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Stade Toulousain

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Rapide comme l’est Clerc, puissant comme Vincent

clerc

Troisième meilleur marqueur d’essais de l’histoire du championnat de France, meilleur marqueur d’essais de l’histoire de la Coupe d’Europe, deuxième meilleur marqueur d’essai du XV de France derrière Serge Blanco, co­-meilleur marqueur d’essais de la dernière coupe du monde… À l’image de ses courses en territoire adverse, les statistiques de Vincent Clerc ont de quoi donner le tournis. Pourtant c’est en tant que consultant journalistique et non comme trois­ quart aile que le natif de Grenoble accompagnera l’équipe de France durant la Coupe du Monde au Royaume­Uni.

À l’aube de la conquête du trophée Webb Ellis, les supporters français n’ont jamais été aussi inquiets. Quatrièmes du dernier tournoi des six nations, les Tricolores ont déçu. Outre les polémiques concernant le nombre d’étrangers évoluant sous le maillot frappé du coq et les problèmes récurrents, sur les difficultés du futur ­ex sélectionneur Philippe Saint­ André à proposer une équipe type, une question n’a cessé d’alimenter les craintes : la France possède­ t­elle un joueur capable de bousculer le sort d’une rencontre ? A un mois du coup d’envoi de la huitième édition de la coupe du monde de rugby à XV, difficile de se projeter. Les dernières performances de la ligne d’attaque de l’équipe de France ont été irrégulières et ont apporté le doute. Cette interrogation n’avait pourtant pas lieu d’être posée lorsque Vincent Clerc figurait sur une feuille de matches des Bleus. Plus qu’un simple pion, au sein d’une génération dorée qui a dominé l’Europe durant la première décennie des années 2000, l’ailier formé au FC Grenoble était une pièce maitresse de la sélection tricolore. Du haut de ses 67 sélections, il a imposé un certain respect.

La balle à l’aile, la vie est belle

Fils d’un ancien joueur du FC Grenoble, Vincent Clerc, originaire du Fontanil, bourgade située en banlieue Grenobloise, s’est naturellement tourné vers le ballon ovale durant son adolescence. L‘occupation du week­end s’est rapidement transformée en une véritable passion. C’est ce qu’il a récemment expliqué au magazine Rugbyman : « Ma passion pour le rugby n’est apparue que lorsque j’ai commencé à jouer au sein de l’équipe de mon collège, grâce à notre entraîneur : Yves Bardou, qui m’a inoculé le « virus » du rugby. »

En minimes, l’ailier de poche a rejoint l’effectif des Rouge et Bleu, marchant ainsi sur les traces de son père, mais également d’une multitude de gloires nationales telles que Sylvain Marconnet, Fabrice Landreau, Olivier Merle ou encore Lionel Mallier. Il a effectué ses débuts en Pro D2 sous les ordres de Jacques Delmas, alors à la tête du club isérois, à tout juste 20 ans. Emballé par les courses folles du feu follet, l’entraîneur à la chevelure grisonnante a rapidement fait du junior un titulaire indiscutable sur l’aile du FCG. Vice-Champion de Pro D2, Vincent Clerc n’a cependant pas participé au retour de son club formateur au plus haut niveau. Pour lui c’était l’heure d’aller voir ailleurs : direction le Stade Toulousain lors de l’été 2002.

Sans plus tarder, le néo­ Occitan s’est fait sa place parmi les stars toulousaines en disputant la quasi­ totalité des rencontres du Top 16, mais également en brillant en Coupe d’Europe de rugby. Et l’ailier y a mis les formes pour aider le Stade à remporter l’édition 2003 : avec la bagatelle de 7 essais transformés en 9 rencontres. Au cours de la même saison, la nouvelle pépite du rugby tricolore a effectué ses débuts avec l’équipe de France lors d’une rencontre contre l’Afrique du Sud à Marseille. Une première victorieuse dans le Sud de la France (succès des Bleus 30 à 10), avec un essai à son actif. Des débuts prometteurs, très prometteurs.

Au cours des années, le numéro 14, a accumulé trophées et distinctions, preuves de sa progression : Grand Chelem lors du Tournoi des 6 Nations en 2004 et 2007, Coupe d’Europe en 2005, championnat de France en 2008. Avec 20 essais en 30 sélections sous le maillot Bleu, et 66 essais marqués, depuis son arrivée au Stade Toulousain, rien n’a semblé pouvoir freiner l’ailier dans sa course en direction des records. Seule une rupture du ligament croisé antérieur gauche, contractée lors d’une rencontre face à Clermont­ Ferrand en avril 2008, l’a mis sur la touche. Éloigné des terrains durant huit mois, Vincent Clerc a profité de sa rééducation pour fonder une société spécialisée dans la communication et le marketing sportif.

Le grand retour

De retour sur le pré, l’ailier a remporté son deuxième Grand Chelem avec le XV de France lors de l’édition 2010. Autre fait d’armes : avoir dépassé le record d’essais marqués en Coupe d’Europe (celui du Gallois Daffyd James). Avec ses 36 réalisations (série en cours), le serial­ marqueur Toulousain n’a toujours pas été rejoint en tête de ce classement. Vainqueur pour la seconde fois du championnat de France avec Toulouse (en juin 2011), le finisseur de la Haute­Garonne s’est ensuite envolé quelques mois plus tard pour la Nouvelle Zélande, pour y disputer une nouvelle Coupe du monde avec les Bleus.

Au pays des kiwis, Vincent Clerc n’a pas fait de la figuration : 3 essais contre le Canada et un essai contre les Tonga lors des matches de poules. Le trois­quart aile a surtout remis ça face à l’Angleterre, en 1/4 de finale. Face au Pays de Galles, en 1/2 finale, Clerc s’est signalé d’une autre manière : victime d’un plaquage cathédrale de la part de Sam Warburton, à la 20e minute, l’ailier français a provoqué – malgré lui – l’expulsion de son adversaire et permis à la rencontre de changer de physionomie. En finale, les Bleus se sont retrouvés impuissants face à la Nouvelle­ Zélande (succès 8-­7 des All Blacks).

Oublié par Saint André, adulé par la communauté

Auteur d’un doublé contre l’Argentine le 17 novembre 2012, Vincent Clerc, vainqueur d’un troisième Bouclier de Brennus entretemps (en juin 2012), a inscrit ses 33e et 34e essais sous le maillot du XV de France, menaçant ainsi le record détenu par l’arrière Serge Blanco (38 réalisations).

Légèrement blessé en début d’année 2013, le feu follet a dû repasser par la case infirmerie suite à une rupture des ligaments croisés du genou droit. Conséquence directe de cette deuxième grave blessure en carrière : Philippe Saint­André, qui a pris le relais de Marc Lièvremont après le Mondial 2011, l’a peu à peu mis de côté. Pour le Stade Toulousain, cette époque s’est également révélée compliquée. Niveau de jeu en berne, résultats moins convaincants, le ST a nettement perdu en rayonnement pendant la longue absence de son joueur.

Vincent Clerc est finalement revenu en force lors de l’année 2014. Décisif à plusieurs reprises en Top 14 et en Coupe d’Europe, la star Occitane n’a finalement pas convaincu le staff des Bleus d’en refaire un cadre. Non ­intégré à la liste élargie de Philippe Saint André au printemps dernier, Clerc a trouvé de quoi s’occuper pendant les prochaines semaines. La chaîne TF1, détentrice des droits du Mondial, l’a en effet intégré à son dispositif en tant que consultant.

Avec 34 essais en sélection nationale, 89 essais en Top 14 et 36 en Coupe d’Europe, sous le maillot du Stade Toulousain, Vincent Clerc a marqué toute une génération de fan du ballon ovale. Par sa facilité parfois déconcertante à transpercer les défenses adverses et par son état d’esprit de guerrier, il a laissé une véritable empreinte dans l’histoire récente du rugby français.

Irréprochable lors de ses sorties sous le maillot rouge et noir du Stade Toulousain, ou lorsqu’il endossait le maillot Bleu du XV de France, Clerc a gardé intacte cette image de coéquipier modèle.

L’histoire lui donnera ­t’­elle une place plus importante au sein du Panthéon du rugby français ? Le débat est ouvert.

 

MATT LEDUC / @Matt_Leduc_

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