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Boxe

Ceintures mondiales, fanfare et cocaïne, bienvenue dans le monde magique de Ricky Hatton !

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Terre de prédilection des joueurs de fléchettes, des fausses blondes à grosse poitrine et des meilleurs clubs de football du pays, le Nord de l’Angleterre est également la terre de boxeurs parmi les plus doués de la Perfide Albion : Prince Naseem Hamed, Amir Khan, David Price ou encore… Ricky Hatton. Détenteur des ceintures IBF et WBA des super-légers, ce dernier n’a pas hésité à défier les plus grands de sa catégorie. Et avec Floyd Mayweather, Manny Pacquiaio et autres Kostya Tszyu, l’Anglais eu de quoi faire.

 

Aucun fan de boxe n’a pu l’oublier. Accessoirement, aucun de ses adversaires non plus. Car lorsqu’on mettait les gants à Ricky Hatton, une véritable marée humaine de fans emboîtait le pas du super-­léger. Et comme souvent lorsqu’une meute de représentants de sa gracieuse Majesté débarquent, la température peut rapidement grimper de quelques degrés voire s’avérer carrément irrespirable : hymne américain hué lors du duel contre Floyd Mayweather, nombreuses conférences de presse d’avant-match perturbées, ambiance de stade de foot lors de ses combats au Royaume Uni et à l’étranger… Vous l’aurez compris : rarement boxeur n’a réussi à déclencher autant de ferveur et d’enthousiasme que le « Hitman ». Les raisons d’une telle popularité sont nombreuses. Humble, doué et enraciné, le droitier avait tout pour succéder dans les coeurs aux Frank Bruno, Lennox Lewis et autres stars made in England.

Pourtant, il aurait été difficile de prédire une telle destinée au gamin de Stockport, une ville située à 5 km de Manchester. Hatton est avant tout un grand fan de foot, un véritable acharné du club de Manchester City. Dans l’ombre d’United, les Citizens du début des années 80 est bien loin du niveau qui est le sien actuellement. Abonné au ventre mou du classement, il n’en reste pas moins un club très apprécié des « vrais Mancuniens ». Et lorsqu’on a l’honneur d’avoir un grand­-père et un père qui ont porté le maillot Skyblue, hors de question d’aller encourager les Red Devils.

A dix ans, Hatton effectue même un essai dans le club de son cœur. Éconduit, il se tourne alors vers la boxe et embarque son petit frère Matthew avec lui à la salle d’entraînement.

DE LA BRUME DE MANCHESTER AU SOLEIL DE LAS VEGAS

 

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Médaillé de bronze aux championnats du monde junior de Cuba en 1996, l’Anglais se construit ensuite une belle carrière professionnelle en remportant et conservant la ceinture WBU à 16 reprises. Son style plait, sa cote grimpe et le public ne manque pas de répondre présent pour encourager « Le Mexicain de Manchester », un surnom dont il a hérité après ses trois duels disputés aux Etats­-Unis.

Toujours invaincu après 38 affrontements, il part à la conquête de la ceinture IBF détenue par Kostya Tszyu. Premier boxeur à avoir unifié les ceintures WBC, WBA et IBF chez les super-légers depuis 30 ans, l’Australien d’origine russe croit poser ses valises à Manchester en terrain conquis. Grossière erreur.

Poussé par les 22 000 spectateurs de la MEN Arena, Ricky Hatton livre le combat de sa vie : « mon combat contre Tszyu a été mon Everest. Et jamais, même pour affronter Mayweather deux ans plus tard, je n’ai eu autant d’envie. Kostya Tszyu été reconnu comme le boxeur numéro 1 de la catégorie. Oscar De La Hoya disait de lui que c’était une machine à knock out, et c’était vrai. C’était un incroyable puncheur qui tapait pour mettre hors d’état de nuire. C’était son style ». Équilibré et âpre, le combat trouve son dénouement lors de la 11e et avant-dernière reprise, lorsque les terribles enchaînements du Britannique poussent l’Australien à l’abandon : « ce fut indiscutablement la meilleure soirée boxe de Manchester. Les supporters m’aimaient déjà avant mais, à la suite de ce combat, ils ont réalisé que je pouvais aller en Amérique pour combattre les meilleurs ».

Six mois plus tard, Hatton réunifie les ceintures WBA et IBF en disposant du Colombien Carlos Maussa en 9 rounds. Élu combattant de l’année 2005 par The Ring Magazine, il prend sans plus tarder la direction des Etats-­Unis. Passé chez les welters, il s’empare de la ceinture WBA en battant Luis Collazo aux points puis redescend en super-­légers où il glane de nouveau la ceinture IBF après un succès aux dépens de Juan Urango. Le 8 décembre 2007, environ 30.000 fans Britanniques envahissent Las Vegas pour assister au duel estampillé « Undefeated » entre leur idole et Floyd Mayweather Jr. Comme à son habitude, l’Anglais pénètre dans le ring avec son short bleu turquoise (les couleurs de Manchester City) accompagné du célèbre chant « There’s only one Ricky Hatton » beuglé par les 5 groupes de supporters que compte le boxeur. Rien que ça.

Face au meilleur poids welter du monde, Hitman propose une opposition de grande qualité. Sérieusement perturbé en début de rencontre, « Money » prend néanmoins le contrôle du match à la mi­-combat. Forcé de prendre des risques, Hatton baisse sa garde et encaisse un lourd crochet du gauche à la tempe dans le 10e round. L’arbitre Joe Cortez stoppe la rencontre. Hatton s’incline mais gagne le respect de son opposant : « Ricky Hatton est probablement l’un des meilleurs boxeurs que j’ai combattu. Je l’ai frappé durement, mais il n’a rien lâché et je comprends pourquoi on l’appelle « Hitman » (Hitman signifie Le Tueur) ».

DEFAITE ET DEPRESSION

Requinqué par deux victoires contre Lazcano et Malignaggi, l’Anglais s’attaque ensuite au Phillipin Manny Pacquiaio. Au contraire de son opposition face à Mayweather, le duel entre le Mancunien et le Philippin s’avère beaucoup plus expéditif. Envoyé au tapis à trois reprises lors des deux premiers rounds, Hatton s’incline et repart du Nevada la tête basse. L’après- combat est rude. Secoué, Hitman plonge dans une dépression sans fin, comme il le révèle dans son autobiographie : « je pleurais chaque jour. Je voulais mourir. Après ma défaite face à Pacquiao, j’ai consommé de la cocaïne dans l’espoir qu’elle me fasse aller mieux, j’étais vraiment au fond du trou ».

Après trois ans sans combattre, il tente un retour face à l’Ukrainien Vyacheslav Senchenko à la MEN Arena, lieu de ses précédents exploits. Mais la flamme est belle et bien éteinte. Mis KO lors du 9e round, Hatton raccroche les gants avec un palmarès de 45 victoires et 3 défaites. Un an après, c’est au tour de son frère Matthew de mettre un terme à sa carrière. Régulièrement programmé en sous-carte de son grand frère, il est également auteur d’une carrière remarquable avec un bilan de 43 victoires 7 défaites et 2 nuls.

Depuis 2009, le « Hitman » a mis sur pied la « Hatton Academy » pour contribuer au développement des talents britanniques. Ses programmes d’entraînement et de formation sont les seuls à être validés par le Register of Exercises Professionals, organe de santé indépendant créé en 2002, ainsi que par le British Boxing Board of Control. Petit à petit, le boxeur de Manchester remet sa vie à l’endroit. Preuve que sa popularité reste intacte, il a publié un livre sur ses heures glorieuses, notamment celles vécues à Las Vegas, ouvrage actuellement classé 5e des meilleures ventes en Grande-Bretagne. Après de longs moments d’errance, Ricky Hatton poursuit sa quête de rédemption. Une vraie vie de boxeur !

 

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MATT LEDUC

@Matt_Leduc_

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