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Boxe

Myriam « Fire » Dellal, qui s’y frotte s’y brûle

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Ils sont jeunes, ambitieux et ont fait de la boxe leur métier. Loin des strass et des paillettes, ils représentent, chacun dans leur catégorie, le renouveau de la boxe tricolore. Sans langue de bois ni retenue, ils ont décidé de revenir sur leur parcours et de nous livrer leur point de vue sur la scène nationale, leurs défis à venir, mais aussi sur la précarité de leur statut.

La boxe n’est pas un sport exclusivement masculin. La preuve, Myriam Dellal la pratique avec passion et talent depuis une dizaine d’années. À quelques jours de sa confrontation face à l’Espagnole Loli Munoz, la détentrice de la ceinture internationale WBC a gentiment accepté de se prêter au jeu des questions-réponses. Rencontre avec la plus déterminée des boxeuses tricolores.

Pour faire de la boxe, il en faut. Ça tombe bien, Myriam en a. Du courage, de l’audace et de la volonté, la jeune femme n’en a d’ailleurs jamais manqué. Comme ce jour, où à 25 ans à la suite d’une déception amoureuse, elle préfère alors franchir les portes d’une salle de boxe afin d’y évacuer sa colère plutôt que de ruminer son chagrin dans la solitude. Doux euphémisme de dire qu’elle y a pris goût, car seulement un an après avoir enfilé sa première paire de gants, l’Auvergnate intègre… l’équipe de France. « C’est vrai, ça a été plutôt rapide. Mais j’en voulais, et ma maturité a fait le reste. » Tant mieux. L’hyperactive n’aime pas attendre. Avec son mental de guerrière, elle brûle les étapes et se fait rapidement un nom dans la catégorie des superplumes : championne de la région Auvergne, championne de France 2006 et 2007, médaillée de bronze au championnat de l’Union Européenne et au Championnat d’Europe. Rien ne semble arrêter l’athlète d’origine kabyle. Pas même les quelques défaites injustes subies chez les amateurs. « Malheureusement, c’est aussi cela la boxe. Certaines fois, ça en devient presque marrant d’être déclarée perdante avec le visage intact alors que ton adversaire a le visage marqué de toute part. Le tout est de ne pas lâcher le morceau. » Alors, Myriam s’accroche et redouble d’efforts.

En novembre 2008, elle signe son entrée chez les professionnelles par une victoire aux points contre Daniela David. En confiance, elle enchaîne par deux victoires avec la manière avant de connaitre un passage à vide marqué par un nul et deux défaites. Lors de son septième combat, la droitière croit définitivement lancer sa carrière en remportant le Championnat de France des super plumes face à l’invaincue Julie Robert. Mais malheureusement, deux petites semaines après son sacre, elle n’obtient pas mieux qu’un nul contre la modeste Roumaine Floarea Lihet. Et puisqu’un malheur n’arrive jamais seul, elle est contrainte d’abandonner sa ceinture lors de sa première défense contre la même Julie Robert lors du combat suivant.

« L’énergumène » — comme ses proches la surnomment à cause de son imprévisibilité — s’exile alors à Grenoble. « Pas la meilleure décision de ma vie. Je n’ai pas l’impression d’avoir progressé et je n’ai quasiment jamais combattue. Le feeling ne passait pas avec le coach. » Pas grave, il passera avec l’ancien champion du monde des poids super-coqs WBA, Salim Medjkoune, entraineur au Stade Clermontois. À ses côtés, elle retrouve la confiance et le goût du challenge. Championne de France des super-légères après avoir mis KO Johanne Cavarec lors de la quatrième reprise, « Mimi » s’empare également de la ceinture internationale WBC à la suite de la rencontre l’opposant à l’Italienne Anita Torti. « Ce fut le combat le plus abouti de ma carrière. Voir le public d’Aulnay-sous-Bois se lever dès la fin de la rencontre restera un souvenir formidable. »

Une joie que la jeune femme souhaite à nouveau connaître, le 15 novembre au zénith de Limoges pour la première défense de sa ceinture. « En face il y aura du lourd, Munoz est une boxeuse avec beaucoup d’expérience qui aime mettre du rythme. » Qu’importe, elle répondra présente. « Je vais tout donner. J’ai préparé ce combat à l’aide de mon entraineur qui est quelqu’un de super puis j’ai téléphoné à Myriam Lamare qui connaît bien ma future adversaire pour l’avoir battue l’an dernier. »

Prochaine étape d’une carrière qui pourrait malheureusement prendre fin dans trois ans, faute de financement. L’intérimaire de 35 ans va également tenter de conquérir la ceinture EBU contre la Suissesse Nicole Boss le mois prochain à Berne.

On vous le disait, la championne n’aime pas attendre…

Matt Leduc

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