sont truquées, les intimidations avant les rencontres ou tout simplement des décisions arbitrales complètement dingues ».

Dernier exemple en date ? Sa belle face à Alexis Kaboré à Ouagadougou (Burkina Faso) pour l’obtention de la ceinture WBC International : « je savais qu’il me serait difficile d’être déclaré vainqueur si je ne mettais pas mon adversaire KO. Malheureusement, ma prédiction s’est avérée exacte et j’ai été déclaré perdant malgré ma supériorité. C’est souvent comme ça lorsqu’on boxe contre un local ».

Preuve des difficultés inhérentes au monde professionnel de la boxe en Afrique, le Béninois (29 combats : 23 victoires (11KO), 4 défaites, 2 nuls) est prié de remettre les gants à Cotonou seulement… une semaine après sa défaite en 12 rounds : « j’ai conscience que ce n’est pas prudent, surtout après un combat éprouvant, mais ai­-je vraiment le choix ? J’ai bientôt 30 ans, je n’ai pas de temps à perdre. Je dois montrer mon potentiel à chacune de mes sorties ». Le Ghanéen Joshua Barnor, comme tant d’autres, subira les foudres du puncheur (38% de victoires par KO d’après boxrec.com). Incapable de répondre présent à l’appel de la quatrième reprise, Fassinou confirme un fait que plus personne ne peut ignorer : le gamin de Jonquet en a dans les gants !

Un avis que partage également Amaury Mangin, ancien directeur de l’école Française de Cotonou, qui a tenté de faire décoller la carrière du boxeur au cours de la première décennie des années 2000. Aujourd’hui sous d’autres cieux, « Coach Yovo » (« l’entraîneur Blanc ») n’en reste pas moins admiratif du chemin parcouru par son poulain : « c’est incontestablement le meilleur boxeur du Bénin toutes catégories confondues et d’Afrique chez les super-coqs. Au dela de cela, c’est un garçon doué, honnête et intelligent ». La complicité entre les deux hommes s’est d’ailleurs traduite par la réalisation d’un documentaire, dont seul le teaser est visible à ce jour :

« Avec plus de moyens… »

Guère plus d’un mois après ces deux affrontements contre Alexis Boureima Kaboré et Joshua Barnor, Fatiou Fassinou sera de nouveau la tête d’affiche de la soirée organisée le 13 mai à Accra, au Ghana. A moins d’une semaine de son combat contre un adversaire dont il ignore encore l’identité, le boxeur n’a pu s’empêcher de dresser un bilan sur le triste sort des boxeurs en Afrique : « les gens ignorent à quel point l’Afrique, et notamment le Bénin, regorge de boxeurs talentueux. Avec plus de moyens, ainsi qu’une meilleure organisation, les nôtres pourraient rivaliser avec les boxeurs du monde entier. En ce qui me concerne, je me sais capable de donner le change avec n’importe qui. J’attends simplement qu’on me donne ma chance. J’attends… ».

Quelqu’un s’y colle ?

Matt Leduc / @Matt_Leduc_

 

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Wepner V Ali – De l’anecdote à la légende : une histoire Américaine

Cinq mois après son succès légendaire contre Georges Foreman à Kinshasa au Zaïre, le triple champion du monde des poids lourds Muhammad Ali pensait trouver en Chuck Wepner un opposant de faible qualité. Mal lui en a pris. Poussé dans ses derniers retranchements,  » The Greatest  » a dû attendre la 15e et dernière reprise pour venir à bout du  » sanguinolent de Bayonne « . Dans la salle, un acteur peu connu, passionné de boxe, ne perd pas une miette de ce surprenant duel. Son nom ? Sylvester Stallone. Inspiré, il se lance sans plus tarder dans l’écriture d’un scénario qui donnera naissance à l’une des plus belles et rentables productions hollywoodiennes de tous les temps : Rocky.

Avachi devant Kojak, une bière à la main dans son canapé bon marché, Chuck Wepner est tout d’abord agacé de devoir se diriger vers le téléphone. Ses proches sont pourtant au courant : le géant de deux mètres déteste être dérangé quand il regarde sa série favorite. Au bout du fil, sa mère lui ordonne de regarder les informations. Changer de chaine durant un épisode de la célèbre série policière ? Hors de question ! Elle insiste : « Zappe ! On parle de toi à la télé. » Le brave fiston obéit. La nouvelle qu’il découvre est à deux doigts de le mettre KO : il va affronter Muhammad Ali, le 24 mars 1975.

POT DE TERRE CONTRE POT DE FER

Inconnu du grand public à la veille de son duel contre Muhammad Ali, le moustachu fréquente pourtant le circuit professionnel depuis plus d’une décennie. Doté d’un courage proportionnel à son imposant physique, le poids lourd semble en revanche peu doué pour l’esquive. En effet, au cours des combats qu’il dispute la plupart du temps devant une faible affluence ou en sous-carte des cadors de sa catégorie,Wepner collectionne les points de suture et les fractures (mâchoire, nez…) au point d’y avoir gagné le surnom peu flatteur du « Sanguinolent de Bayonne ». En 1970, sa rencontre face à Sonny Liston, l’un des meilleurs poids lourds mondiaux, vire au massacre. Maltraité par un opposant dont les mains sont tellement imposantes qu’elles nécessitent une paire de gants sur-mesure, Wepner encaisse les coups durant neuf longues reprises. Poussé à l’abandon par le médecin,  » Big Chuck  » passe du ring à l’hôpital sans passer par la case vestiaire. Avec le nez cassé, les yeux pochés et des coupures sur le visage qui nécessitent la pose de 120 points, le boxeur fait peur à voir. Mais qu’importe, Wepner a survécu à bien pire : il a servi dans la Marine durant trois ans et a été marié à trois reprises. Un peu d’humour mesdames, je vous prie…

 

 

Vendeur dans un magasin de spiritueux, il obtient un congé de son employeur ainsi qu’une avance sur les 100 000 dollars qu’il est censé empocher pour affronter Ali. Décidé à mettre les bouchées doubles, il part s’entraîner dans un camp situé non loin de Cleveland, avec sparring et coach. Une première dans sa carrière pourtant riche de 41 combats (30 victoires, 9 défaites et 2 nuls). S’il avoue en baver comme rarement lors des entraînements, sa plus grande difficulté semble être de résister à l’appel de nombreuses prétendantes venues tenter leur chance avec le potentiel futur champion du monde WBCWBA. Focalisé sur son duel face à la star planétaire, il balaie l’idée d’un écart de conduite en se répétant qu’il aura tout le temps de s’amuser par la suite…

Si Muhammad Ali se montre moins rigoureux que Wepner dans sa préparation, c’est parce qu’il ne ressent aucune crainte à l’idée d’affronter cet illustre inconnu au physique plus proche du gentil tonton débonnaire que de l’athlète de haut niveau. D’ailleurs, le meilleur poids lourd actuel ne craint personne.Pas même le puissant Georges Foreman qu’il vient de battre en 8 reprises à Kinshasa au cours du combat du siècle. S’il connait deux accidents de parcours (contre Norton en 1973 et contre Frazier en 1970, défaites par décision arbitrale), les 45 victoires obtenues depuis son passage chez les rémunérés sont les témoins d’une connaissance totale de toute les ficelles du métier.

SHOWTIME

Cleveland, 2 mars 1975. Sevré d’affrontements majeurs depuis l’opposition entre l’Allemand MaxSchmeling et l’Américan William Stribling en… 1931, près de 14.000 Clevelanders répondent présent afin d’assister à « la rencontre d’un artiste contre un peintre en bâtiment », dixit Larry Merchant, le  » Monsieur Boxe  » de la télévision US.

rocky

Dans un premier temps, Ali ne semble pas prendre son adversaire au sérieux. Sans avoir besoin de forcer son talent, il perce la garde de son opposant et parvient à caresser le menton de Wepner à plusieurs reprises. Dépassé par la rapidité du champion, le challenger se contente d’encaisser les coups à défaut de pouvoir donner le change avec celui qui « vole comme un papillon et pique comme l’abeille. » Tout semble alors indiquer une victoire imminente du puncheur de Louisville. Mais habitué à être dominé,  » The Bayonne Bleeder  » ne se montre pas disposé à plier. Évidemment, plus les rounds défilent, plus son visage vire au rouge Rubicon, mais le géant s’accroche. Au 9e round, un puissant crochet du droit deWepner frappe Ali au cœur. Le champion est à terre. C’est la stupeur dans la salle. Vexé, Ali passe enfin la seconde. Ses coups sont désormais distribués avec plus de férocité qu’auparavant, mais Wepner tient bon… jusqu‘à la 15e et dernière reprise au cours de laquelle l’arbitre – Tony Perez – l’arrête à 19 secondes de la cloche. L’exploit n’a pas lieu. Ali remporte son combat, Wepner le sien : il a prouvé qu’il n’était pas un vaurien, mais un véritable boxeur.

LE VRAI ROCKY

Époustouflé par l’hallucinante prestation de Wepner, un jeune acteur de série B nommé Sylvester Stallone pense détenir une idée capable de booster sa carrière. « Je songeais déjà à écrire un film sur un boxeur avant de voir le combat entre Ali et Wepner. Mais c’est réellement en voyant le combat de Chuck que je me suis lancé. Un gars inconnu qui affronte le meilleur boxeur de tous les temps. Incroyable ! À peine, le combat terminé, j’ai pris mon stylo et je me suis mis à écrire. » Pari réussi ! Réalisé sans grands moyens, « Rocky » connaît un succès extraordinaire. Le film rafle une multitude d’Oscar et offre un véritable tremplin à la carrière de Stallone, acteur principal et co-réalisateur du film. Cinq autres épisodes suivront et un spin-off est même en préparation pour 2016.

Et Wepner dans tout cela ? Après une rencontre face au catcheur « André the Giant  » devant 32 000 personnes, qui inspirera une nouvelle fois Stallone pour réaliser Rocky III, il se retire des rings avec un bilan de 35 victoires, 14 défaites et 2 nuls. Il a 40 ans et aucun projet d’avenir. « La raison pour laquelle je boxais était simple : je voulais que les gens sachent qui était Chuck Wepner. Mais au début des années 80, ma vie a commencé à perdre son sens. Je n’avais plus rien à faire. La boxe donnait un sens à ma vie et, retiré des rings, je n’avais plus rien. » « Big Chuck » sombre dans la drogue, l’alcool et les femmes. Fêtard invétéré, il est arrêté en possession de cocaïne à la sortie d’une boîte de nuit au milieu des années 80. Condamné à 10 ans de prison, il n’en tire finalement que trois avant de retrouver sa femme Linda et son emploi de vendeur à la boutique. Sa vie a été d’une certaine manière réhabilitée par ESPN en 2011 dans un document intitulé « le vrai Rocky ». La vie d’un anonyme de la boxe devenu l’un des héros contemporains les plus marquants de la culture populaire de masse.

Matt Leduc / @Matt_Leduc_

Crédit photo de la une : CSU Archives

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Le boxeur Shafiq Chitou remporte la coupe de Normandie

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Devant un public Rouennais venu en masse assister aux finales des championnats de Normandie espoirs et de la coupe de Normandie, le boxeur Béninois Shafiq Chitou a de nouveau fais parler la foudre !

 

Plus expérimenté et disposant d’une palette technique plus conséquente que son adversaire, le Cotonois n’a pas eu besoin de forcer son talent pour remporter son duel face à Nicolas Mauger (Herouville BC). Vainqueur par décision unanime après trois rounds parfaitement maitrisés, Chitou s’empare donc de la coupe de Normandie dans la catégorie des moins de 64 kg.

De bon augure avant d’aborder les ceintures Montana 2015 qui auront lieu a Argenteuil du 16 au 18 avril.

Matt Leduc

@Matt_Leduc_

COUPS DANS LES NOIX ET MARRONS AU GARDEN : BOWE-GOLOTA, LE DUEL LE PLUS SALE DE LA BOXE DES NINETIES

bowe-golotaMon premier est noir, arrogant et Américain. Mon second est blanc, plutôt bien charpenté et nous vient d’Europe Centrale. Mon tout est un combat de boxe qui s’est déroulé durant les années 90 au pays de l’Oncle Sam. Dernier indice : il ne s’agit pas de l’opposition entre Apollo Creed et Ivan Drago dans Rocky IV. Alors ? Riddick Bowe v. Andrew Golota bien sûr ! Bon, évidemment, la boxe n’est pas le sport du copinage outrancier et des déclarations fayottes par excellence. Mais dire que ces deux là ne pouvait pas se blairer semble un doux euphémisme tant leurs affrontements ont été proche de se terminer en un bain de sang. J’en fais des tonnes ? Lisez plutôt.

Replaçons les choses dans leur contexte, nous sommes au début des années 90. A cette époque, la boxe fait régulièrement les choux gras de la presse grâce aux frasques du plus fougueux et génialissime des poids lourds : Mike Tyson. Gamin des bas fonds New Yorkais, « Iron Mike » est devenu à 20 ans et 4 mois, le plus jeune champion du monde des poids lourds. Chacune de ses sorties est accompagnée de déclarations fracassantes et de KO violents dont seul le protégé de Cus d’Amato semble en avoir le secret. Le public aime ça. Les autres « lourds » un peu moins. En effet, ce n’est pas facile d’exister lorsque l’on boxe dans la même catégorie que cette bête de scène, même lorsqu’on a l’ingéniosité d’un Evander Holyfield ou le punch d’un Lennox Lewis.
C’est bien connu, la nature a horreur du vide. Alors quand Tyson part purger une peine de trois ans de prison au pénitencier d’Indianapolis pour viol en 1992, le trône se libère. La précieuse place semble toute désignée pour acceuillir un boxeur lui aussi issue des sales quartiers de la « Big Apple » : Riddick Bowe. Médaillé d’argent au Jeux Olympiques de Séoul en 1988, le géant d’1,96m est à créditer de débuts remarqués depuis son passage chez les rémunérés en 1989. Vainqueur avant la limite d’anciennes gloires tel que Pinklon Thomas et Tyrell Biggs, mais aussi de jeunes espoirs tels que Bruce Seldon ou Art Tucker, « Big Daddy » n’en reste pas moins un athlète au caractère bien trempé, en témoigne son empoignade légendaire avec Elijah Tillery, attaquée aux poings et terminée à grands coups de semelles. Invaincu après 31 combats, dont 28 gagnés avant la limite, il remporte les ceintures WBC, WBA et IBF en battant Evander Holyfield par décision unanime le 13 novembre 1992 à Las Vegas. Faute d’être parvenu à un accord dans les délais nécessaires pour affronter son challenger n°1 Lennox Lewis, Bowe est déchu de son titre WBC. Sa réaction ? Il jette sa ceinture dans une poubelle. Vaincu par Holyfield lors du combat revanche, il sort vainqueur de la belle qui les oppose le 4 novembre 1995, non sans s’être emparé au préalable de la ceinture WBO en envoyant Herbie Hide au tapis à… sept reprises. De bon augure avant d’affronter Andrew Golota. Andrew qui ça ?

 

Golota. Un Polonais qui s’est également illustré aux Jeux Olympiques de Séoul en terminant sur la troisième marche du podium, soit juste une place derrière… Bowe. Après plus d’une centaine de combats victorieux en amateur, il fait son entrée dans le circuit professionnel en 1992, à Milwaukee. Gros puncheur, plutôt rapide et fin technicien, il remporte la majorité de ses duels par KO (24 sur ses 28 premiers combats victorieux). Certes, la majorité de ses affrontements sont disputés contre de simple faire­-valoir ou face à des boxeurs relativement inexpérimentés, mais une question brûle rapidement les lèvres des aficionados du noble art : « Tiens, et si on tenait ­enfin­ le poids lourd blanc capable de mettre un terme à la main mise qu’exercent les Afro­-Américains sur la catégorie reine ? Pour le savoir, ils sont près de 12000 spectateurs à rejoindre le Madison Square Garden le 11 juillet 1996.

 

Bowe v. Golota : Acte I 

Contre toute attente, c’est Golota, ­pourtant donné perdant à 12 contre 1,­ qui assure le spectacle dès le début de la rencontre. Plus précis, technique et rapide que Bowe et ses 114 kg, le puncheur Polonais se laisse néanmoins se débordé par son enthousiasme et s’attire les foudres de l’arbitre Wayne Kelly. Rapidement averti après un coup bas, le natif de Varsovie récidive dans la 5e reprise. Une remontrance de l’homme au nœud papillon et un point de pénalité plus loin, l’affrontement et son lot de coups en-dessous de la ceinture reprend de plus belle. Incapable de se maîtriser alors qu’il domine largement les débats, Golota est de nouveau pris par la patrouille durant le 7e round. C’en est trop pour l’arbitre qui décide de mettre un terme au combat en disqualifiant le boxeur Polonais. Au même moment, Rock Newman, le manager de Riddick Bowe, ainsi que d’autres membres de l’entourage du boxeur New Yorkais grimpent sur le ring et foncent en direction de Golota, fous de rage. Frappé à coups de talkie­-walkie, le Polonais fait face à une meute prêts à le lyncher. Le ring se transforme en véritable champ de bataille entre le clan polonais venu protéger leur boxeur et l’entourage de Bowe. Dans la mélée, Lou Duva, l’entraineur de Golota, âgé de 74 ans est également molesté. Victime d’une crise cardiaque, il est évacué en direction de l’University Hospital de New York dans un état jugé préoccupant. Loin de se cantonner au seul ring, la baston fait désormais rage entre fans des deux camps à l’intérieur du Madison Square Garden. Ici et là, de jeunes blancs enveloppés dans des drapeaux Polonais échangent injures et coups avec de jeunes noirs, le tout sous les yeux du maire Rudolph Giuliani, Monsieur « Tolérance zéro ». Finalement, les forces de l’ordre parviennent à rétablir le calme à l’intérieur de l’enceinte après plus d’une heure d’émeute et l’interpellation de 16 personnes. Du jamais vu pour un combat de boxe !

Peu de temps après cette soirée élue « événement de l’année » par Ring Magazine, Golota et Bowe s’engagent à recroiser le fer en décembre 1996. Pour la beauté du geste ? Cela reste à voir. Pour le plus grand plaisir des fans ? Ça c’est sûr !

 

Bowe v. Golota : Acte II

Dans une atmosphère plus tendue que jamais, la rencontre est délocalisée à Atlantic City, en raison du risque trop élevé d’assister à de nouveaux affrontements inter-­communautaires à New York. A l’instar du premier combat, la revanche entre les deux meilleurs ennemis est de nouveau largement dominée par le boxeur européen. Compté à la suite d’un enchaînement crochet gauche-direct du droit lors de la 2e reprise, Bowe s’accroche et, grâce à un coup d’éclat, il parvient à envoyer le protégé de Lou Duva à terre deux rounds plus tard. Encourageant, mais loin d’être suffisant pour perturber un Golota qui, malgré deux avertissements pour coup de tête et coup en dessous de la ceinture, a pris la poudre d’escampette au scorecards des juges. Proche de la rupture à la mi-­combat où il est de nouveau mis knock down, Bowe subit la supériorité de son adversaire jusqu’à la 9e et avant-dernière reprise. Mais alors que la victoire lui tend les bras, le Polonais paye une nouvelle fois au prix fort son indiscipline. Un énième coup dans les parties génitales de Bowe le disqualifie et offre le gain de la rencontre à son adversaire, pourtant largement inférieur au vu des deux prestations livrées. Une décision cruelle mais pas totalement imméritée.

Frustrés ou soulagés par le verdict du combat, les supporters de Golota et de Bowe quittent le Convention Center l’esprit taraudé par la trajectoire et les séquelles que laissera cette double confrontation sur leur boxeur favori. Car effectivement, plus rien ne sera jamais comme avant.

 

Clap de fin

Incapable de repartir de l’avant, Riddick Bowe décide de mettre un terme à sa carrière quelques mois après son combat revanche contre Golota. Il a à peine 29 ans. Incarcéré au début des années 2000 à la suite de violences conjugales, il effectue néanmoins son retour dans le ring en 2004, soit près de huit ans après son dernier combat. Après trois victoires aux dépens de boxeurs de seconde zone, le New Yorkais se retire définitivement du circuit avec un bilan de 43 victoires (dont 33 KO), 1 défaite et 1 no contest.

Véritablement propulsé avec ses deux combats face à Bowe, Golota rencontre Lennox Lewis pour la conquête de la ceinture WBC, quelques temps après sa mésaventure d’Atlantic City. Sévèrement corrigé par le Britannique, le Polonais enchaîne trois prestations encourageantes contre Corey Sanders, Tim Witherspoon et Orlin Norris et se replace parmi le top 10 des poids lourds les plus en vue de ce début de siècle. Opposé à Mike Tyson, il subit la loi du boxeur de Catskills durant deux rounds puis rejoint les vestiaires à la suite d’une brouille avec son entraîneur alors que retentit la cloche annonçant la troisième reprise. La commission du Michigan change a posteriori la victoire par KO technique de Tyson en No Contest, après que ce dernier a été contrôlé positif à la marijuana.

De retour en 2003 après trois ans d’absence, l’ancien « Great White hope » se débarrasse de deux quidams au palmarès peu flatteur puis obtient un match nul face au très doué Chris Byrd. Battu par Ruiz et Brewster lors des championnats du monde WBA et WBO, Golota alterne ensuite combats de piètre qualité et lourdes défaites par KO, notamment contre ses compatriotes Tomasz Adamek et Przemysław Saleta. Après 41 victoires (dont 33 KO), 9 défaites, 1 nul et 1 No contest, le géant venu de l’Est se retire des rings.

Malgré nos recherches, on ignore encore à l’heure actuelle ce qui a poussé Andrew Golota à plonger ses poings de manière aussi abusive en direction de l’entre-jambe de Riddick Bowe durant leurs deux confrontations devenues légendes. Ce qui est certain en revanche, c’est qu’elles ont été le point d’orgue de carrières éphémères.

Matt Leduc
@Matt_Leduc_

Marcel Cerdan, un héros Français

Multiple champion de France et d’Europe chez les welters et les moyens durant les années 30-40, Marcel Cerdan est le premier « Frenchy » à réussir l’exploit de décrocher une ceinture mondiale sur le sol américain. Hélas, la carrière de l’amant d’Edith Piaf prend fin en pleine ascension. L’avion qui le transportait aux Etats-Unis pour sa revanche contre Jake La Motta s’écrase sur l’île de São Miguel aux Açores (Portugal). La nation est foudroyée par le chagrin, elle qui avait fait du boxeur Pied-noir son héros. Et quel héros !

Marcel Cerdan

« Mon amour, tu ne pourras jamais imaginer avec quelle force je t’aime. Dieu que je t’aime, mon adoré ! Je voudrais me mettre à tes genoux et passer mon temps à t’admirer, à te servir, à t’aimer, à n’être qu’à toi et n’avoir que toi devant mes yeux, ne toucher que toi, ne vivre que par toi que j’aime, toi mon amour. Moi. » Les mots d’Edith Piaf résonnent encore dans les mémoires collectives. Et comme les Français, la chanteuse est tombée amoureuse du boxeur divin, Marcel Cerdan. Cadet d’une fratrie de 5 enfants dont 4 garçons, ce dernier est né à Sidi Bel Abbes, une ville située à l’ouest de l’Algérie dans un pays alors sous domination française. En 1922, alors qu’il est âgé de 6 ans, lui et les siens plient bagage et partent s’installer au Maroc, à Casablanca. À l’instar de la majorité des familles européennes installées au Maghreb et contrairement aux croyances populaires, la famille Cerdan ne mène pas une vie de grand luxe, loin de là. Le papa est boucher, tandis que la maman reste au foyer pour s’occuper des enfants.

Comme beaucoup de gamins du Royaume chérifien, le jeune Marcel se passionne pour le football qu’il pratique de manière quasi-quotidienne avec ses copains du quartier. Mais à 8 ans, influencé par ses grands frères qui pratiquent tous le noble art, il enfile sa première paire de gants et fait son entrée dans la plus belle et exigeante des disciplines. Plutôt débrouillard, il gravit les échelons sous l’œil bienveillant de son père qui rêve de voir son fils percer dans le milieu de la boxe.

La naissance d’un champion

Après des débuts fracassants chez les professionnels, où il sort victorieux des 35 premiers duels auxquels il participe, il rejoint la Mère Patrie à 21 ans et pose ses valises à Paris. Bienvenue à la capitale. De là, il poursuit sa progression et devient champion de France des Welters en battant Omar Kouidri aux points. Distinction qu’il conserve neuf mois plus tard aux dépens du même adversaire.

Marcel Cerdan

Injustement défait pour la première fois à cause d’un soit disant coup bas sur l’anglais Harry Craster à Londres lors de son 53e affrontement, « Le bombardier marocain » enchaine successivement 5 victoires en 4 mois dont une lors d’un combat sans enjeu contre le champion d’Europe en titre, l’Italien SaverioTuriello.Mécontent, le transalpin se dit prêt à mettre son titre en jeu si le Français accepte de venir le défier chez lui à Milan. Qu’à cela ne tienne ! Pas impressionné par le long Curriculum Vitae de « La panthère milanaise » (3 titres de champion d’Italie et une ceinture européenne) et l’ambiance électrique qu’on lui promet, il relève le défi et s’envole pour la capitale lombarde. Et là devinez quoi ?Le Français s’impose au terme de 15 rounds parfaitement maîtrisés. La réaction du public italien est terrible.Les esprits s’échauffent puis les sièges se mettent à voler, obligeant Cerdan et son entourage à se réfugier dans les vestiaires afin d’échapper à la vindicte des tifosis rendus furieux par la défaite de leur favori.

Roi d’Europe à seulement 23 ans, la carrière du droitier de Sidi Bel Abbes va malheureusement subir un coup d’arrêt suite au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. Comme tous les hommes en mesure de se battre, Marcel Cerdan prend part au conflit qui ensanglante une partie de l’Europe et notamment la France. Ce dernier est affecté dans la Marine au Maroc. À distance des combats, le jeune boxeur profite de sa notoriété et des quelques bourses que lui rapportent ses affrontements disputés au bled pour aider et financer les réseaux de Résistance. Dans le Paris occupé de l’année 1942, il dispute une demi-douzaine de combats dont l’un mythique contre son compatriote Gustave Humery, mis KO en moins d’une minute et plongé dans le coma durant presque deux jours. Une nouvelle fois disqualifié pour un coup bas sur Victor Buttin, le puncheur Pied-noir rectifie le tir au cours du combat suivant lors de la finale des championnats d’Europe qui l’oppose à l’Espagnol Jose Ferrer.

Rendu furieux par la croix gammée brodée sur le peignoir de son opposant, Cerdan – qui n’a jamais caché ses sympathies pour une France libre – se jette sur Ferrer comme un mort de faim dés le premier round. Asphyxié par le déluge de coups du Français, l’Espagnol embrasse le sol à cinq reprises avant de jeter l’éponge alors qu’il n’avait jamais subi de knock-down. Plus qu’une simple victoire sportive, le triomphe du boxeur français vient redonner du baume au cœur à une nation plus que jamais empêtrée dans une guerre interminable. Quelques mois après son sacre, il épouse Marinette Lopez, avec qui il aura trois enfants puis ferme la parenthèse de la guerre en s’adjugeant par deux fois de suite le tournoi Interalliées, disputé contre ses semblables américains, bien incapables de résister à la fougue du nouveau chouchou des Français(e)s.

À la conquête de l’Amérique

Passé dans la catégorie supérieure, Cerdan s’empare du titre de champion de France des poids Moyens en terrassant le cador de la catégorie : Assane Diouf. KO à la 3e reprise, boum ! Après la conservation de son titre contre le rugueux Edouard Tenet et quelques victoires expéditives, il rejoint les Etats-Unis et dispute son premier combat sur le sol américain au Madison Square Garden de New-York contre Georgie Abrams. Fatigué et sans doute crispé par l’évènement, le Français livre un duel bien en dessous de ses capacités, mais arrache néanmoins la victoire par décision unanime. Plus qu’un duel, il y gagne le respect des Américains et un surnom « The B52 », un bombardier américain, en référence à son style explosif. De retour sur le vieux continent, il décroche la ceinture européenne en battant le Belge Léon Fouquet, deux minutes seulement après le début de leur rencontre puis s’envole de nouveau pour l’Amérique le temps de deux affrontements victorieux contre Harold Green et l’Estonien Anton Raadik, deux boxeurs parmi les meilleurs du circuit.

Arrive l’année 1948, celle qui marque le début de sa relation amoureuse avec la célèbre chanteuse Edith Piaf. Mais, c’est également sa saison la plus prolifique en terme de conquêtes sportives. De nouveau champion d’Europe après sa victoire contre l’Italien Manca et face au Français Walzack, il perd sa ceinture à la surprise générale contre le Belge Cyrille Dellanoit avant de reconquérir celle-ci aux dépens du même boxeur un mois et demi plus tard. La revanche est un plat qui se mange froid.

Marcel Cerdan

Marcel Cerdan s’attaque ensuite à une légende de la boxe mondiale :Tony Zale. Du punch, de la rapidité, une excellente garde et un style spectaculaire (67 victoires dont 45 par KO, pour 17 défaites et 2 nuls) ont propulsé son opposant parmi les pugilistes les plus en vues des années 40.Trois fois champion du monde durant cette décennie, « l’homme d’acier » part donc largement favoris au moment de défendre son titre face au Frenchy. Et pourtant. Devant près de 20 000 spectateurs tous acquis à la cause du natif de l’Indiana, l’affrontement tourne malgré tout à l’avantage de notre représentant, qui d’un solide crochet du gauche à la fin du 11e round, met un terme à la mainmise qu’exercent les pugilistes yankee sur cette catégorie depuis plus d’un demi-siècle. Mais également à la carrière de Tony Zale, trop marqué par cette défaite pour remonter sur un ring par la suite.

Accueilli par des dizaines de milliers de Parisiens et reçu par le chef d’État, Vincent Auriol, lors de son retour au pays, le nouveau champion du monde des poids moyens a également l’honneur de rallumer la flamme du soldat inconnu à l’arc de triomphe. Par son succès, il redonne le sourire à tout un pays encore marqué par un conflit ou plus de 600 000 de ses fils tombèrent. Sa plus belle victoire, assurément. « J’étais KO debout. Paris, par son accueil m’avait porté le plus fort des coups. Un coup au cœur. Un coup que je sentirai longtemps. Toute ma vie. »

La chute

Nous sommes le 16 juin 1949, Marcel Cerdan va défendre son titre face à Jake LaMotta au Briggs Stadium de Detroit. Son opposant ? Un dur, un vrai, qui a appris le métier en maison de correction, et, dont aucun adversaire – y compris le terrible Sugar Ray Robinson – n’a réussi à le mettre KO depuis son arrivée dans le circuit. En passant un accord avec la mafia, omniprésente dans le milieu de la boxe à cette époque, « Le taureau du Bronx » s’est offert le droit de réaliser son rêve : disputer un titre mondial.

Dès l’entame du combat, l’Italo-Américain met une énorme pression sur le Français, qui résiste tant bien que mal aux fulgurants enchaînements du challenger. Sur une attaque de La Motta, le Français glisse et se blesse à l’épaule gauche. La messe est dite. Malgré la douleur, le champion serre les dents 10 rounds, puis abdique sous la pression de son staff et devant le risque trop élevé d’aggraver sa blessure. Battu, il n’en reste pas moins déterminé à reconquérir SA ceinture le plus rapidement possible.

D’abord prévue le 28 septembre, la revanche est repoussée au 2 décembre 1949 à la suite d’une blessure à l’épaule de l’Américain. Pressé par sa chère et tendre de la rejoindre à New-York, où elle se trouve en tournée, Marcel Cerdan remplace son voyage initialement prévu en bateau par l’avion. La conséquence de son acte lui sera fatale. Dans la nuit du 27 au 28 octobre, l’avion dans lequel il avait pris place avec son manager Jo Langman ainsi qu’avec 47 autres passagers s’écrase dans l’archipel des Açores, au large du Portugal. Il n’y a aucun survivant.

En métropole, à Casablanca où il était adulé parmi toutes les communautés, mais également de l’autre côté de l’Atlantique où il était devenu roi un an auparavant en battant Tony Zale, tout le monde pleure ce champion au grand cœur, aimé et respecté de tous. Parti à l’âge de 33 ans, le plus grand boxeur Français de tous les temps n’avait pas seulement remporter 119 combats sur les 123 disputés, il avait su redonner confiance et joie à une Nation à travers son courage et sa force.

Marcel Cerdan était un héros. Notre héros. À quand le prochain ?

Crédit photo à la UNE : Marcelcerdan.com

Lien annexe : Jake LaMotta

Matt Leduc / @Matt_Leduc_

Le boxeur Béninois Fatiou Fassinou défie le Burkinabé Alexis Kaboré le 27 Mars

 

IMG-20150213-WA0006Le boxeur burkinabè Alexis Kaboré dit « Yoyo », Champion du Monde super coq de la World Boxing Council (WBC) remet son titre en jeu le vendredi 27 mars 2015 prochain au Palais des sports de Ouagadougou. Il aura comme adversaire le béninois Fatiou Fassinou (22 victoires, 1 nul, 3 défaites) dans un combat qui s’annonce très difficile pour le pugiliste béninois, le boxeur burkinabé étant resté invaincu à ce jour devant son public.
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12 reprises de 3 minutes !!! C’est le temps dont dispose le Béninois Fatiou Fassinou alias « petit piment » pour détrôner son adversaire burkinabé Alexis Kaboré dit « Yoyo ». Mission difficile mais pas impossible pour le béninois, auréolés dune succession de 9 combats sans défaites (8 victoires, 1 nul). Mais attention au boxeur burkinabè Alexis Kaboré très technique, rapide, bonnes esquive et doté d’une grande puissance avec une carte de visite impressionnante  (24 victoires, 1 défaite).« C’est vrai, j’ai perdu aux points lors de notre dernière confrontation (défaite 112-115) mais je suis également le seul boxeur à l’avoir battu (victoire par KO au 2éme round, le 9 mai 2004) depuis son arrivée dans le circuit professionnel. J’ai attaqué ma préparation avec rigueur et discipline pour être prêt le jour du combat » a quand même averti le Béninois visiblement prêt et qui pense faire le déplacement de Ouagadougou en conquête. Mais Son expérience du haut niveau et des combats à enjeu suffira t’elle à perturber le droitier Ouagalais, en pleine confiance, après sa victoire le vendredi 5 septembre 2014 dernier sur le Philippin Sylvester Lopez Berador, champion du monde mi-mouche (victoire aux points par décision unanime) ?

Réponse le 27 mars à la maison du peuple de Ouagadougou.

@Matt_Leduc_

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