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Boxe

Omar va boxer

Lamiri

Ils sont jeunes, ambitieux et ont fait de la boxe leur métier. Loin des strass et des paillettes, ils représentent, chacun dans leur catégorie, le renouveau de la boxe tricolore. Sans langue de bois ni retenue, ils ont décidé de revenir sur leur parcours et de nous livrer leur point de vue sur la scène nationale, leurs défis à venir mais aussi sur la précarité de leur statut.

Un mois après avoir recueilli les propos de Patrick Bois Jr, Outsider ­Mag est allé à la rencontre d’Omar Lamiri. À quelques jours de la première défense de sa ceinture de l’Union Européenne qui aura lieu à Hénin-­Beaumont contre Hassan Azaouagh, le poids coq Rhôna­lpin a eu la gentillesse de nous accorder quelques minutes pour revenir sur le début de sa prometteuse carrière et la suite qu’il entend lui donner.

Ne vous fiez pas à son petit mètre soixante-­dix et à ses cinquante-trois kilos cinq cents grammes, car le pugiliste licencié au Club Villeurbannais pourrait bien s’inscrire parmi les plus grands boxeurs tricolores. Champion de France cadet, junior, finaliste volé selon les propres aveux de son adversaire ­Vincent Legrand­ lors de la finale du tournoi de France senior, l’actuel détenteur de la ceinture Union Européenne n’entend pas stopper son ascension vers les sommets en si bon chemin. Son objectif ? « Disputer le titre européen EBU, mais chaque chose en son temps ».

Pas du genre à sauter les étapes, Omar prépare son combat contre Hassan Azaouagh en toute sérénité : « Je ne crains rien de mon adversaire… Il frappe… De toute manière, la clé du combat sera de boxer comme je sais le faire. » Bien qu’il nous ait avoué mettre les bouchées doubles et être impatient d’arriver au Jour J, il n’a pas changé ses habitudes pour ses retrouvailles avec un boxeur qu’il a déjà dominé l’an dernier à la maison des sports de Villeurbanne (victoire aux points par décision majoritaire 97­-93 97­-93 95-­95).

Le spectacle ? Pas son truc. En revanche pour ce qui est de l’efficacité, le jeune Lamiri en a à revendre : 12 victoires dont 4 par KO pour une seule petite défaite depuis son passage chez les professionnels. Discret, il a su saisir sa chance lorsqu’on lui a enfin délivré le précieux sésame pour exercer ses talents : « Au début c’était difficile, car les promoteurs avaient pour habitude de privilégier les anciens boxeurs plutôt que les jeunes comme moi. Mais grâce à mon entraîneur Fayçal Omrani, je me suis fait ma place chez les coqs ». Et quelle place ! Après des débuts en trombe contre des adversaires qu’il n’a pas eu de mal à dominer, il s’est ensuite rapproché des cadors comme en témoigne son récent succès contre le talentueux Anthony Settoul. Jugeant bénéfique pour « sa propre progression, mais également pour la scène nationale le nombre de boxeurs de qualité évoluant en catégorie coqs », il fustige en revanche l’impatience chez certains de ses semblables d’accéder à la célébrité. « Certains confondent boxe et télé­réalité. Avant d’être connu, il faut être un champion. » Lui assure ne pas courir après la notoriété, mais seulement vouloir faire la fierté de son meilleur ami, conseiller dans la vie et dans la boxe : son père. « Il a tellement galéré que mon vœu le plus cher c’est de lui faciliter la vie. » Joignant le geste à la parole, Omar remit à son paternel le chèque de 600 euros qu’il a reçu de la part de la FFB suite à sa médaille d’argent obtenue lors de son premier tournoi international en Irlande en 2006. Émouvant. Comme lorsqu’il vit la fierté dans les yeux de son géniteur lors de l’obtention de son premier trophée chez les cadets qui à ce jour reste son plus beau souvenir de pugiliste.

Les autres, justement, le droitier de Villeurbanne ne peut s’empêcher de les associer à ses succès et aux joies que boxer lui procure. Avec reconnaissance, il évoque ses frères Wissem, champion de France et Amine, ancien résident de l’INSEP lui aussi champion d’Europe, puis Jacques Dufreney et Frederic Pigeolet en passant par Patrick Malaizee et Hussein Bayram. Il insiste sur l’importance que ses différents coachs ont eue sur sa carrière. À croire que le jeune poids coq ne se trouve pas seul dans le ring.

S’il fait preuve de générosité dans la vie, n’allez pas pour autant croire qu’il l’est autant avec ses adversaires une fois les gants chaussés. Afin d’être au top, le Grenoblois de naissance a mis son emploi de conseiller clientèle en banque entre parenthèses : « Je ne boxerai pas toute ma vie, alors à l’heure actuelle je me concentre uniquement sur ma carrière de boxeur. »

Pour notre plus grand plaisir. Mais pas sûr que ses futurs opposants partagent notre avis !

 

Matt Leduc

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