// archives

Boxing

This tag is associated with 8 posts

Interview – Patrick Bois JR, le Spartiate des temps moderne

– Salut Pat JR, peut tu te présenter stp ?
Je pratique ce sport depuis mon plus jeune âge. Après une courte carrière amateur, je suis passé professionnel en 2011. Je suis issu d’une famille de boxeurs dont la figure de proue fût mon oncle Gérald, sélectionné en équipe de France amateur et qui a malheureusement échoué en janvier 1978 dans sa quête du titre de champion de France des mi-lourds contre Robert Amaury.
– Fin 2015 tu quitte les Ardennes et l’entraîneur Hamid Zaim, pourtant à tes côtés depuis ton passage chez les pros en 2011, pour rejoindre Villeurbanne (69) et l’excellent Faycal Omrani. Qu’est ce qui a guidé ton choix ?
J’ai effectivement quitté les Ardennes fin septembre 2015 pour m’installer à Lyon et ainsi rejoindre Faycal Omrani à Villeurbanne. Les premiers contacts ont eu lieu en août entre Frederic Barbin, mon conseiller basé en région Lyonnaise, et Faycal. Nous sommes ensuite rapidement tombés d’accord tant sur le projet sportif que d’une manière générale. Je tiens aussi à préciser que je n’avais pas de problèmes particulier avec Hamid Zaim, mais simplement que nous n’étions plus tout à fait d’accord sur notre façon de voir les choses. Par ailleurs, pour un certains nombre d’autres raisons extra sportives, j’ai senti que le temps était venu pour moi de changer d’air et de m’éloigner de ma région d’origine.
– Tu viens de décliner une proposition pour aller combattre en Australie à cause d’une prime que tu jugeais insuffisante. Néanmoins, tu a la preuve qu’on s’intéresse à toi même à l’autre bout du monde. A l’image d’autres Français, as-tu déjà penser à t’exiler aux Etats-Unis pour véritablement mettre toutes les chances de ton côté ?
Il est beaucoup trop prématuré de parler des Etats-Unis. Comme je le disais précédemment, je me suis engagé avec F.Omrani pour, je l’espère vivement en tout cas, une longue période. Et je me sens parfaitement bien avec lui et tout son staff. Je me suis senti immédiatement intégré comme si je faisais parti de l’équipe depuis plusieurs années. Nous avons un vrai projet à court et moyen terme, projet qui dois me permettre d’atteindre les objectifs fixés. Nous formons une vraie équipe, Faycal, Frédéric et moi-même, équipe à laquelle Samuel Florimond s’adjoindra ponctuellement pour me préparer lui aussi dès que j’aurais de nouvelles propositions de combats.
– Malgré ton jeune âge (24 ans), tu n’a jamais hésité à te frotter aux cadors de la catégorie (Mohammedi, Anouche, Kasperski…) sans toute fois toujours tirer ton épingle du jeu (14V, 4D, 1N). Peut on dire que tu n’a pas envie de perdre ton temps ?
J’ai dit que je voulais toujours me frotter aux meilleurs afin d’être fixé sur mon réel niveau, qui est encore loin d’avoir atteint ses limites. Je n’ai surtout pas envie d’avoir une carrière « arrangée ». Et effectivement, seuls les défis de grande envergure, ou à priori compliqués, me transcendent. C’est dans ma nature profonde que de toujours vouloir me surpasser et être meilleur que le meilleur.
 
– Triple champion de France, tu a également remporté la ceinture WBF International en 2013 dans la catégorie des mi-lourds. Quels sont désormais tes objectifs ?
Pour l’instant je ne peux pas en dire plus car nous sommes sur de gros projets qui sont en train de se finaliser. Mais il est claire que vous allez bientôt entendre parler de moi et croyez bien que mon ambition est décuplée depuis que j’ai rejoint la région lyonnaise et Faycal Omrani.
 
– A propos, on ne t’a pas vu sur un ring depuis Juin 2015 (défaite contre H.Kasperski à Clermont), quand aura t’on l’occasion de te revoir ?
Comme je le disais précédemment, cela ne saurait tarder et mon retour est imminent. Mais je ne peux rien dévoiler de plus à ce jour. Soyez encore un peu patients et vous serez rapidement fixés.
 
– Le 7 Décembre 2014, tu dispose de Damien Rétif en 8 rounds et conserve ainsi ta ceinture de champion de France des mi-lourds. Après le combat, tu effectue ta demande en mariage à ta compagne Morgane (dont la réponse fût OUI ! :-), offrant ainsi aux spectateurs un véritable spectacle. Est ce important pour toi de donner du plaisir aux spectateurs ?
Bien sûr que c’est fondamental pour moi de donner du plaisir aux spectateurs car ils paient pour voir du spectacle et ne serait-ce que de mon point de vue je me sens redevable  vis-à-vis de mes fidèles suiveurs. Je ne veux surtout jamais les décevoir et c’est aussi une des raisons qui me pousse à travailler d’arrache-pied pour être chaque jour meilleur.
 
– Lors de ton arrivée chez les rémunérés tu portais le nom de ton oncle « Yannick » sur ton short. Désormais tu porte celui de ton fils « Yannis ». Nul doute que la famille revêt une importance capitale pour toi. Outre la famille, tu semble porté un amour inconditionnel à ta patrie. En quoi cela est il important de montrer ton attachement à ton pays une fois sur le ring ?
Ma future femme et mon fils sont les personnes les plus importantes pour moi. Leur bonheur passe avant tout. Il y a aussi certains autres membres de ma famille qui comptent énormément pour moi comme ma belle famille, mes beau parents Thierry et Françoise sont important pour moi. Ils ont toujours étais là quand j’avais besoin d’eux et ils me soutiennent constamment. Je les aime comme si c’étais mes parents. Ils font parti de notre équilibre à ma femme, mon fils et moi même.
Quant à l’attachement à ma patrie, oui c’est une évidence. Mais je ne veux surtout pas entrer un débat « politique », ou prodiguer des conseils à qui que ce soit. Tout ce qu je peux dire à ce sujet c’est que j’ai eu la chance de naître dans ce formidable pays qu’est la France et qui me permet chaque jour de jouir d’une chose essentielle : la liberté car c’est ce qu’il y a de plus important à mes yeux.
 
– Tu est jeune (il aura 25 ans le 15 Février), et nul doute que tu a encore une multitude d’épisodes à vivre dans la boxe. Mais à ce jour, quel est ton meilleur souvenir ? Et ton pire ?
Mon meilleur souvenir, c’est lorsque je suis allé chercher ma première ceinture de champion de France en Normandie contre Jonathan Profichet. J’ai en effet réussi plusieurs choses ce jour-là car beaucoup de monde ne donnait pas  cher de ma peau et cela m’a d’autant plus motivé. Et en cette soirée de mai 2013, j’ai battu un beau champion talentueux, humble et respectueux. Je tiens d’ailleurs à le saluer au travers de cette interview et je prendrais vraiment beaucoup de plaisir à le revoir un jour. De plus, je ramenais cette ceinture dans les Ardennes, ceinture qui avait échappé à mon oncle Gérald il y a bientôt 30 ans maintenant. Je n’avais aucune appréhension car j’étais sûr de moi et de mes qualités malgré mon jeune âge (22 ans à l’époque). Je me suis quelque part révélé à moi-même en gagnant ce titre en me disant que je pouvais vraiment avoir de très grandes ambitions désormais.
Mon pire souvenir reste ma défaite contre Mohammedi, mais cette défaite m’a fait grandir. Au travers de celle-ci, j’ai pris conscience du fait que rien n’est jamais acquis et qu’il ne faut surtout jamais sa relâcher. Malgré tous mes déboires les semaines précédant le combat sur lesquelles je ne veux surtout pas m’appesantir, je remercie le destin de m’avoir « infligé » cela car c’et dans cette période un peu troublée pour moi que jai eu l’immense bonheur de rencontrer Morgane, ma future femme, que j’épouserai le 11 juin prochain. Elle ma fait devenir un homme meilleur.
 
– Tu a la réputation de ne pas avoir ta langue dans la poche. A-tu un message à faire passer pour conclure cet interview ?
Le nouveau Patrick Bois, plus déterminé que jamais est bientôt de retour !
De mon point de vue, seule la victoire est belle mais elle ne peut être que le fruit d’un travail d’équipe, et certainement ps celui du hasard. Pour finir je tiens à remercier toute mon équipe et toutes celles et ceux qui continuent de croire en moi et qui n’ont jamais cessé de me suivre.
Je suis fier d’être Français et fier de mon pays !
Suivez l’actualité de Patrick Bois JR :  https://www.facebook.com/Patrick-BOIS-JR-Officiel-400121180140877/?fref=ts

Credit photos :

Christine Nyury

Pat Jr perso

Micky Ward, des trottoirs de Boston à la légende du noble art.

Qui a dit qu’il fallait être invaincu et avoir la taille bardée de ceintures pour être un héros ? Certainement pas un Bostonien. Dire qu’on a que faire des Floyd Mayweather, Deontay Wilder ou encore de Danny Garcia dans les rues de Charlestown ou de Boston South n’est pas un mensonge, c’est une réalité ! Ici, les gamins s’identifient à un boxeur nommé Micky Ward. Son palmarès ? 38 victoires et 13 défaites. Ses trophées ? Une toute petite ceinture WBU. En revanche, pour ce qui est du courage,  » Irish  » n’a pas eu son pareil durant les 15 années où il a écumé les rings du pays pour exercer son métier.

Pas vraiment un journeyman, pas franchement une tête d’affiche non plus. Micky Ward était avant tout un boxeur. Un à la gueule un peu abîmée, mais relativement épargnée lorsqu’on sait que le super-léger a trimbalé sa tignasse rouquine sur les rings américains 15 ans durant. Une décennie et demie qui a d’ailleurs forcé le respect des fans, mais aussi de l’ensemble des adversaires du natif de Lowell, petite ville située à proximité de Boston, connue pour accueillir la plus grosse communauté irlandaise du monde. Et les Irish adorent la boxe, en plus de la Guinness et de la musique folk.

Naturellement, le petit Micky se tourne vers le Noble Art. Parce que c’est inscrit dans son ADN de descendants d’insulaires peut-être ; pour imiter son demi-frère, le boxeur professionnel Dick Eklund, c’est certain ; mais également afin d’évacuer sa rage d’être régulièrement abusé sexuellement par un proche de la famille.

Du plomb dans les poings ou pétard mouillé ? 

Triple vainqueur des Golden Gloves de l’Etat de la Nouvelle-Angleterre chez les amateurs, le talentueux gaucher fait son entrée chez les professionnels en 1985, à l’âge de 20 ans. Auteur d’un 14­-0 durant ses deux premières années au plus haut niveau, « Irish » subit son premier revers contre Edwin Curet, boxeur aux 21 victoires, 7 défaites et 2 nuls. Accident de parcours ou défaite mettant en évidence les capacités d’un boxeur, certes généreux, mais limité ? Difficile de répondre tant Micky Ward va tout au long de sa carrière alterner le chaud et le froid.

Véritablement doué pour casser la distance afin d’aller à la baston, l’Américano-Irlandais offre aux spectateurs un véritable show lors de chacune de ses apparitions. Prêt à tout pour régaler ses nombreux fans, le cogneur à la croix celtique tatouée sur l’épaule gauche met même les gants face à des adversaires pesant 6 kg de plus que lui. Évidemment, les résultats ne sont pas toujours à la hauteur des espérances du principal concerné, mais même perdant, sa cote de popularité ne fléchit pas d’un pouce.

Bref, on l’aime bien ce petit Irish, mais pas au point de lui offrir une chance mondiale. Il faut dire qu’avec Julio César Chavez, Roger Mayweather ou encore Hector Camacho engagés dans la même catégorie, Micky Ward semble trop irrégulier pour aller se frotter aux ténors de la division. Programmé la plupart du temps dans les salles obscures du Nord-ouest des Etats-Unis, le gaucher balbutie alors sa boxe et met un terme à sa carrière en 1991, après deux années catastrophiques traduit par 4 défaites de suite contre des seconds couteaux :  « J‘ai eu trop de combats difficiles. J’avais perdu la motivation. C’était comme faire un métier qui ne me passionnait pas. »

Renaissance et reconnaissance 

Retour à Lowell, banlieue sinistrée de Boston où les fermetures de nombreuses usines ont poussé la jeunesse locale à la débauche. Et c’est notamment le cas de son demi-frère Dick, ancien boxeur professionnel qui a notamment croisé le fer avec Sugar Ray Leonard, désormais petit délinquant notoire devenu accro au crack et autres substances illicites. S’il tourne le dos à ces plaisirs superficiels, Micky Ward ne s’éclate pas pour autant dans son nouvel emploi à la voirie de la ville. Alors en 1994, il effectue son retour dans le ring, et ce coup-­ci plus question de déconner !

Après 9 victoires convaincantes, le kid de Lowell se voit offrir une chance de décrocher la ceinture mondiale IBF des super-légers. Malheureusement, son rêve s’effondre lors de la 3e reprise. Contraint à l’abandon à cause d’une coupure à l’œil droit, Ward s’incline face à Vince Phillips (36-­3), ancien tombeur de l’Australien Kostya Tzsuyu. Pas plus heureux contre le jeune Zab « Super » Judah (15­-0­), un futur caïd de la catégorie, une année plus tard pour la ceinture USBA vacante, « Irish » n’a pourtant jamais été aussi proche d’accrocher le haut du panier. Ses progrès sont notables, au même titre que sa fougue et sa détermination lors des affrontements auquel il participe depuis son retour sur les rings.

warsII

Et c’est ainsi que le 11 mars 2000, Ward gagne le droit d’aller disputer une ceinture WBU à Londres face à Shea Neary, boxeur anglais d’origine irlandaise, invaincu en 22 combats. Pour préparer ce combat, le guerrier celte peut compter sur un renfort de poids : son demi-frère Dick Eklund.Fraichement sorti de prison, ce dernier va en effet lui préparer un programme sur-mesure, en insistant notamment sur le travail au corps pour vaincre son opposant. La tactique s’avère payante puisqu’au 8e round, le Britannique jette l’éponge.

Un an plus tard, le néo­-monarque de la fédération WBU fait face à Emmanuel Augustus (24-­17-­4). Et une fois n’est pas coutume, les spectateurs vont en avoir pour leur argent. Explosif du premier au dixième et dernier round, la rencontre sera élue combat de l’année 2001 par The Ring Magazine. Vainqueur par décision unanime, le cogneur du Massachusetts se voit alors proposer un challenge encore plus alléchant à peine descendu du ring : Arturo Gatti (34­-5).

Ward-Gatti, trilogie d’anthologie 

Avec d’un côté, un boxeur ­enfin­ parvenu à s’inviter parmi le gratin de la catégorie et, de l’autre, un adversaire revanchard suite à sa défaite contre Oscar De La Hoya, la nouvelle star des super-légers, le duel entre Ward­ et Gatti propose tous les ingrédients d’une affiche alléchante. Programmé en direct surHBO, le combat fait son entrée dans la légende grâce à un 9e round aussi intense que spectaculaire. Peu d’esquives, mais des coups à foison. Une débauche d’énergie phénoménale qui lui vaudra d’être élu« round du siècle » par le commentateur Emanuel Stewart. Déclaré vainqueur par décision majoritaire,Ward signe le plus beau succès de sa carrière.

Six mois plus tard, la revanche s’organise. Rémunérés à hauteur de 1.2M$ – ­du jamais vu pour deux boxeurs aux carrières en demi­-teinte – Ward et Gatti remettent donc les gants au Boardwalk Hall d’Atlantic City. Moins spectaculaire que le premier acte, le combat tourne à l’avantage du Canadien grâce à la rapidité de son bras avant et un meilleur jeu de jambes que son adversaire. Vainqueur sans contestation possible (98-­91, 98-­91, 98-­90), Gatti ne tarit néanmoins pas d’éloges sur son adversaire : « Micky est l’adversaire le plus coriace que j’ai affronté durant ma carrière. Il n’y en a pas deux comme lui. Nous avons fait une belle promotion du sport et je crois que nous sommes une motivation pour les autres boxeurs à s’entraîner dur. Micky est incroyable. Il a un cœur de lion. C’est mon jumeau. »

Une victoire partout et pas de jaloux ? Que nenni. Les deux guerriers rempilent pour la belle le 7 juin 2003. Devant un public déchaîné et à l’image des deux précédents affrontements, les « jumeaux » s’en donnent à cœur joie. Contré par Ward durant la 6e reprise, Gatti, la main droite cassée, s’en va faire un tour au sol. Lors du round suivant, Ward, en sang, vacille devant les enchaînements du Canadien, mais ne rompt pas. Acharné jusqu’au terme final, le duel sera élu « combat de l’année » 2003. Déclaré perdant par décision unanime, « Irish » quitte le ring sous les applaudissements du public et met un terme à sa carrière (38 victoires, 13 défaites) à l’issue du combat. Par la suite, le « French Canadian » a demandé à Ward de faire partie de son équipe pour ses prochains combats. La trilogie a rapproché les deux hommes, uni par 30 reprises dantesques. Arturo Gatti est décédé dans d’étranges circonstances (Suicide ? Homicide ?), le 11 juillet 2009 au Brésil. Il avait à peine 37 ans. Pour dire au revoir à son ami lors des funérailles, Ward a mis un direct du gauche sur le cercueil. Existe-t-il plus bel hommage ?

Porte-drapeau d’une communauté

Comme d’autres grands boxeurs tels que Jake La Motta, Muhammad Ali ou encore Jack Dempsey, MickyWard a eu l’honneur de voir sa vie portée sur grand écran. Interprété par l’acteur bostonien MarkWalhberg,  » Fighter  » retrace à la perfection le parcours parsemé d’embûches du boxeur : ses espoirs, ses relations conflictuelles avec sa famille et notamment son demi-frère, mais également le fil conducteur de sa carrière. En 2005, le groupe de punk­rock  » The Dropkick Murphy’s  » rend un hommage appuyé au boxeur en lui dédiant une chanson : « The Warrior’s code » qui inaugure le documentaire de HBO sorti en 2013 à l’occasion de son entrée au Hall of Fame, le même jour que Gatti à titre posthume. Pas besoin d’avoir un palmarès immaculé pour rester dans l’histoire. Souvent, le courage et le cœur valent plus qu’une ceinture.

 

Matt Leduc / @Matt_Leduc_

Crédit photos : Getty Images

Ceintures mondiales, fanfare et cocaïne, bienvenue dans le monde magique de Ricky Hatton !

Sans titre

 

Terre de prédilection des joueurs de fléchettes, des fausses blondes à grosse poitrine et des meilleurs clubs de football du pays, le Nord de l’Angleterre est également la terre de boxeurs parmi les plus doués de la Perfide Albion : Prince Naseem Hamed, Amir Khan, David Price ou encore… Ricky Hatton. Détenteur des ceintures IBF et WBA des super-légers, ce dernier n’a pas hésité à défier les plus grands de sa catégorie. Et avec Floyd Mayweather, Manny Pacquiaio et autres Kostya Tszyu, l’Anglais eu de quoi faire.

 

Aucun fan de boxe n’a pu l’oublier. Accessoirement, aucun de ses adversaires non plus. Car lorsqu’on mettait les gants à Ricky Hatton, une véritable marée humaine de fans emboîtait le pas du super-­léger. Et comme souvent lorsqu’une meute de représentants de sa gracieuse Majesté débarquent, la température peut rapidement grimper de quelques degrés voire s’avérer carrément irrespirable : hymne américain hué lors du duel contre Floyd Mayweather, nombreuses conférences de presse d’avant-match perturbées, ambiance de stade de foot lors de ses combats au Royaume Uni et à l’étranger… Vous l’aurez compris : rarement boxeur n’a réussi à déclencher autant de ferveur et d’enthousiasme que le « Hitman ». Les raisons d’une telle popularité sont nombreuses. Humble, doué et enraciné, le droitier avait tout pour succéder dans les coeurs aux Frank Bruno, Lennox Lewis et autres stars made in England.

Pourtant, il aurait été difficile de prédire une telle destinée au gamin de Stockport, une ville située à 5 km de Manchester. Hatton est avant tout un grand fan de foot, un véritable acharné du club de Manchester City. Dans l’ombre d’United, les Citizens du début des années 80 est bien loin du niveau qui est le sien actuellement. Abonné au ventre mou du classement, il n’en reste pas moins un club très apprécié des « vrais Mancuniens ». Et lorsqu’on a l’honneur d’avoir un grand­-père et un père qui ont porté le maillot Skyblue, hors de question d’aller encourager les Red Devils.

A dix ans, Hatton effectue même un essai dans le club de son cœur. Éconduit, il se tourne alors vers la boxe et embarque son petit frère Matthew avec lui à la salle d’entraînement.

DE LA BRUME DE MANCHESTER AU SOLEIL DE LAS VEGAS

 

Sans titre2

Médaillé de bronze aux championnats du monde junior de Cuba en 1996, l’Anglais se construit ensuite une belle carrière professionnelle en remportant et conservant la ceinture WBU à 16 reprises. Son style plait, sa cote grimpe et le public ne manque pas de répondre présent pour encourager « Le Mexicain de Manchester », un surnom dont il a hérité après ses trois duels disputés aux Etats­-Unis.

Toujours invaincu après 38 affrontements, il part à la conquête de la ceinture IBF détenue par Kostya Tszyu. Premier boxeur à avoir unifié les ceintures WBC, WBA et IBF chez les super-légers depuis 30 ans, l’Australien d’origine russe croit poser ses valises à Manchester en terrain conquis. Grossière erreur.

Poussé par les 22 000 spectateurs de la MEN Arena, Ricky Hatton livre le combat de sa vie : « mon combat contre Tszyu a été mon Everest. Et jamais, même pour affronter Mayweather deux ans plus tard, je n’ai eu autant d’envie. Kostya Tszyu été reconnu comme le boxeur numéro 1 de la catégorie. Oscar De La Hoya disait de lui que c’était une machine à knock out, et c’était vrai. C’était un incroyable puncheur qui tapait pour mettre hors d’état de nuire. C’était son style ». Équilibré et âpre, le combat trouve son dénouement lors de la 11e et avant-dernière reprise, lorsque les terribles enchaînements du Britannique poussent l’Australien à l’abandon : « ce fut indiscutablement la meilleure soirée boxe de Manchester. Les supporters m’aimaient déjà avant mais, à la suite de ce combat, ils ont réalisé que je pouvais aller en Amérique pour combattre les meilleurs ».

Six mois plus tard, Hatton réunifie les ceintures WBA et IBF en disposant du Colombien Carlos Maussa en 9 rounds. Élu combattant de l’année 2005 par The Ring Magazine, il prend sans plus tarder la direction des Etats-­Unis. Passé chez les welters, il s’empare de la ceinture WBA en battant Luis Collazo aux points puis redescend en super-­légers où il glane de nouveau la ceinture IBF après un succès aux dépens de Juan Urango. Le 8 décembre 2007, environ 30.000 fans Britanniques envahissent Las Vegas pour assister au duel estampillé « Undefeated » entre leur idole et Floyd Mayweather Jr. Comme à son habitude, l’Anglais pénètre dans le ring avec son short bleu turquoise (les couleurs de Manchester City) accompagné du célèbre chant « There’s only one Ricky Hatton » beuglé par les 5 groupes de supporters que compte le boxeur. Rien que ça.

Face au meilleur poids welter du monde, Hitman propose une opposition de grande qualité. Sérieusement perturbé en début de rencontre, « Money » prend néanmoins le contrôle du match à la mi­-combat. Forcé de prendre des risques, Hatton baisse sa garde et encaisse un lourd crochet du gauche à la tempe dans le 10e round. L’arbitre Joe Cortez stoppe la rencontre. Hatton s’incline mais gagne le respect de son opposant : « Ricky Hatton est probablement l’un des meilleurs boxeurs que j’ai combattu. Je l’ai frappé durement, mais il n’a rien lâché et je comprends pourquoi on l’appelle « Hitman » (Hitman signifie Le Tueur) ».

DEFAITE ET DEPRESSION

Requinqué par deux victoires contre Lazcano et Malignaggi, l’Anglais s’attaque ensuite au Phillipin Manny Pacquiaio. Au contraire de son opposition face à Mayweather, le duel entre le Mancunien et le Philippin s’avère beaucoup plus expéditif. Envoyé au tapis à trois reprises lors des deux premiers rounds, Hatton s’incline et repart du Nevada la tête basse. L’après- combat est rude. Secoué, Hitman plonge dans une dépression sans fin, comme il le révèle dans son autobiographie : « je pleurais chaque jour. Je voulais mourir. Après ma défaite face à Pacquiao, j’ai consommé de la cocaïne dans l’espoir qu’elle me fasse aller mieux, j’étais vraiment au fond du trou ».

Après trois ans sans combattre, il tente un retour face à l’Ukrainien Vyacheslav Senchenko à la MEN Arena, lieu de ses précédents exploits. Mais la flamme est belle et bien éteinte. Mis KO lors du 9e round, Hatton raccroche les gants avec un palmarès de 45 victoires et 3 défaites. Un an après, c’est au tour de son frère Matthew de mettre un terme à sa carrière. Régulièrement programmé en sous-carte de son grand frère, il est également auteur d’une carrière remarquable avec un bilan de 43 victoires 7 défaites et 2 nuls.

Depuis 2009, le « Hitman » a mis sur pied la « Hatton Academy » pour contribuer au développement des talents britanniques. Ses programmes d’entraînement et de formation sont les seuls à être validés par le Register of Exercises Professionals, organe de santé indépendant créé en 2002, ainsi que par le British Boxing Board of Control. Petit à petit, le boxeur de Manchester remet sa vie à l’endroit. Preuve que sa popularité reste intacte, il a publié un livre sur ses heures glorieuses, notamment celles vécues à Las Vegas, ouvrage actuellement classé 5e des meilleures ventes en Grande-Bretagne. Après de longs moments d’errance, Ricky Hatton poursuit sa quête de rédemption. Une vraie vie de boxeur !

 

CIxxo5JWsAA28YH

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

MATT LEDUC

@Matt_Leduc_

Incoming search terms:

  • BOXE(BURKINA)

CA BOUGE POUR LES BOXEURS BENINOIS !

DEFAITE DE FATIOU FASSINOU

Le Béninois Fatiou Fassinou (22 victoires, 4 défaites, 1 nul) s’est logiquement incliné au terme des 12 rounds qu’il a disputé face à Alexis Kaboré (25 victoires, 1 défaite) le vendredi 1er mai à Ouagadougou.

Dépassé par la rapidité et la précision d’un adversaire encouragé par un Palais des Sports de Ouaga 2000 copieusement garnie, le natif de Cotonou a ainsi laissé échapper sa chance de remporter une deuxième ceinture WBC International.

Trop passif dans la première partie du combat, « Petit Piment » n’a pas réussi à inverser la tendance par la suite malgré quelques enchainements spectaculaires, notamment lors de la septième reprise, ou le représentant Béninois réussit à percer la garde du Burkinabé à plusieurs reprises.

Insuffisant pour influer les trois juges dans leur verdict final : défaite à l’unanimité (116-112 / 118-110 / 115-­113).

JUSTIN SAVI DE RETOUR DANS LE RING

Le talentueux Justin Savi (26 victoires, 3 défaites) effectuera son retour dans le ring le samedi 9 mai à Cotonou. Défait lors de son dernier combat face au Sud Africain Malcolm Klaasen à Gauteng (défaite par KO au 4éme round), l’ancien détenteur de la ceinture IBF Mediterranean et WBC Silver aura à coeur de prouver qu’il n’a rien perdu de sa superbe face au Ghanéen Edward Kambassi (4 victoires, 2 défaites) à la maison des jeunes d’Akpakpa de Cotonou.

MATT LEDUC

@Matt_Leduc_

Le boxeur Shafiq Chitou remporte la coupe de Normandie

IMG-20150410-WA0000

 

Devant un public Rouennais venu en masse assister aux finales des championnats de Normandie espoirs et de la coupe de Normandie, le boxeur Béninois Shafiq Chitou a de nouveau fais parler la foudre !

 

Plus expérimenté et disposant d’une palette technique plus conséquente que son adversaire, le Cotonois n’a pas eu besoin de forcer son talent pour remporter son duel face à Nicolas Mauger (Herouville BC). Vainqueur par décision unanime après trois rounds parfaitement maitrisés, Chitou s’empare donc de la coupe de Normandie dans la catégorie des moins de 64 kg.

De bon augure avant d’aborder les ceintures Montana 2015 qui auront lieu a Argenteuil du 16 au 18 avril.

Matt Leduc

@Matt_Leduc_

Marcel Cerdan, un héros Français

Multiple champion de France et d’Europe chez les welters et les moyens durant les années 30-40, Marcel Cerdan est le premier « Frenchy » à réussir l’exploit de décrocher une ceinture mondiale sur le sol américain. Hélas, la carrière de l’amant d’Edith Piaf prend fin en pleine ascension. L’avion qui le transportait aux Etats-Unis pour sa revanche contre Jake La Motta s’écrase sur l’île de São Miguel aux Açores (Portugal). La nation est foudroyée par le chagrin, elle qui avait fait du boxeur Pied-noir son héros. Et quel héros !

Marcel Cerdan

« Mon amour, tu ne pourras jamais imaginer avec quelle force je t’aime. Dieu que je t’aime, mon adoré ! Je voudrais me mettre à tes genoux et passer mon temps à t’admirer, à te servir, à t’aimer, à n’être qu’à toi et n’avoir que toi devant mes yeux, ne toucher que toi, ne vivre que par toi que j’aime, toi mon amour. Moi. » Les mots d’Edith Piaf résonnent encore dans les mémoires collectives. Et comme les Français, la chanteuse est tombée amoureuse du boxeur divin, Marcel Cerdan. Cadet d’une fratrie de 5 enfants dont 4 garçons, ce dernier est né à Sidi Bel Abbes, une ville située à l’ouest de l’Algérie dans un pays alors sous domination française. En 1922, alors qu’il est âgé de 6 ans, lui et les siens plient bagage et partent s’installer au Maroc, à Casablanca. À l’instar de la majorité des familles européennes installées au Maghreb et contrairement aux croyances populaires, la famille Cerdan ne mène pas une vie de grand luxe, loin de là. Le papa est boucher, tandis que la maman reste au foyer pour s’occuper des enfants.

Comme beaucoup de gamins du Royaume chérifien, le jeune Marcel se passionne pour le football qu’il pratique de manière quasi-quotidienne avec ses copains du quartier. Mais à 8 ans, influencé par ses grands frères qui pratiquent tous le noble art, il enfile sa première paire de gants et fait son entrée dans la plus belle et exigeante des disciplines. Plutôt débrouillard, il gravit les échelons sous l’œil bienveillant de son père qui rêve de voir son fils percer dans le milieu de la boxe.

La naissance d’un champion

Après des débuts fracassants chez les professionnels, où il sort victorieux des 35 premiers duels auxquels il participe, il rejoint la Mère Patrie à 21 ans et pose ses valises à Paris. Bienvenue à la capitale. De là, il poursuit sa progression et devient champion de France des Welters en battant Omar Kouidri aux points. Distinction qu’il conserve neuf mois plus tard aux dépens du même adversaire.

Marcel Cerdan

Injustement défait pour la première fois à cause d’un soit disant coup bas sur l’anglais Harry Craster à Londres lors de son 53e affrontement, « Le bombardier marocain » enchaine successivement 5 victoires en 4 mois dont une lors d’un combat sans enjeu contre le champion d’Europe en titre, l’Italien SaverioTuriello.Mécontent, le transalpin se dit prêt à mettre son titre en jeu si le Français accepte de venir le défier chez lui à Milan. Qu’à cela ne tienne ! Pas impressionné par le long Curriculum Vitae de « La panthère milanaise » (3 titres de champion d’Italie et une ceinture européenne) et l’ambiance électrique qu’on lui promet, il relève le défi et s’envole pour la capitale lombarde. Et là devinez quoi ?Le Français s’impose au terme de 15 rounds parfaitement maîtrisés. La réaction du public italien est terrible.Les esprits s’échauffent puis les sièges se mettent à voler, obligeant Cerdan et son entourage à se réfugier dans les vestiaires afin d’échapper à la vindicte des tifosis rendus furieux par la défaite de leur favori.

Roi d’Europe à seulement 23 ans, la carrière du droitier de Sidi Bel Abbes va malheureusement subir un coup d’arrêt suite au déclenchement de la Seconde Guerre mondiale. Comme tous les hommes en mesure de se battre, Marcel Cerdan prend part au conflit qui ensanglante une partie de l’Europe et notamment la France. Ce dernier est affecté dans la Marine au Maroc. À distance des combats, le jeune boxeur profite de sa notoriété et des quelques bourses que lui rapportent ses affrontements disputés au bled pour aider et financer les réseaux de Résistance. Dans le Paris occupé de l’année 1942, il dispute une demi-douzaine de combats dont l’un mythique contre son compatriote Gustave Humery, mis KO en moins d’une minute et plongé dans le coma durant presque deux jours. Une nouvelle fois disqualifié pour un coup bas sur Victor Buttin, le puncheur Pied-noir rectifie le tir au cours du combat suivant lors de la finale des championnats d’Europe qui l’oppose à l’Espagnol Jose Ferrer.

Rendu furieux par la croix gammée brodée sur le peignoir de son opposant, Cerdan – qui n’a jamais caché ses sympathies pour une France libre – se jette sur Ferrer comme un mort de faim dés le premier round. Asphyxié par le déluge de coups du Français, l’Espagnol embrasse le sol à cinq reprises avant de jeter l’éponge alors qu’il n’avait jamais subi de knock-down. Plus qu’une simple victoire sportive, le triomphe du boxeur français vient redonner du baume au cœur à une nation plus que jamais empêtrée dans une guerre interminable. Quelques mois après son sacre, il épouse Marinette Lopez, avec qui il aura trois enfants puis ferme la parenthèse de la guerre en s’adjugeant par deux fois de suite le tournoi Interalliées, disputé contre ses semblables américains, bien incapables de résister à la fougue du nouveau chouchou des Français(e)s.

À la conquête de l’Amérique

Passé dans la catégorie supérieure, Cerdan s’empare du titre de champion de France des poids Moyens en terrassant le cador de la catégorie : Assane Diouf. KO à la 3e reprise, boum ! Après la conservation de son titre contre le rugueux Edouard Tenet et quelques victoires expéditives, il rejoint les Etats-Unis et dispute son premier combat sur le sol américain au Madison Square Garden de New-York contre Georgie Abrams. Fatigué et sans doute crispé par l’évènement, le Français livre un duel bien en dessous de ses capacités, mais arrache néanmoins la victoire par décision unanime. Plus qu’un duel, il y gagne le respect des Américains et un surnom « The B52 », un bombardier américain, en référence à son style explosif. De retour sur le vieux continent, il décroche la ceinture européenne en battant le Belge Léon Fouquet, deux minutes seulement après le début de leur rencontre puis s’envole de nouveau pour l’Amérique le temps de deux affrontements victorieux contre Harold Green et l’Estonien Anton Raadik, deux boxeurs parmi les meilleurs du circuit.

Arrive l’année 1948, celle qui marque le début de sa relation amoureuse avec la célèbre chanteuse Edith Piaf. Mais, c’est également sa saison la plus prolifique en terme de conquêtes sportives. De nouveau champion d’Europe après sa victoire contre l’Italien Manca et face au Français Walzack, il perd sa ceinture à la surprise générale contre le Belge Cyrille Dellanoit avant de reconquérir celle-ci aux dépens du même boxeur un mois et demi plus tard. La revanche est un plat qui se mange froid.

Marcel Cerdan

Marcel Cerdan s’attaque ensuite à une légende de la boxe mondiale :Tony Zale. Du punch, de la rapidité, une excellente garde et un style spectaculaire (67 victoires dont 45 par KO, pour 17 défaites et 2 nuls) ont propulsé son opposant parmi les pugilistes les plus en vues des années 40.Trois fois champion du monde durant cette décennie, « l’homme d’acier » part donc largement favoris au moment de défendre son titre face au Frenchy. Et pourtant. Devant près de 20 000 spectateurs tous acquis à la cause du natif de l’Indiana, l’affrontement tourne malgré tout à l’avantage de notre représentant, qui d’un solide crochet du gauche à la fin du 11e round, met un terme à la mainmise qu’exercent les pugilistes yankee sur cette catégorie depuis plus d’un demi-siècle. Mais également à la carrière de Tony Zale, trop marqué par cette défaite pour remonter sur un ring par la suite.

Accueilli par des dizaines de milliers de Parisiens et reçu par le chef d’État, Vincent Auriol, lors de son retour au pays, le nouveau champion du monde des poids moyens a également l’honneur de rallumer la flamme du soldat inconnu à l’arc de triomphe. Par son succès, il redonne le sourire à tout un pays encore marqué par un conflit ou plus de 600 000 de ses fils tombèrent. Sa plus belle victoire, assurément. « J’étais KO debout. Paris, par son accueil m’avait porté le plus fort des coups. Un coup au cœur. Un coup que je sentirai longtemps. Toute ma vie. »

La chute

Nous sommes le 16 juin 1949, Marcel Cerdan va défendre son titre face à Jake LaMotta au Briggs Stadium de Detroit. Son opposant ? Un dur, un vrai, qui a appris le métier en maison de correction, et, dont aucun adversaire – y compris le terrible Sugar Ray Robinson – n’a réussi à le mettre KO depuis son arrivée dans le circuit. En passant un accord avec la mafia, omniprésente dans le milieu de la boxe à cette époque, « Le taureau du Bronx » s’est offert le droit de réaliser son rêve : disputer un titre mondial.

Dès l’entame du combat, l’Italo-Américain met une énorme pression sur le Français, qui résiste tant bien que mal aux fulgurants enchaînements du challenger. Sur une attaque de La Motta, le Français glisse et se blesse à l’épaule gauche. La messe est dite. Malgré la douleur, le champion serre les dents 10 rounds, puis abdique sous la pression de son staff et devant le risque trop élevé d’aggraver sa blessure. Battu, il n’en reste pas moins déterminé à reconquérir SA ceinture le plus rapidement possible.

D’abord prévue le 28 septembre, la revanche est repoussée au 2 décembre 1949 à la suite d’une blessure à l’épaule de l’Américain. Pressé par sa chère et tendre de la rejoindre à New-York, où elle se trouve en tournée, Marcel Cerdan remplace son voyage initialement prévu en bateau par l’avion. La conséquence de son acte lui sera fatale. Dans la nuit du 27 au 28 octobre, l’avion dans lequel il avait pris place avec son manager Jo Langman ainsi qu’avec 47 autres passagers s’écrase dans l’archipel des Açores, au large du Portugal. Il n’y a aucun survivant.

En métropole, à Casablanca où il était adulé parmi toutes les communautés, mais également de l’autre côté de l’Atlantique où il était devenu roi un an auparavant en battant Tony Zale, tout le monde pleure ce champion au grand cœur, aimé et respecté de tous. Parti à l’âge de 33 ans, le plus grand boxeur Français de tous les temps n’avait pas seulement remporter 119 combats sur les 123 disputés, il avait su redonner confiance et joie à une Nation à travers son courage et sa force.

Marcel Cerdan était un héros. Notre héros. À quand le prochain ?

Crédit photo à la UNE : Marcelcerdan.com

Lien annexe : Jake LaMotta

Matt Leduc / @Matt_Leduc_

Le boxeur Béninois Fatiou Fassinou défie le Burkinabé Alexis Kaboré le 27 Mars

 

IMG-20150213-WA0006Le boxeur burkinabè Alexis Kaboré dit « Yoyo », Champion du Monde super coq de la World Boxing Council (WBC) remet son titre en jeu le vendredi 27 mars 2015 prochain au Palais des sports de Ouagadougou. Il aura comme adversaire le béninois Fatiou Fassinou (22 victoires, 1 nul, 3 défaites) dans un combat qui s’annonce très difficile pour le pugiliste béninois, le boxeur burkinabé étant resté invaincu à ce jour devant son public.
961525_892943750726915_949199754_n
12 reprises de 3 minutes !!! C’est le temps dont dispose le Béninois Fatiou Fassinou alias « petit piment » pour détrôner son adversaire burkinabé Alexis Kaboré dit « Yoyo ». Mission difficile mais pas impossible pour le béninois, auréolés dune succession de 9 combats sans défaites (8 victoires, 1 nul). Mais attention au boxeur burkinabè Alexis Kaboré très technique, rapide, bonnes esquive et doté d’une grande puissance avec une carte de visite impressionnante  (24 victoires, 1 défaite).« C’est vrai, j’ai perdu aux points lors de notre dernière confrontation (défaite 112-115) mais je suis également le seul boxeur à l’avoir battu (victoire par KO au 2éme round, le 9 mai 2004) depuis son arrivée dans le circuit professionnel. J’ai attaqué ma préparation avec rigueur et discipline pour être prêt le jour du combat » a quand même averti le Béninois visiblement prêt et qui pense faire le déplacement de Ouagadougou en conquête. Mais Son expérience du haut niveau et des combats à enjeu suffira t’elle à perturber le droitier Ouagalais, en pleine confiance, après sa victoire le vendredi 5 septembre 2014 dernier sur le Philippin Sylvester Lopez Berador, champion du monde mi-mouche (victoire aux points par décision unanime) ?

Réponse le 27 mars à la maison du peuple de Ouagadougou.

@Matt_Leduc_

Te casse pas la tête, Sonny Liston s’en charge

Dôle de destin que celui de Sonny Liston. Parti de rien, décédé dans l’indifférence quasi-générale malgré une brillante carrière chez les lourds durant les années 50-60, le roi du KO a dominé sa catégorie avant qu’un jeune boxeur du nom de Cassius Clay (qui deviendra Mohamed Ali) ne le dépossède de sa ceinture mondiale au cours d’un combat aussi suspect que légendaire. Si ses liens avec la mafia et son penchant pour l’alcool l’ont peu à peu transformé en personnage impopulaire, ses poings d’acier, eux, en ont fait l’un des boxeurs les plus redoutables du XXe siècle.

Personne, y compris sa mère, n’a pu déterminer avec exactitude la date et le lieu de naissance de Charles  » Sonny  » Liston. L’hypothèse la plus probable est qu’il a vu le jour à Slough dans l’Arkansas durant l’année 1932. À cette époque, l’industrialisation a gagné l’ensemble du territoire américain, mais rien, pas même l’abolition de l’esclavage plus d’un demi-siècle auparavant, ne semble avoir bouleversé le mode de vie des habitants de cet Etat du Sud depuis l’arrivée des premiers colons européens. Pour un salaire de misère et parfois quelques coups de fouet, de nombreuses familles noires continuent d’y cueillir le coton dans d’énormes propriétés détenues par des fermiers blancs. C’est le cas de la famille Liston.

Élevé par une mère aux mœurs légères et un père à la main leste, le jeune Sonny, comme ses douze frères et soeurs, est très rapidement envoyé aux champs. Illettré, le jeune homme se lasse vite de cette vie morose et décide de tailler la route à l’adolescence pour rejoindre une de ses sœurs à St Louis, Missouri. Là-bas, il s’encanaille avec de jeunes voyous locaux et écope d’une peine de 5 ans de prison ferme pour trois vols à main armée et deux vols simples. Incarcéré au pénitencier de Jefferson City, il découvre la boxe et se gagne rapidement la réputation d’un puissant cogneur.  » Au bout de quatre semaines de combat, il ne se trouvait plus un homme dans toute la prison pour affronter Sonny sur le ring « , affirmera le père Schlattmann, aumonier Catholique de la prison. Sans technique, ni tactique, mais avec la seule force de ses poings, Liston corrige ses codétenus avec tant de facilité qu’il est parfois contraint d’affronter deux adversaires en même temps… Pour un résultat identique.

SL1

Très vite, la rumeur qu’un prisonnier capable d’aligner quiconque ose l’affronter franchit les murs de l’enceinte et gagne la ville voisine de St Louis, la plus importante de l’État. Frank Mitchell, un éditeur passionné de boxe, s’intéresse alors au cas du détenu Liston matricule 68069. Il organise un comité de soutien avec l’appui de certains politiciens ainsi qu’avec les leaders de la communauté noire de la cité jadis fondée par les colons français et parvient à faire sortir Liston de prison, après que ce dernier n’ait purgé seulement deux ans de sa peine. Aussitôt dehors, il le présente à Monroe Harisson, entraîneur de boxe local, et l’inscrit au Golden Gloves nationals, une compétition ouverte aux boxeurs amateurs d’une trentaine de régions disséminées à travers le pays. Comme certains des plus grands pugilistes nationaux tel que Joe Louis en 1934, ou comme le feront Evander Holyfield et Mike Tyson en 1984, mais aussi Oscar De la Hoya en 1989, Sonny Liston remporte la compétition en écrasant la plupart de ses adversaires en moins d’une reprise.

La mauvaise réputation

Passé professionnel peu de temps après son sacre, il remporte ses 5 premières rencontres sans grande difficulté et dispute son premier grand combat contre John Summerlin, le champion des poids lourds du Michigan à Detroit, le 29 juin 1954. Donné perdant à 22 contre 1, Liston l’emporte aux points et confirme son statut de grand espoir du noble art aux dépens du même Summerlin, un mois après.

L’Amérique s’intéresse alors à ce géant sorti de l’ombre dont personne ne semble pouvoir en stopper l’ascension, tellement celle-ci s’effectue à pas-de-géant. Malheureusement, le crime organisé ne tarde pas non plus à pointer le bout de son nez et à draguer le puncheur de Slough.

En effet, à cette époque, il est encore fréquent qu’un boxeur soit « récupéré » par un mafioso, flairant bon l’occasion d’engendrer une belle pile de billets verts en truquant les combats du poulain en question. Et c’est ainsi que Frank Mitchell et Monroe Harrison sont priés de céder leur place à Blinky Palermo, un gangster originaire de Philadelphie.

Relation de cause à effet ou non, parallèlement à sa carrière, Sonny Liston est arrêté à 14 reprises par la police de St Louis entre 1953 et 1958. Incarcéré pour l’agression d’un policier pendant 9 mois en 1957, il prouve, si besoin est, qu’il n’a rien perdu de sa superbe en terrassant Billy Hunter à Chicago pour son retour dans le ring, le 29 janvier 1958.

Enchaînant les victoires par KO aussi aisément que le whisky durant ses virées nocturnes, le voilà, après 35 combats (34 victoires pour une défaite) challenger numéro 1 pour affronter le champion du monde des poids lourds, Floyd Patterson. L’affiche semble attirante, mais n’emballe guère Cus D’Amato (le manager de Patterson), qui voit en Liston une bien mauvaise publicité pour la boxe en raison de son passé criminel. Même son de cloche du côté de la National Association for the Advancement of Colored People (NAACP), une organisation qui veille à la défense des droits civiques des Noirs, voyant en cet affrontement un désastre pour leur communauté si le tenant au titre venait à perdre. Malgré les réticences de son entourage, Patterson, vexé par le peu de confiance placé en lui, donne son accord pour affronter Liston.

La revanche du paria

Deux petites minutes après le début de l’affrontement, Patterson embrasse le sol à la suite d’une succession de directs et d’un terrible crochet du gauche à la tempe. Dévasté par l’enchaînement terrible de son challenger, le champion tarde à se relever et semble avoir toutes les peines du monde à retrouver ses esprits. Dix secondes plus tard, le verdict tombe : Sonny Liston est déclaré champion du monde, avant même qu’il n’ait pu ressentir les premières gouttes de sueur ou reçu le moindre coup. Plus déterminé, Liston qui avait déclaré « être prêt à tuer son adversaire pour s’emparer de sa ceinture », met donc un terme, en quelques secondes, au règne long de six ans de Patterson sur la catégorie des lourds (il avait perdu une première fois sa ceinture contre le Suédois Ingemar Johansson avant de la reconquérir un an plus tard). Jamais dans l’histoire de la boxe un challenger n’avait réussi à s’emparer d’une ceinture aussi rapidement.

Guère plus heureux lors du combat revanche à Las Vegas l’année suivante, Patterson est envoyé au tapis à trois reprises durant le premier round et est contraint d’abdiquer après deux minutes et trente trois secondes. La facilité avec laquelle « le méchant nègre » vient à nouveau de disposer du « gentil noir » choque et impressionne le monde entier, à l’exception notable d’un jeune homme assis au cinquième rang : Cassius Clay. Médaillé d’or aux Jeux Olympiques de Rome en 1960 et brillant athlète au parcours jusqu’ici prometteur de 19 combats pour autant de victoires, il profite d’ailleurs d’une faille dans le service de sécurité pour s’inviter dans le ring afin de défier Liston. Moqueries, gestuelles et joutes verbales accompagnent son intervention avant que celle-ci ne soit interrompue, ­non sans mal,­ par plusieurs agents de sécurité. Si la provocation ne perturba pas outre mesure Liston et amusa les spécialistes, persuadés qu’un jeune boxeur comme Clay ne pourrait jamais vaincre le champion en titre, elle fut en revanche très vite jugée intéressante par les promoteurs.

 

Liston-Clay, le mystère le mieux gardé de la boxe

Avec seulement 8000 places vendues sur 16000 disponibles, les amateurs de boxe ne se sont pas bousculés au Convention Hall de Miami, le 25 février 1964, pour assister au duel entre Liston et Clay. Trois mois seulement après l’assassinat du président JF Kennedy à Dallas, il semble que les Américains n’ont pas encore retrouver le goût de spectacle, d’autant plus que celui-­ci ne promet aucune surprise, étant donné la supériorité manifeste que le champion possède sur le jeune challenger impétueux. Sauf qu’en boxe, rien n’est jamais écrit à l’avance, surtout lorsqu’un outsider aux dents longues vient défier un tenant du titre en manque de rythme (seulement 2 combats en 2 ans).

SL2

L’affrontement, plutôt équilibré durant les trois premiers rounds, bascule lors de la reprise suivante lorsque Liston trouve la faille et tuméfie le visage de Clay. En retournant dans son coin, Clay, visiblement gêné par son œil droit, hurle à son entraîneur Angelo Dundee qu’il abandonne :  » Je n’y vois rien ! Coupe les gants ! Fais arrêter le combat ! « . Poussé par son coach, il repart néanmoins à l’appel de la cloche et parvient à rééquilibrer les débats en maintenant Liston à distance lors du cinquième round. Étrangement sur la défensive alors qu’il semblait bénéficier d’un avantage certain sur son adversaire, Liston retient ses coups et décide de ne pas se lever de son tabouret à l’appel de la septième reprise. Stupeur et incompréhension gagnent alors la salle mais pas l’arbitre qui, conformément au règlement, désigne Clay vainqueur. Suspectant des irrégularités, une enquête sénatoriale ne tarde pas à avancer l’hypothèse d’un combat truqué, sans toutefois en apporter les preuves nécessaires. Aujourd’hui encore, le mystère reste entier et a fait l’objet de plusieurs enquêtes journalistiques qui ne sont jamais parvenues à percer la vérité.

La revanche entre Liston et Clay, devenu entre temps Mohammed Ali après sa conversion à l’islam, se tient à Lewiston dans le Maine le 25 mai 1965. Encore une fois, la polémique fera rage lorsque Liston se jette au sol après avoir été effleuré par un jab de son adversaire. Pas dupe, la foule crie au combat truqué et le cordon de policiers entourant le ring doit redoubler d’efforts afin de contenir le début d’émeute provoqué par l’étrange défaite du géant de l’Arkansas.

Boudé du public pour ses frasques et ses polémiques entourant ses derniers combats, « l’ours » est contraint de s’exiler en Suède le temps de quatre affrontements (4 victoires par KO). De retour au pays, il dispute encore quelques combats puis trouve la mort chez lui, à Las Vegas, le 30 décembre 1970 à l’âge de 38 ans. Objet d’une dernière controverse lorsque sa mort fût officiellement déclarée de cause naturelle bien qu’une quantité importante d’héroïne ait été retrouvée dans son sang, il repose au cimetière du Paradise Memorial Gardens sous une plaque portant son nom et les inscriptions : « a man ».

 

Matt Leduc
@Matt_Leduc_

Incoming search terms:

  • boxe Leduc 50 cent duc
  • danny nicole peignoir

Mon compte Twitter et YouTube

Abonnez-vous

Saisissez votre adresse e-mail pour vous abonner à ce blog et recevoir une notification de chaque nouvel article par email.

Rejoignez 86 autres abonnés