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Boxe

Frank Haroche Horta, touché mais jamais coulé

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Ils sont jeunes, ambitieux et ont fait de la boxe leur métier. Loin des strass et des paillettes, ils représentent, chacun dans leur catégorie, le renouveau de la boxe tricolore. Sans langue de bois ni retenue, ils ont décidé de revenir sur leur parcours et de nous livrer leur point de vue sur la scène nationale, leurs défis à venir, mais aussi sur la précarité de leur statut. 

Samedi à Reims, Frank Haroche Horta tentera de s’emparer de la ceinture de champion de France des super­welters, actuellement détenue par le Parisien Zakaria Attou: « c’est un pote. Je le respecte mais le jour du combat il n’y aura pas de cadeaux ». Ultime défi d’une carrière professionnel commencé il y a plus de neuf ans ?  » Non, je me donne encore une année voire un peu plus. Malgré mes 34 ans, je suis encore frais. Je n’ai subi que deux KO durant toute ma carrière ».

« Frank ? Ce n’est pas le plus doué, ce n’est pas le plus gros puncheur, ce n’est pas celui qui a les plus grandes qualités pugilistiques. Mais sur le plan mental, c’est du béton »: le constat dressé par Christian Delcourt est sans ambiguïté. En observant le pedigree du « Gone », on pourrait néanmoins trouver la description faite par le « monsieur boxe » des grandes soirées du Canal + d’antan, un tantinet réducteur. Vainqueur du tournoi de France en 2007, champion de France des welters à trois reprises et détenteur de la ceinture IBF international des super-­welters en 2008, l’éternel outsider Rhône-­Alpin a pourtant bousculé le haut du panier à de nombreuses reprises.

Sorti victorieux à 35 reprises de ses 54 confrontations qui l’ont mené du Burkina Faso à l’Allemagne en passant par l’Algérie ou l’Italie, Frank tient également à nuancer les 5 nuls et les 14 défaites recensés depuis le début de sa carrière professionnelle : « c’est à se demander ce que j’ai fait ! Objectivement, je n’ai rien à dire sur six des défaites reconnues. Mais sur certains combats, je m’estime carrément lésé ». Au vu de ses défaites contre l’Irlandais Andy Lee, face à Louis Mimoune et des scores de parités obtenus lors de ses finales du championnat de France disputées contre Stanislas Salmon, on ne saurait lui trouver tort.

« Touché mais pas coulé » comme aime à le répéter le Lyonnais dont l’adolescence fût également une succession d’événements douloureux. « C’est vrai, j’ai grandi en banlieue et mal vécu le divorce de mes parents ainsi que les déménagements. J’avais aussi tendance à faire quelques conneries. Mais le sport et la boxe plus particulièrement ont été ma bouée de sauvetage, au même titre que la pratique de l’islam, le travail et la famille ».

Son parcours est étonnant. Peu emballé par la boxe éducative qu’il pratique l’année de ses dix printemps à Villeurbanne et tétanisé par la peur une fois les gants chaussés à quinze ans, c’est lors de sa troisième tentative quelques années plus tard qu’il tombe littéralement accro à l’Anglaise.

Peu en vue chez les amateurs avec un ratio avoisinant les 50% de combats remportés, il effectue un début intéressant chez les rémunérés, épaulé par Karim Harzouz, dont la fidélité à « F2H » se conjugue encore au présent. S’appuyant sur une condition physique digne d’un marathonien, le gaucher voit la majorité de ses affrontements se terminer à l’appréciation des juges ­avec les risques que cela comporte, comme vu précédemment­. Souvent victorieux, quelques fois malheureux, le style du Lyonnais se caractérise également par une facilité déconcertante à trouver la faille avec son uppercut, ainsi qu’une grande résistance aux coups. Kaboré, Byrne, Belhadja, Bonsu et d’autres grands espoirs de la boxe pourraient confirmer.

Marqué par le nombre excessif de verdicts en sa défaveur, ­dont le dernier en date remonte à deux semaines en Suède face à Kalinovic­, il porte un regard en demi-­teinte sur sa carrière, malgré toutes les joies connues dans le ring. Egalement convaincu qu’avec davantage de moyens lui et ses semblables hexagonaux parviendraient à de plus grandes performances, il apprécie en revanche l’intérêt que lui ont porté certaine marques telle qu’Unkut, Montana et Performance Sport Nutrition : « c’est très important pour un boxeur car nous n’avons malheureusement de professionnels que le nom. Sans eux, ce serait encore plus difficile ».

Difficile, cela le sera sûrement aussi pour Zakaria Attou qui devra contenir la fougue d’un boxeur plus que jamais déterminé à ne pas faire de détails et ne pas dépendre du verdict final. Parole !

Matt Leduc

 

La rencontre entre Frank Haroche Horta et Zakaria Attou se déroulera au complexe René Thys de Reims avec, en sous-carte, un combat qui opposera la Française Anne­-Sophie Da Costa à la Mexicaine Susana Cruz Perez. Venez soutenir nos boxeurs !

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