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Interview – Patrick Bois JR, le Spartiate des temps moderne

– Salut Pat JR, peut tu te présenter stp ?
Je pratique ce sport depuis mon plus jeune âge. Après une courte carrière amateur, je suis passé professionnel en 2011. Je suis issu d’une famille de boxeurs dont la figure de proue fût mon oncle Gérald, sélectionné en équipe de France amateur et qui a malheureusement échoué en janvier 1978 dans sa quête du titre de champion de France des mi-lourds contre Robert Amaury.
– Fin 2015 tu quitte les Ardennes et l’entraîneur Hamid Zaim, pourtant à tes côtés depuis ton passage chez les pros en 2011, pour rejoindre Villeurbanne (69) et l’excellent Faycal Omrani. Qu’est ce qui a guidé ton choix ?
J’ai effectivement quitté les Ardennes fin septembre 2015 pour m’installer à Lyon et ainsi rejoindre Faycal Omrani à Villeurbanne. Les premiers contacts ont eu lieu en août entre Frederic Barbin, mon conseiller basé en région Lyonnaise, et Faycal. Nous sommes ensuite rapidement tombés d’accord tant sur le projet sportif que d’une manière générale. Je tiens aussi à préciser que je n’avais pas de problèmes particulier avec Hamid Zaim, mais simplement que nous n’étions plus tout à fait d’accord sur notre façon de voir les choses. Par ailleurs, pour un certains nombre d’autres raisons extra sportives, j’ai senti que le temps était venu pour moi de changer d’air et de m’éloigner de ma région d’origine.
– Tu viens de décliner une proposition pour aller combattre en Australie à cause d’une prime que tu jugeais insuffisante. Néanmoins, tu a la preuve qu’on s’intéresse à toi même à l’autre bout du monde. A l’image d’autres Français, as-tu déjà penser à t’exiler aux Etats-Unis pour véritablement mettre toutes les chances de ton côté ?
Il est beaucoup trop prématuré de parler des Etats-Unis. Comme je le disais précédemment, je me suis engagé avec F.Omrani pour, je l’espère vivement en tout cas, une longue période. Et je me sens parfaitement bien avec lui et tout son staff. Je me suis senti immédiatement intégré comme si je faisais parti de l’équipe depuis plusieurs années. Nous avons un vrai projet à court et moyen terme, projet qui dois me permettre d’atteindre les objectifs fixés. Nous formons une vraie équipe, Faycal, Frédéric et moi-même, équipe à laquelle Samuel Florimond s’adjoindra ponctuellement pour me préparer lui aussi dès que j’aurais de nouvelles propositions de combats.
– Malgré ton jeune âge (24 ans), tu n’a jamais hésité à te frotter aux cadors de la catégorie (Mohammedi, Anouche, Kasperski…) sans toute fois toujours tirer ton épingle du jeu (14V, 4D, 1N). Peut on dire que tu n’a pas envie de perdre ton temps ?
J’ai dit que je voulais toujours me frotter aux meilleurs afin d’être fixé sur mon réel niveau, qui est encore loin d’avoir atteint ses limites. Je n’ai surtout pas envie d’avoir une carrière « arrangée ». Et effectivement, seuls les défis de grande envergure, ou à priori compliqués, me transcendent. C’est dans ma nature profonde que de toujours vouloir me surpasser et être meilleur que le meilleur.
 
– Triple champion de France, tu a également remporté la ceinture WBF International en 2013 dans la catégorie des mi-lourds. Quels sont désormais tes objectifs ?
Pour l’instant je ne peux pas en dire plus car nous sommes sur de gros projets qui sont en train de se finaliser. Mais il est claire que vous allez bientôt entendre parler de moi et croyez bien que mon ambition est décuplée depuis que j’ai rejoint la région lyonnaise et Faycal Omrani.
 
– A propos, on ne t’a pas vu sur un ring depuis Juin 2015 (défaite contre H.Kasperski à Clermont), quand aura t’on l’occasion de te revoir ?
Comme je le disais précédemment, cela ne saurait tarder et mon retour est imminent. Mais je ne peux rien dévoiler de plus à ce jour. Soyez encore un peu patients et vous serez rapidement fixés.
 
– Le 7 Décembre 2014, tu dispose de Damien Rétif en 8 rounds et conserve ainsi ta ceinture de champion de France des mi-lourds. Après le combat, tu effectue ta demande en mariage à ta compagne Morgane (dont la réponse fût OUI ! :-), offrant ainsi aux spectateurs un véritable spectacle. Est ce important pour toi de donner du plaisir aux spectateurs ?
Bien sûr que c’est fondamental pour moi de donner du plaisir aux spectateurs car ils paient pour voir du spectacle et ne serait-ce que de mon point de vue je me sens redevable  vis-à-vis de mes fidèles suiveurs. Je ne veux surtout jamais les décevoir et c’est aussi une des raisons qui me pousse à travailler d’arrache-pied pour être chaque jour meilleur.
 
– Lors de ton arrivée chez les rémunérés tu portais le nom de ton oncle « Yannick » sur ton short. Désormais tu porte celui de ton fils « Yannis ». Nul doute que la famille revêt une importance capitale pour toi. Outre la famille, tu semble porté un amour inconditionnel à ta patrie. En quoi cela est il important de montrer ton attachement à ton pays une fois sur le ring ?
Ma future femme et mon fils sont les personnes les plus importantes pour moi. Leur bonheur passe avant tout. Il y a aussi certains autres membres de ma famille qui comptent énormément pour moi comme ma belle famille, mes beau parents Thierry et Françoise sont important pour moi. Ils ont toujours étais là quand j’avais besoin d’eux et ils me soutiennent constamment. Je les aime comme si c’étais mes parents. Ils font parti de notre équilibre à ma femme, mon fils et moi même.
Quant à l’attachement à ma patrie, oui c’est une évidence. Mais je ne veux surtout pas entrer un débat « politique », ou prodiguer des conseils à qui que ce soit. Tout ce qu je peux dire à ce sujet c’est que j’ai eu la chance de naître dans ce formidable pays qu’est la France et qui me permet chaque jour de jouir d’une chose essentielle : la liberté car c’est ce qu’il y a de plus important à mes yeux.
 
– Tu est jeune (il aura 25 ans le 15 Février), et nul doute que tu a encore une multitude d’épisodes à vivre dans la boxe. Mais à ce jour, quel est ton meilleur souvenir ? Et ton pire ?
Mon meilleur souvenir, c’est lorsque je suis allé chercher ma première ceinture de champion de France en Normandie contre Jonathan Profichet. J’ai en effet réussi plusieurs choses ce jour-là car beaucoup de monde ne donnait pas  cher de ma peau et cela m’a d’autant plus motivé. Et en cette soirée de mai 2013, j’ai battu un beau champion talentueux, humble et respectueux. Je tiens d’ailleurs à le saluer au travers de cette interview et je prendrais vraiment beaucoup de plaisir à le revoir un jour. De plus, je ramenais cette ceinture dans les Ardennes, ceinture qui avait échappé à mon oncle Gérald il y a bientôt 30 ans maintenant. Je n’avais aucune appréhension car j’étais sûr de moi et de mes qualités malgré mon jeune âge (22 ans à l’époque). Je me suis quelque part révélé à moi-même en gagnant ce titre en me disant que je pouvais vraiment avoir de très grandes ambitions désormais.
Mon pire souvenir reste ma défaite contre Mohammedi, mais cette défaite m’a fait grandir. Au travers de celle-ci, j’ai pris conscience du fait que rien n’est jamais acquis et qu’il ne faut surtout jamais sa relâcher. Malgré tous mes déboires les semaines précédant le combat sur lesquelles je ne veux surtout pas m’appesantir, je remercie le destin de m’avoir « infligé » cela car c’et dans cette période un peu troublée pour moi que jai eu l’immense bonheur de rencontrer Morgane, ma future femme, que j’épouserai le 11 juin prochain. Elle ma fait devenir un homme meilleur.
 
– Tu a la réputation de ne pas avoir ta langue dans la poche. A-tu un message à faire passer pour conclure cet interview ?
Le nouveau Patrick Bois, plus déterminé que jamais est bientôt de retour !
De mon point de vue, seule la victoire est belle mais elle ne peut être que le fruit d’un travail d’équipe, et certainement ps celui du hasard. Pour finir je tiens à remercier toute mon équipe et toutes celles et ceux qui continuent de croire en moi et qui n’ont jamais cessé de me suivre.
Je suis fier d’être Français et fier de mon pays !
Suivez l’actualité de Patrick Bois JR :  https://www.facebook.com/Patrick-BOIS-JR-Officiel-400121180140877/?fref=ts

Credit photos :

Christine Nyury

Pat Jr perso

Bon sang de Patrick Bois !

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Ils sont jeunes, ambitieux et ont fait de la boxe leur métier. Loin des strass et des paillettes, ils représentent, chacun dans leur catégorie, le renouveau de la boxe tricolore. Sans langue de bois ni retenue, ils ont décidé de revenir sur leur parcours et de nous livrer leur point de vue sur la scène nationale, leur défis à venir mais aussi sur la précarité de leur statut. 

Pour le premier volet de cette série, tribune libre est donnée au jeune Patrick Bois Jr, véritable showman, toujours aussi direct avec les mots qu’avec les poings. Ça tombe bien, on adore ça !

Comme à son habitude, c’est à plein poumon et la main sur le cœur que Patrick Bois Jr entonnera La Marseillaise, lors du protocole qui précédera son affrontement contre Hakim Zoulikha, le champion de France en titre des poids mi­-lourds : « par fierté d’appartenir à ce pays et pour me mettre directement dans ce combat, dont j’invite tous les amateurs de boxe à regarder (le combat sera diffusé sur Ma Chaîne Sport, NDLR). Croyez-moi, vous allez en prendre plein les yeux ! » Le guerrier des Ardennes n’y va pas par quatre chemins : ce qu’il veut c’est « récupérer la ceinture des mi-­lourds ». SA ceinture, celle qu’il avait arrachée à Jonathan Profichet en mai 2013 et aussitôt cédée à Nadjib Mohammedi lors de sa première défense, cinq mois après son acquisition. « Je vais gagner, je n’ai aucun doute là dessus ». Confiant, celui qui troque son costume de maçon pour enfiler celui de boxeur le soir venu nous a avoué s’être préparé comme jamais. Musculation, d’innombrables rounds avec différents sparring-partners, davantage de travail technique, mais aussi un gros travail mental. Patrick Jr est prêt. Sa seule crainte ? Décevoir le public de Vireux ­Wallerand, qui, une fois de plus, se rendra en masse pour encourager l’enfant du pays.

À seulement 23 ans, l’élève de Hamid Zaïm semble se trouver à un tournant décisif de sa jeune carrière (11 victoires, 3 défaites, 1 nul). Outre le prestige de se voir de nouveau auréolé de la plus haute distinction nationale, « Pat » souhaite prouver qu’il est le roi de sa catégorie. On l’aura vite compris, rien ni personne ne semble effrayer le blondinet au mental d’acier qui, une fois le titre en poche, se verrait bien partir laver l’affront de sa défaite controversée face à l’Allemand Koelling en juin dernier : « ceinture Européenne et pourquoi pas la ceinture mondiale WBC, après tout, lorsque la confiance est présente… », glisse le jeune boxeur, dont le caractère bien trempé ne lui vaut pas que des amis dans le milieu.

Il le jure, cette assurance au combat ne le quittera jamais. La raison ? Le décès de son oncle Yannick, dont le prénom figure sur son short depuis son arrivée chez les rémunérés. Sur sa tombe, il lui a promis de devenir boxeur professionnel. Il prendra des coups, bossera comme un forcené, ne se plaindra jamais des séances parfois à la limite de l’engagement que son paternel lui imposera, suera des litres, reviendra encore plus fort après l’échec dans le seul but de l’honorer.

Promesse tenue. A 20 ans il dispute et remporte son premier combat pro contre Lubo Hantak, chez lui à Bazeilles. Invaincu après six combats, il rencontre Yohann Carteret à Grenoble, en finale du tournoi de France. Première défaite : « un vol. Je méritais de gagner. On aurait pu faire annuler le combat à cause des insultes du public dès le premier round, mais je voulais boxer ».

Pas du genre à se lamenter sur son sort, le gamin des Ardennes s’en va défier Samy Annouche, pas réputé pour être l’adversaire le plus docile de sa catégorie. Match nul. Deuxième sortie sans victoire. Qu’à cela ne tienne, il met les bouchées doubles et renoue avec la victoire devant son public contre Sevcenko puis Velecky. Le 23 février 2013, il bat l’Ukrainien Demchenko par décision unanime et glane la ceinture WBF mondiale, « le plus beau souvenir de ma carrière ». Trois mois plus tard, il réussit là ou son oncle Gérald avait échoué et devient champion de France des mi-­lourds après avoir battu Jonathan Profichet, à seulement 22 ans.

Patrick-Bois-2

Le voilà dans la cour des grands. Sûr de lui, celui qui avoue « n’avoir peur de personne et être prêt à relever tous les défis qu’on lui proposera » s’attaque à un monument de la boxe tricolore : Nadjib Mohammedi. L’affiche, à priori déséquilibrée, entre le jeune Ardennais et l’expérimenté « Iron Djib » (32 victoires pour 3 défaites au moment de leur rencontre), de 6 ans son ainé, tient toutes ses promesses. Sans démériter, Patrick Bois Jr s’incline au terme de dix rounds de grande qualité. Il le sait, s’il souhaite s’inscrire parmi les meilleurs, « Pat », dont la marge de progression est encore énorme, devra se frotter au gratin de la catégorie. Ça tombe bien Enrico Koelling, boxeur Allemand invaincu, lui propose de venir se mesurer à lui avec la ceinture inter­continentale WBA, vacante pour enjeu.

Fidèle à ses principes, le futur papa d’un petit Yanice accepte le challenge sans sourciller : « un autre monde. Quand tu vois les moyens mis en œuvre pour un combat de boxe en Allemagne, tu te dis qu’on est vraiment à la traine chez nous ». Sa défaite aux points, « injuste » selon le principal intéressé, lui prouve qu’il est sur la bonne voie : « je savais que si je ne mettais pas mon adversaire au tapis, il me serait difficile d’être déclaré vainqueur. C’est aussi cela la boxe », dit-il sans déception ni regret, si ce n’est celui d’avoir le sentiment de ne pas pouvoir lutter à armes égales lorsqu’il s’en va faire monnayer ses talents hors de nos frontières. « Pour ce combat, je n’ai eu que deux semaines d’entrainements intensifs, mon adversaire, avait lui passé deux mois à Cuba. Comment voulez-vous lutter ? », interroge-t-il avant de dénoncer le peu de moyens dont bénéficient les pugilistes nationaux. « On boxe pour que dalle. À l’heure actuelle, il est impossible de vivre de la boxe chez nous, contrairement à certains pays limitrophes. C’est d’autant plus frustrant, car il y a des boxeurs de qualité en France ».

On ne saurait lui trouver tort, alors il enfonce le clou et souligne le manque de médiatisation d’une discipline pourtant fort appréciée du peuple français : « les diffusions TV, en plus de faire naître des vocations, apporteraient une manne financière incroyable. Malheureusement, à part l’arrivée d’un mécène qui injecterait de l’argent, rien à l’heure actuelle ne laisse penser que les choses vont s’améliorer. C’est très frustrant ».

Sous les feux des projecteurs ou à l’abri des regards, l’Ardennais entend bien poursuivre sa route vers des sommets, avec le rêve suprême d’aller un jour combattre à Guadalajara, au Mexique. Accordons lui notre confiance pour tout mettre en oeuvre afin de le réaliser. En attendant gare à ceux qui oseront se trouver sur sa route. Hakim Zoulikha est prévenu.

Matt Leduc

 

La rencontre entre Patrick Bois Jr et Hakim Zoulikha sera la tête d’affiche d’un gala de 6 combats professionnels, le vendredi 3 octobre à Vireux Wallerand (Ardennes, 08). Le combat sera diffusé sur Ma Chaîne Sport.

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